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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

 TOUR DES HARAS OSARUS - Vincent le Roy : « La sœur d’Aramhes suscite beaucoup d’intérêt »

Élevage / 30.08.2019

TOUR DES HARAS OSARUS - Vincent le Roy : « La sœur d’Aramhes suscite beaucoup d’intérêt »

VINCENT PRÉENTRAÎNEMENT

LINSPERN

29470 PLOUGASTEL-DAOULAS

Vincent le Roy : « La sœur d’Aramhes suscite beaucoup d’intérêt »

Comme chaque année, les journalistes de JDG ont soumis un questionnaire aux gérants des haras qui présenteront des yearlings en septembre à Osarus. Huitième épisode : Vincent le Roy.

Jour de Galop. - Comment jugez-vous votre lot pour ces ventes de septembre ?

Vincent le Roy. – J’ai la chance de présenter trois yearlings dont le papier a beaucoup progressé récemment. Le lot 75 est une très belle pouliche, avec de bons tissus. Elle marche bien ce qui est primordial à mes yeux. C’est une fille de Bated Breath (Dansili), lequel a été l’un des rares étalons à donner quatre gagnants à Royal Ascot cette année. Sa mère ne produit que de bons chevaux. Elle a déjà donné Amangiri (Zamindar), lauréat de trois courses, Stable Genius (Siyouni), troisième du Prix La Force (Gr3), et Aramhes (Kendargent), lequel a fait sensation lors de ses deux victoires. C’est certainement un cheval qui a les moyens d’améliorer encore la page de catalogue de sa sœur. La mère est par Monsun (Königsstuhl), un véritable gage de santé et de solidité.

Michel Larobe a élevé cette pouliche en association avec Philippe Thiriet, lequel a levé le doigt aux ventes pour acheter la mère ! J’aime beaucoup travailler avec eux et de toute manière, seul, on ne va pas très loin. C’est une belle histoire. Philippe Thiriet est l’un de ces hommes de l’ombre qui brillent par leur efficacité. Il est directeur du haras de Cercy où un nombre impressionnant de saillies est réalisé chaque année.

Le lot 221 est une fille de Myboycharlie (Danetime) dont on connaît la réussite avec les femelles. La mère est la sœur de deux black types en plat. C’est une pouliche très intéressante. Son frère est à l’entraînement chez Christophe Ferland et il aura donc toutes les chances de réussir. La mère est par Elusive City (Elusive Quality), qui a des résultats en tant que père de mère cette année avec des gagnants comme Terebellum (Prix de la Nonette, Gr2).

Le lot 9 est un fils de Youmzain (Sinndar), un cheval sain et solide, qui transmet ses qualités comme j’ai pu le constater en préentraînant un certain nombre de ses descendants. Avant d’être exporté en Irlande, il n’a pas eu trop de chance au haras, mais sa production reste compétitive en France. Ce poulain est le frère du bon Sens du Rythme (Pedro the Great), un cheval que Christophe Escuder a toujours beaucoup aimé. Il lui a donné raison dès le départ en gagnant deux courses à 2ans, mais également en montant sur le podium des Prix des Jouvenceaux et des Jouvencelles et La Flèche (Listeds). Ce lot 9 doit pouvoir intéresser aussi bien les acheteurs du plat que ceux de l’obstacle. Sa mère est une fille de Tiger Hill (Danehill) et son oncle Softsong (Singspiel) est placé de Listed sur les haies outre-Manche.

Avez-vous un coup de cœur ?

Il est certain que la sœur d’Aramhes suscite beaucoup d’intérêt. Mais je pense que la fille de Myboycharlie a vraiment beaucoup de choses pour elle.

Comment jugez-vous l’état du marché des yearlings actuellement ?

J’ai moins de recul sur le marché du plat que sur celui de l’obstacle. La réussite des ventes de Deauville est forcément un bon signe. D’une manière générale, je pense pouvoir dire que le haut de gamme tire son épingle du jeu, le milieu de gamme est en difficulté et dans le bas de gamme, on peut éventuellement s’en sortir en faisant du nombre.

