TOUR DES HARAS OSARUS -  Jean Biraben : « Une vente très importante pour la filière locale »

Institution / Ventes / 30.08.2019

TOUR DES HARAS OSARUS - Jean Biraben : « Une vente très importante pour la filière locale »

HARAS DE DOUMY

63 RUE DE RIBÈRE

64800 BEUSTE

Jean Biraben : « Une vente très importante pour la filière locale »

Comme chaque année, les journalistes de JDG ont soumis un questionnaire aux gérants des haras qui présenteront des yearlings en septembre à Osarus. Septième épisode : Jean Biraben, du haras de Doumy.

Jour de Galop. - Comment jugez-vous votre lot pour ces ventes de septembre ?

Jean Biraben. - C’est un lot sérieux. Le numéro 52 est un très beau mâle gris avec de l’os. C’est un poulain très signé Kendargent (Kendor). Son croisement reproduit celui de Royal Menantie (Kendor), gagnant de 17 courses et notamment du Prix Frédéric de Lagrange (L). Le numéro 61 est une fille de Penny’s Picnic (Kheleyf), un étalon dont les produits vont vite aux courses. Importante, elle a de réels points de force. Il s’agit d’une belle famille Aga Khan. Le lot 163 est un petit-fils de Le Triton (El Gran Senor), un cheval très dur qui a transmis cette qualité à la mère de cette fille d’American Devil (American Post). On trouve le très recherché Kaldoun (Caro) dans le papier maternel. Le lot 178 est un très beau poulain, très course, dont la mère a ensuite donné d’autres sujets qui me paraissent avoir beaucoup de qualité. Il présente un inbreeding sur Linamix (Mendez) qui n’est pas à négliger. Le lot 260 est issu d’une sœur de la championne Natagora (Divine Light). C’est un produit de Lucayan (Turtle Bowl), un étalon qui a peu de produits, mais dont les statistiques sont convaincantes. Il semble avoir de la précocité. Le lot 277 est taillé pour la vitesse. Il est bâti comme un vrai 2ans, avec de l’os et de l’épaisseur. C’est un fils d’Olympic Glory (Choisir), un étalon que l’on ne présente plus. Son frère a pris de l’argent à 2ans en Irlande. La deuxième mère Rosefinch (Blushing Groom, a remporté le Prix Saint-Alary (Gr1).

Avez-vous un coup de cœur ?

Le lot est homogène mais j’aime beaucoup la Penny’s Picnic et l’Olympic Glory.

Comment jugez-vous l’état du marché des yearlings actuellement ?

Ce que l’on a vu à Deauville est de bon augure. Beaucoup de gens n’ont pas pu acheter car les prix étaient trop élevés. Or justement, la vacation de La Teste permet de trouver de beaux yearlings, avec des papiers corrects, pour des sommes raisonnables qui correspondent aux budgets des acheteurs français.

Quelles sont, pour vous, les particularités des ventes de septembre ?

C’est une vacation très importante pour la filière locale du Sud-Ouest. Elle correspond bien au mode de production des éleveurs de la région qui donnent souvent de l’importance à la précocité. La vente s’est beaucoup professionnalisée, que ce soit au niveau de la préparation ou de la sélection. L’an dernier, nous avons vu de très beaux chevaux. J’en profite pour signaler que mardi et mercredi midi, tous les éleveurs du Sud-Ouest se rassemblent avec leurs homologues venus de la France entière pour un pique-nique des terroirs dans les écuries. C’est un moment de convivialité toujours très apprécié !

Comment décririez-vous le yearling idéal pour ces ventes ?

Idéalement, il faut une certaine précocité.

Quelle famille maternelle vous fait particulièrement rêver ?

Je vais citer la souche d’un ami proche, Serge Boucheron. Straight Lass (Machiavellian) lui a donné Naaqoos (Prix Jean-Luc Lagardère, Gr1), Barastraight (Prix La Force, Gr3), Sizing Stars (troisième du Prix de l’Avre, Listed) ou encore le très prometteur Golden Boy (Siyouni)... Cette jument est aussi déjà la deuxième mère de Mazameer (Prix de Cabourg Jockey Club de Turquie, Gr3), Vue Fantastique (Prix de Psyché, Gr3) ou encore Calling Out (Critérium du Languedoc, Listed). J’ai acheté une jument de cette famille mais elle est malheureusement morte.

Quel est le jeune étalon en qui vous croyez le plus ?

Johnny Barnes (Acclamation) produit de très beaux foals. Ils sont très bien dans leur tête. C’est une bonne recrue pour le Sud-Ouest, tout comme Born to Sea (Invincible Spirit).

Parmi les chevaux qui ont été préparés par vos soins, lequel vous a le plus marqué et pourquoi ?

Double Car (Sleeping Car) était un yearling très peu attractif. Il s’est révélé avec le temps. Il nous a fait le plaisir de gagner le Grand Prix de Pau (L) et le Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1) qui lui a malheureusement été retiré, pour des raisons que j’ai toujours du mal à comprendre. Je n’oublie pas l’anglo-arabe Zamouncho (Ramouncho) et les pur-sang arabes qui m’ont apporté de grandes satisfactions.

Quel est votre secret pour gérer la pression à la veille de ce rendez-vous majeur ?

Je n’ai plus 20 ans, et avec l’expérience, on prend du recul ! Après les inspections, si les chevaux plaisent, je suis plus serein. Ma grande passion, l’élevage, trouve son premier aboutissement dans les ventes. C’est donc un moment très important. Mais il y a tellement de chemin à faire avant la première course !

En cette année électorale, quelle est selon vous la mesure la plus urgente à prendre pour la bonne santé des courses françaises ?

Dans cette période électorale, les critiques se multiplient. Tout n’est pas sombre, il faut relativiser. Cependant, je pense que tous les efforts doivent être concentrés sur le recrutement des jeunes joueurs. La France est le pays d’Europe où les allocations sont les plus solides et cela doit continuer. Sans ces allocations, les propriétaires français, qui sont déjà de plus en plus rares, vont disparaître.

LES YEARLINGS DE LA VENTE OSARUS

Lot Sexe Père Mère

52 M Kendargent Vic Menantie

61 F Penny’s Picnic Zarkatala

178 M Rajsaman Kenjada

163 F American Devil Harri Bizia

260 M Lucayan Queen Dream

277 M Olympic Glory Rosa Mundi