Too Darn Hot, des rêves et de la poisse

International / 06.08.2019

Too Darn Hot, des rêves et de la poisse

Too Darn Hot, des rêves et de la poisse

Le 9 août 2018, Sandown accueillait une semi-nocturne. Un débutant avait retenu toute notre attention, faisant même l’objet d’un article dans nos colonnes. Son nom ? Too Darn Hot (Dubawi) ! Depuis ce succès par sept longueurs, il a franchi les marches quatre par quatre. Invaincu à 2ans, il a été crédité du même rating que le crack Frankel (Galileo), c’est-à-dire 126. L’élève et représentant de Lord Lloyd Webber s’est dès lors retrouvé en tête du betting pour les 2.000 Guinées et le Derby (Grs1), même si sa manière de courir n’était pas celle d’un poulain capable de tenir les 2.400m du classique d’Epsom. Mais dans le court intervalle de douze mois, le pensionnaire de John Gosden est passé du statut de crack en devenir à celui de poulain décevant. On ne lui reprochait rien de moins que de ne pas avoir négocié le passage délicat entre la saison de 2ans et celle de 3ans. En fait Too Darn Hot n’était pas le Frankel 2.0 dont tout le monde rêvait. Et il a tout simplement connu un début de saison difficile. Il a dû faire l’impasse sur les 2.000 Guinées (Gr1) suite à un problème à une jambe. Et il a dû subir une préparation forcée pour atteindre l’objectif chimérique d’aller sur le Derby en faisant sa rentrée dans les Dante Stakes (Gr2). John Gosden a fait son mea-culpa avant Royal Ascot. L’entraîneur avait notamment déclaré que Too Darn Hot avait mérité le titre de « poulain le plus mal géré de l’année ».

Le professionnel britannique a prouvé que sa réputation – celle d’un homme intelligent avec un grand sens de l’humour – n’était pas usurpée. Gardant son calme, il a su redresser la situation. Et à Deauville, lors de sa quatrième sortie de la saison, Too Darn Hot a enfin retrouvé ses moyens. En l’espace de vingt-quatre jours, il a ajouté à son CV d’étalon le Qatar Prix Jean Prat (Gr1) et les Sussex Stakes (Gr1). Fort de ces deux succès supplémentaires, un beau programme s’offrait à lui sur le sprint avec peut-être même la Breeders’ Cup Mile (Gr1) en fin de saison. Mais l’histoire en a décidé autrement…

Un autre Dubawi pour Darley. Too Darn Hot fera ses débuts en 2020 au Dalham Hall Stud, aux côtés de son père Dubawi (Dubai Millennium). Dans le haras situé à deux pas de Newmarket, le grand étalon est déjà représenté par le très prometteur Night of Thunder (Dubawi) et Postponed (Dubawi), qui a ses premiers foals. Et ce n’est pas fini. D’autres Dubawi avec un potentiel d’étalon sont dans le giron de Darley : le jeune Quorto (Dubawi), pas revu depuis son succès dans les National Stakes (Gr1), les gagnants de Gr1 Benbatl (Dubawi) et Old Persian (Dubawi), sans oublier Ghaiyyath (Dubawi). L’avenir de Too Darn Hot est désormais entre les mains de l’équipe commerciale de Darley. Pour le moment, nous en sommes à mesurer la qualité du palmarès de ce cheval qui n’a jamais terminé plus loin que troisième en neuf sorties. Lauréat de trois Gr1, il est indemne des sangs de Galileo (Sadler’s Wells), mais aussi de celui de Danzig (et donc de Danehill) et même de Storm Cat (et donc de Shamardal). Le handicapeur britannique lui a accordé un rating de 120 pour son succès dans les Sussex. Soit une livre de moins que sa performance de Deauville. Son rating à 3ans reste cinq livres en dessous de son pic de performance à 2ans. C’est dommage de ne l’avoir pas vu plus longtemps sur le sprint. Même sans être Frankel, il nous a vendu du rêve…

Pour retrouver le détail de la superbe origine maternelle de Too Darn Hot, nous vous proposons de consulter – gratuitement – la fiche Weatherbys publiée lors de son succès français.

http://www.jourdegalop.com/Media/Jdg/Documents/TOODARNHOT.pdf