Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

TOUR DES HARAS - Éric Lhermite : « On vend du rêve »

Élevage / 11.08.2019

TOUR DES HARAS - Éric Lhermite : « On vend du rêve »

Éric Lhermite : « On vend du rêve »

Comme chaque année, les journalistes de JDG visitent les haras qui présenteront des yearlings en août chez Arqana. L’occasion d’un questionnaire sur leurs lots 2019. Dix-neuvième épisode : Éric Lhermite du haras de Grandcamp.

Jour de Galop. - Comment jugez-vous votre lot pour ces ventes d’août ?

Éric Lhermite. - Je pense que nous présentons un lot homogène, avec des yearlings qui bougent bien, de l’épaisseur… Tous n’ont pas le même niveau de maturité mais notre travail consiste justement à s’adapter à chaque individu, le but étant de ne pas leur faire mal. Je trouve que même au niveau de la v.2, la sélection est montée d’un cran.

Avez-vous un coup de cœur ?

J’en ai plusieurs, mais si vous me demandez d’en détacher un, je vais faire parler le cœur et citer le fils d’Intello, frère de Dabirsim… Il a une excellente locomotion : c’est un poulain très souple et délié dans ses allures, pas lourd, un poulain racé avec un très bon mental… Il faudra sans doute l’attendre un peu, mais c’est assurément un élément très qualiteux.

Comment jugez-vous l’état du marché des yearlings actuellement ?

Le marché est très sélectif, encore plus lors de cette vente. Il n’y a pas de place pour les chevaux qui ne remplissent pas tous les critères que les acheteurs recherchent lors d’une vente de sélection, et ces critères, tout le monde les connaît : beau modèle, bonne locomotion, excellent pedigree…

Quelles sont, pour vous, les particularités de la vente d’août ?

C’est la première vente de l’année en Europe. Elle arrive même un peu tôt, et pour nous, préparateurs, il faut se montrer très vigilant pour ne pas en demander trop aux chevaux. Mais cela a des avantages aussi. Pour les acheteurs avec un budget établi, cela nous donne un avantage, car à ce stade de l’année, ce budget n’a pas encore été dépensé ailleurs ! Deauville, c’est aussi une atmosphère : le climat, les courses, une ville vivante avec de nombreuses distractions… Tout est au même endroit et cela offre un confort certain aux acheteurs.

Comment décririez-vous le yearling idéal pour la partie sélectionnée ?

C’est un marché où l’on vend du rêve. Le rêve se matérialise avec un yearling issu d’un étalon de première production ou dont les premiers 2ans ont commencé à se distinguer, et d’une jeune poulinière black type. Avec un produit d’une jument plus âgée, nous ne sommes plus dans le rêve, mais dans quelque chose de plus concret, une valeur sûre… Ce n’est pas moins bien, mais ce n’est pas ce que les gens cherchent ici.

Quelle famille maternelle vous fait particulièrement rêver ?

Il y a beaucoup de très belles familles, certaines s’éteignent, d’autres redémarrent… Je pense à celles d’Allegretta et d’Hasili. Ce sont forcément des souches qui font envie !

Qui est le jeune étalon (premiers yearlings) en qui vous croyez le plus ?

À Grandcamp, nous utilisons principalement les étalons stationnés au haras. Parfois, pour aller chercher du sang à l’extérieur et pour réaliser un croisement bien précis, nous allons à l’extérieur… Ce fut le cas avec The Gurkha et Shalaa, et nous sommes contents du résultat !

Parmi les chevaux qui ont été préparés par vos soins, lequel vous a le plus marqué et pourquoi ?

Dabirsim, tout simplement ! Il était très différent des autres yearlings, aussi bien dans son physique que dans sa locomotion. Il était aussi très gentil, mais vif et réactif, et il ne fallait pas mettre n’importe qui au bout de la longe ! Nous avions été un peu déçus de la vente, mais je pense qu’il était trop "exotique", aussi bien dans son pedigree que dans son modèle et sa locomotion. Il n’était pas vraiment dans le standard de ce que recherchent les acheteurs… Il dégageait tellement de force ! Je me souviens que l’on demandait à la personne qui s’en occupait de ne pas marcher trop vite pour ne pas qu’il en fasse trop…

Quel est votre secret pour gérer la pression à la veille de ce rendez-vous majeur ?

La pression, on l’a toujours… Mais aujourd’hui, je le vis mieux, certainement parce que je suis bien entouré, par ma famille notamment. On partage cette pression, on échange nos points de vue… C’est plus simple.

En cette année électorale, quelle est selon vous la mesure la plus urgente à prendre pour la bonne santé des courses françaises ?

Il faut faire revenir les joueurs aux courses, faire participer les familles… Les enfants, c’est la base. S’ils passent de belles journées aux courses, ils auront envie d’y revenir plus tard, et transmettront leur passion à leurs propres enfants. Il est important aussi de proposer une restauration accessible.

La course d’une vie. Nous avons demandé aux éleveurs de nous commenter LA course qui a le plus marqué leur carrière, en nous décrivant l’histoire du cheval qui portait tous leurs espoirs. Pour voir la vidéo de l’interview, cliquez sur l’image.

LES YEARLINGS DE LA VENTE D’AOÛT

Lot Sexe Père Mère

157 M. Intello Rumored

168 F. Charming Thought Sarvana

183 M. The Gurkha Sinana

256 F. The Gurkha Elenya

258 F. Gleneagles Essonite

270 F. Shalaa Hadeel

326 M. Outstrip Radjamil

LES YEARLINGS DE LA V.2

Lot Sexe Père Mère

345 F. Dabirsim Silver Forest

350 F. Dream Ahead Sport Game

365 F. No Nay Never Western Mystic

379 M. Dabirsim Artic Rock

381 M. Dabirsim Asumi

382 F. Dream Ahead Atlantic City

388 M. Penny's Picnic Breezy Hawk

411 M. Intello Ellary

415 M. Dream Ahead Fox Force Five

435 F. Épaulette Indina

458 M. Fast Company Maundays Bay

463 F. Kodi Bear Monspa

480 F. Dabirsim Queen of Poland