LE TOUR DES HARAS - LA TESTE 2019 - Yann Creff : « Une histoire avec un cheval est souvent liée à une histoire avec les hommes »

Élevage / 27.08.2019

LE TOUR DES HARAS - LA TESTE 2019 - Yann Creff : « Une histoire avec un cheval est souvent liée à une histoire avec les hommes »

Comme chaque année, les journalistes de JDG ont soumis un questionnaire aux haras qui présenteront des yearlings en septembre à Osarus. Troisième épisode: Yann Creff.

Jour de Galop. – Comment jugez-vous votre lot pour cette vente de yearlings de La Teste ?

Yann Creff. – J'ai un lot homogène, tout simplement. Je n’ai pas trop de base donc nous verrons comment cela se passe sur place ! Certains sont vraiment dans leur vente. Je pense à un produit de Kheleyf (Green Desert), qui fait très précoce. J’ai aussi un mâle par Joshua Tree (Montjeu) que je trouve vraiment très beau. Je présente un mâle par Shalaa et une pouliche par Elvstroem (Danehill) que j’aime beaucoup, qui travaillent très bien, mais pour lesquels la vente arrive certainement un peu tôt : il faudra leur laisser un peu de temps. Les autres yearlings évoluent aussi bien. Je n’ai pas rencontré de problème avec eux.

ÉCURIE YANN CREFF

291 AVENUE DE L'HIPPODROME

40000 MONT-DE-MARSAN

Avez-vous un coup de cœur ?

Je dirai que le produit de Kheleyf, le mâle par Joshua Tree, le Shalaa (Invincible Spirit) et l'Elvstroem me plaisent beaucoup.

Comment jugez-vous l’état du marché des yearlings actuellement ?

Si l’on se réfère aux ventes les plus récentes, je dirais que le marché a l’air de bien se porter. Si on regarde la v.2 Arqana, nous avons constaté qu’il y avait beaucoup de monde, de l’activité.                                   

Quelles sont, pour vous, les particularités de la vente de yearlings de La Teste ?

Pour nous, c’est une vente attractive. Nous ne sommes pas situés très loin et nous sommes rarement sollicités par Arqana, où l’on présente des yearlings avec de plus gros papiers élevés en Normandie. La Teste est une bonne vente : elle se porte plutôt bien, tout comme la breeze up Osarus qui a de bons résultats. La clientèle semble satisfaite et la vente de yearlings de La Teste prend une place de plus en plus importante dans le calendrier européen. Les gens ont l’air d’apprécier cette vente, qui se déroule dans une ambiance plus détendue. Je ne dis pas que ce sont les vacances, mais il y a de la tranquillité. Et le cadre est magnifique : tout le monde adore venir au bassin d’Arcachon et note ce rendez-vous dans son agenda !

Comment décririez-vous le yearling idéal pour cette vente de La Teste ?

Il faut de la précocité ! Et il ne faut pas confondre vitesse et précocité. Dans le lot que je présente, certains auront de la précocité, comme le Kheleyf. D’autres ne seront pas encore dans leur robe de mariée.

Quelle famille maternelle vous fait particulièrement rêver ?

Ce n’est pas vraiment une famille maternelle en particulier… Ce qui me fait rêver, ce sont les souches de Juddmonte Farms, tout leur élevage. J’ai aussi travaillé pour l’écurie Wertheimer & Frère, pour le haras de Fresnay-le-Buffard ou encore pour le haras du Mézeray. Lorsque l’on côtoie toutes les souches de ces grands haras, on en rêve forcément !

Qui est le jeune étalon (premiers yearlings) en qui vous croyez le plus ?

Je n’ai pas assez de recul mais j’attends de voir les produits de Shalaa en compétition.

Parmi les chevaux qui ont été préparés par vos soins, lequel vous a le plus marqué et pourquoi ?

Je dirais Simply Striking (Kheleyf), qui est le propre frère du yearling par Kheleyf que je présente cette année ! Lorsque Simply Striking est arrivé chez moi pour la préparation aux ventes, il était déjà presque fini : il n’a pas beaucoup évolué physiquement, étant déjà fait. Et, en compétition, il a montré de la précocité. Après, il y a toujours plein d’histoires avec les propriétaires, les éleveurs ou les clients. Une histoire avec un cheval est souvent liée à une histoire avec les hommes.

Quel est votre secret pour gérer la pression à la veille de ce rendez-vous majeur ?

Se dire que le travail est fait. C’est comme un entraîneur lorsqu’il va aux courses. Nous avons fait le travail en amont et ce n’est plus nous qui décidons. C’est le marché qui décide et il faut l’accepter.

En cette année électorale, quelle est, selon vous, la mesure la plus urgente à prendre pour la bonne santé des courses françaises ?

Il faut absolument que les courses soient reconnues comme un sport ! Que le public revienne aux courses. Je crois que c’est quelque chose de primordial et j’ai bien conscience que c’est compliqué. Il faut changer l’image des courses : pour les trois quarts des gens, c’est seulement le jeu, les courses truquées… Pour changer cela, il faut que les courses soient considérées comme un sport.

LES YEARLINGS DE LA VENTE DE SEPTEMBRE À LA TESTE

Lot Sexe Père Mère
27 F Elvstroem Suvretta Queen
54 F Penny's Picnic Visomiya
70 F Joshua Tree Alchimia
205 M Anodin Magic Sopran
211 M Shalaa Mambo Mistress
222 M George Vancouver Mil Huit Cent Deux
230 M Joshua Tree Mosogna Moon
265 M Kheleyf Reech Band