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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

TOUR DES HARAS - Edwige Le Metayer : « Les gens adorent venir à La Teste ! »

Élevage / 31.08.2019

TOUR DES HARAS - Edwige Le Metayer : « Les gens adorent venir à La Teste ! »

Comme chaque année, les journalistes de JDG ont soumis un questionnaire aux gérants des haras qui présenteront des yearlings en septembre à Osarus. Neuvième épisode : Edwige Le Metayer du haras du Buff.

Jour de Galop. - Comment jugez-vous votre lot pour ces ventes de septembre ?

Edwige Le Metayer. - Nous faisons le déplacement avec deux bons poulains. Ils ont été élevés chez nous, ils sont faciles, sains, et les tests vétérinaires se sont bien passés. Nous présentons un fils de Wootton Bassett (Iffraaj). Il portera le numéro 173. Son père est un étalon toujours très apprécié à cette vacation, dont est notamment issu le bon Helter Skelter, lequel a brillé à Deauville cet été. Sa mère est une propre sœur du black type Oriental (Smart Strike). La deuxième mère, Iron Lips (Iron Mask), a gagné le Prix Éclipse (Gr3). Il s’agit d’une belle famille Wertheimer.

Notre autre yearling est un fils d’Intello (Galileo), un étalon sérieux qui réussit bien en France et qui a déjà une bonne quinzaine de black types. Sa mère est la sœur de trois bons chevaux : Sea Calisi (Youmzain), lauréate de quatre Groupes dont les Beverly D Stakes (Gr1), Tareno (Saddlers’ Hall), gagnant du Preis der Sparkassen Finanzgruppe et du Premio Federico Tesio (Grs3), et Timos (Sholokhov), notamment deuxième du Grand Prix de Chantilly (Gr2). Ce lot 7 était un magnifique foal, qui avait d’ailleurs fait l’objet de propositions à l’amiable.

Comment jugez-vous l’état du marché des yearlings actuellement ?

Une simple lecture des résultats atteste du fait que certains se sont très bien vendus. Mais, dans tous les cas, il est important de connaître la différence entre le prix de vente et celui de production. Dès lors, il ne m’est pas évident d’émettre un avis sur l’état du marché.

Quelles sont, pour vous, les particularités des ventes de septembre ?

Les gens adorent venir à La Teste ! Certaines personnes – dont la vie professionnelle est très prenante – profitent du fait de vendre ou d’acheter pour prendre quelques jours du côté du bassin d’Arcachon. Et, chez les haras, aujourd’hui, tout le monde y va ! Le haras du Buff était d’ailleurs présent dès le départ. C’est important d’avoir deux agences de vente en France. Arqana comme Osarus font du bon travail et leurs efforts sont complémentaires. J’ai de bons rapports avec l’équipe d’Osarus et notamment Arnault Leraitre, qui vient inspecter nos yearlings de manière très professionnelle.

Comment décririez-vous le yearling idéal pour ces ventes ?

Idéalement, il doit être relativement précoce et donc de taille raisonnable.

Quelle famille maternelle vous fait particulièrement rêver ?

J’aime tous mes chevaux, quelle que soit leur origine. À titre personnel, j’élève surtout des sauteurs. Par affinité pour la discipline qui m’a procuré tant d’émotions, mais aussi par opportunité économique. Parmi les familles qui me font rêver, je voudrais citer celle avec qui j’ai vécu tant de très grands moments de sport. Il s’agit de la souche qui a produit la championne Hyeres III (Tosco). Au haras du Buff, cette famille a donné des sujets du niveau d’Ungaro (Épervier Bleu), gagnant du Stan James Feltham Novices’ Chase (Gr1), de Memoussu (Laveron), deuxième du Prix William Head (L), ou encore de Gars Bar Dine (Martaline), sur le podium des Prix Miror et le Guales de Mezaubran (Listeds) à Auteuil.

Quel est le jeune étalon en qui vous croyez le plus ?

Je suis très sensible à la beauté d’un étalon, à son comportement. Hier c’était Martaline (Linamix), que nous avons utilisé dès le départ, aujourd’hui Siyouni (Pivotal), lequel est doté d’un physique et d’un comportement uniques… et pour demain je crois en Sea the Moon (Sea the Stars). Lorsque je l’ai vu en Angleterre, je suis tombée en admiration. Ses premières générations réussissent bien en piste. Sans oublier Doctor Dino, qui réussit si bien dans les deux disciplines.