Quelles sont, pour vous, les particularités des ventes de septembre ?

Je pense que l’équipe d’organisation fait très bien son travail. Arnault Leraitre et Nicolas Bertran de Balanda ne ménagent pas leurs efforts pour aller chercher des clients. Et cela fonctionne. À mon sens, il y a une réelle complémentarité entre Arqana et Osarus et le cumul du travail de ces deux agences permet de couvrir l’ensemble du marché. Le dynamisme de ces deux organismes a un impact bénéfique sur notre univers et cela permet à beaucoup de catégories de chevaux de trouver leur place sur le marché.

Comment décririez-vous le yearling idéal pour ces ventes ?

Ce n’est pas très original, mais je pense pouvoir dire que la précocité correspond à ce que recherche un certain nombre d’acheteurs et d’entraîneurs, notamment locaux.

Quelle famille maternelle vous fait particulièrement rêver ?

Plus qu’une famille, c’est un type de cheval qui m’intéresse. Pour moi, le premier tri se fait sur le physique et la locomotion. Je regarde ensuite le pedigree et si un cheval a les deux qualités précédemment citées – même si son origine est modeste – je suis prêt à lui donner sa chance.

Parmi les chevaux qui ont été préparés par vos soins, lequel vous a le plus marqué et pourquoi ?

Une quinzaine de black types sont passés chez nous. Je vais en citer deux. Un Temps pour Tout (Robin des Champs) représente un souvenir un peu à part. C’était un cheval très introverti. Il faisait tout bien… sans s’en rendre compte ! Chez François Nicolle, il a gagné le Prix de Maisons-Laffitte (Gr3) et il s’est classé troisième du Prix Renaud du Vivier (Gr1). Exporté, il a rejoint les écuries de David Pipe. Lauréat de deux Groupes à Cheltenham, il est revenu en France pour remporter la Grande Course de Haies d’Auteuil (Gr1) !

Mais je voudrais aussi citer Saint Sonnet (Saint des Saints). Si j’avais regardé sa page de catalogue – vu la qualité de son pedigree – je ne serais pas allé le voir. Il a une superbe origine et j’aurais été certain d’être hors budget. Mais je l’ai vu marcher dans les allées en juillet 2017 et il m’a immédiatement attiré. Je voulais vraiment l’acheter et j’ai cherché une solution pour y parvenir. Étant un peu isolé dans le Finistère, j’essaye de bouger pour faire naître des opportunités. Je passe pas mal de temps en Angleterre où j’ai rencontré Colm Donlon lors de la journée portes ouvertes de l’écurie de Paul Nicholls. Saint Sonnet porte sa casaque.

J’étais très heureux que le cheval rejoigne l’écurie d’Augustin Adeline de Boisbrunet. Il a gagné trois courses en quatre sorties, dont deux à Auteuil [il est attendu au niveau Groupe dans les mois à venir, ndlr].

En cette année électorale, quelle est selon vous la mesure la plus urgente à prendre pour la bonne santé des courses françaises ?

Plus qu’une mesure en particulier, j’ai envie de dire aux gens "libérez-vous, ouvrez-vous". Il y a tellement à faire. En l’espace d’une décennie, beaucoup de choses ont changé. On ne peut pas bâtir sur la nostalgie, il faut aller de l’avant. S’apitoyer sur notre sort, c’est une perte de temps. Il y a beaucoup d’opportunités à notre époque pour les gens qui ont l’énergie d’avancer. Enfin, je pense qu’il est important de trouver un bon équilibre entre la dimension économique et sportive de notre univers. Bien que je ne sois pas issu du sérail, ce dernier aspect a beaucoup d’importance à mes yeux.

LES YEARLINGS DE LA VENTE OSARUS

Lot Sexe Père Mère

9 M Youmzain Sensuelle

75 F Bated Breath Anjella

221 F Myboycharlie Midas Medusa