TOUR DES HARAS OSARUS - Marie Illegems : « Mon but est de présenter des yearlings qui vont aller aux courses »

Élevage / 28.08.2019

TOUR DES HARAS OSARUS - Marie Illegems : « Mon but est de présenter des yearlings qui vont aller aux courses »

Comme chaque année, les journalistes de JDG ont soumis un questionnaire aux gérants des haras qui présenteront des yearlings en septembre à Osarus. Quatrième épisode : Marie Illegems, du haras des Embruns.

Jour de Galop. – Comment jugez-vous votre lot pour ces ventes de septembre ?

Marie Illegems. – Par rapport aux années précédentes, nous avons un lot un peu réduit, composé de trois yearlings, mais un lot assez homogène. Ce sont des poulains qui ont été élevés pour devenir des chevaux de course, et pas uniquement dans le but d’être les plus beaux sur le ring. Leurs mères respectives ont d’ailleurs toutes donné des vainqueurs. L’objectif des ventes de La Teste est, pour moi, d’y présenter des yearlings qui vont aller aux courses !

HARAS DES EMBRUNS

LA MOULTIÈRE

44119 GRANDCHAMP-DES-FONTAINES

Avez-vous un coup de cœur ?

J’aime assez le lot 83, un frère de la black type Speed As (Evasive) par Penny’s Picnic (Kheleyf). Il a de la prestance et la tête des poulains qui vont bien. Il est intelligent et va, j’en suis sûre, faire un cheval de course. Je ne suis pas inquiète pour son avenir et j’espère qu’il atterrira dans une bonne maison.

Comment jugez-vous l’état du marché des yearlings actuellement ?

Difficile à dire, car il y a plusieurs marchés… On a vu celui des ventes d’août qui a atteint des records, mais qui n’est pas nécessairement un marché réaliste. En ce qui concerne les ventes de La Teste et celles qui vont suivre, on est plus sur un marché raisonnable avec des investissements qui peuvent être rentables. Disons que cette année, le luxe se porte bien !

Quelles sont, pour vous, les particularités des ventes de septembre ?

Le marché de La Teste est dans la réalité, et pas dans le luxe. C’est un marché d’entraîneurs et de propriétaires qui ont besoin de rentabiliser leurs investissements. D’ailleurs, Osarus obtient chaque année de très bons résultats en course avec leurs chevaux vendus.

Comment décririez-vous le yearling idéal pour ces ventes ?

Il faut qu’il ait une génétique un peu orientée vers les 2ans. Il faut avoir un poulain qui, en dehors d’un beau modèle, va bien marcher et bien se déplacer. Ce sont des qualités qui peuvent vous pardonner un pedigree un peu plus léger, d’autant qu’on ne va pas être noyés dans une sélection de plusieurs centaines de yearlings.

Quelle famille maternelle vous fait particulièrement rêver ?

Toutes celles que je ne peux pas m’acheter ! Mais j’admire surtout les éleveurs qui arrivent à construire les familles maternelles à travers plusieurs générations, à sentir qu’une souche mérite de continuer à être exploitée… Je trouve cela formidable d’avoir les grands-mères, les mères et les sœurs d’une bonne famille.

Quel est le jeune étalon en qui vous croyez le plus ?

Shalaa (Invincible Spirit) est l’étalon le plus attendu en France l’année prochaine avec ses premiers 2ans. Il a tout pour faire de bons poulains, et j’espère que ses produits brilleront en 2020 afin que le parc étalon français continue à être valorisé.

Parmi les chevaux qui ont été préparés par vos soins, lequel vous a le plus marqué et pourquoi ?

Punch Nantais (Puit d’Or), car c’est celui qui a performé au plus haut niveau ! Il nous a fait rêver, et j’espère qu’on le reverra prochainement sur les champs de course. Quand on élève un cheval du début à la fin, on arrive à deviner, de par son comportement s’il y a une étincelle chez lui ou non, et lui sortait du lot de par son attitude et sa prestance. Je n’aurais peut-être pas dit qu’il allait gagner un Gr1, c’est sûr, mais il avait quelque chose.

Quel est votre secret pour gérer la pression à la veille de ce rendez-vous majeur ?

La pression, on l’a un peu toute l’année… Les ventes sont la concrétisation de plusieurs mois de travail en amont, mais il faut prendre soin des chevaux tous les jours et la pression est quotidienne. Quand on arrive aux ventes, le travail est déjà fait. Je n’ai donc pas plus de stress à l’abord des ventes que d’habitude.  

En cette année électorale, quelle est, selon vous, la mesure la plus urgente à prendre pour la bonne santé des courses françaises ?

Je pense qu’il y a certaines bonnes orientations qui ont été prises par France Galop ces derniers temps et qui nous permettent d’avoir plus d’affluence sur les hippodromes, comme les Jeuxdis par exemple. J’espère que nous allons continuer dans ce sens-là car il faut initier de nouveaux acteurs à notre filière, aussi bien au niveau du propriétariat qu’à celui des parieurs. Il faut montrer que nos métiers sont des métiers de passion, et susciter de nouvelles vocations.

LES YEARLINGS DE LA VENTE OSARUS

Lot Sexe Père Mère
80 M. Saônois Aquavenus
83 M. Penny’s Picnic As Speed
## F. Sommerabend Mahyara