Parmi les chevaux qui ont été préparés par vos soins, lequel vous a le plus marqué et pourquoi ?

J’aimais beaucoup Moonlight in Paris (Literato). Lucayan (Turtle Bowl), lui aussi élevé pour un client, a remporté la Poule d’Essai des Poulains (Gr1). Je n’oublierai jamais sa tentative dans les St James’s Palace Stakes (Gr1). Nous avions fait le voyage en bateau. Voir un cheval dont on s’est occupé prendre part à une telle course, c’est un sentiment à part. Grâce aux courses, nous vivons des moments magiques, des hippodromes anglais jusqu’aux pistes d’entraînement de Chantilly. Je n’oublie pas nos chers sauteurs, de Memoussu à Gars Bar Dine. Son frère Bar Yton (Laveron) m’a offert deux victoires sur les obstacles, sous ma casaque. On ne peut se lasser de tout cela, même si l’élevage est une activité exigeante. Tout le monde aimerait avoir au moins un cheval de Gr1 tous les ans pour être récompensé de ses efforts !

Quel est votre secret pour gérer la pression à la veille de ce rendez-vous majeur ?

Je prends les choses telles qu’elles viennent. Il faut relativiser. Les ventes représentent aussi une période de sociabilité, où l’on sort, où l’on rencontre des gens… C’est aussi une manière de se changer les idées et d’échanger sur nos façons de travailler, il y a toujours un petit truc à apprendre des autres.

Les ventes Osarus représentent un bon exemple de convivialité, ce qui est propice à détendre l’atmosphère. M. Biraben, éleveur du Sud-Ouest, a commencé seul il y a quelques années à offrir un pique-nique avec des spécialités de sa fabrication et de sa région. J’ai pris la suite en apportant les fromages et le cidre, produits de notre terroir depuis des années. Cette année, la Fédération des éleveurs et les éleveurs normands s’associent à cette idée de partage. Ce moment très sympathique sera organisé de 11 h à 12 h 30 le mardi, c’est-à-dire juste avant le lancement de la vente.

En cette année électorale, quelle est selon vous la mesure la plus urgente à prendre pour la bonne santé des courses françaises ?

Les trophées du personnel sont une initiative exceptionnelle. C’est la juste récompense pour l’élite d’une profession. Allons plus loin, en prenant à bras-le-corps le problème de la base. Nous devons créer une formation pour le personnel d’élevage car celles qui existent sont insuffisantes et souvent peu adaptées aux réelles exigences des employeurs. Tous les haras recherchent en permanence du personnel. Les personnes volontaires, qui ont les compétences pour bien faire ce métier, se retrouvent d’ailleurs face à une myriade d’offres d’emploi en France et presque partout dans le monde. Les débouchés sont considérables. Nous peinons tous à trouver des employés. En sortant d’une formation, un jeune doit être capable de pratiquer des soins de qualité, tout en comprenant les exigences de cet univers en termes d’horaires et de disponibilités. En contrepartie, il a l’opportunité d’évoluer dans des lieux d’une grande beauté où on lui donne les moyens de travailler dans de bonnes conditions, avec des animaux fantastiques et un environnement sain. La sécurité et la pénibilité se sont considérablement améliorées. Les jeunes qui font leurs armes dans de bonnes maisons – et qui ont l’énergie nécessaire – possèdent un bel avenir devant eux après avoir accumulé une ou deux décennies d’expérience. Parmi nos anciens employés, il y a Ludivine Marchand, Thierry de Chambord, Éric Lhermite, Charles Brière, Kevin Trema, Céline Bucaille, Ciara O’Connor, Russel Ferries, Santiago Arroyo, Sophie Chrétien et tant d’autres. Bravo à tous pour leur réussite. Cela fait vraiment très plaisir.

LES YEARLINGS DE LA VENTE OSARUS

Lot

Sexe

Père

Mère

7

M.

Intello

Sea Claria

173

M.

Wootton Bassett

Ironique