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Jour de Galop

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TOUR DES HARAS - Philippe Brosset : « Face à un bon yearling, l’acheteur est prêt à jouer le jeu et cela est encourageant »

Institution / Ventes / 13.08.2019

TOUR DES HARAS - Philippe Brosset : « Face à un bon yearling, l’acheteur est prêt à jouer le jeu et cela est encourageant »

Comme chaque année, les journalistes de JDG visitent les haras qui présenteront des yearlings en août chez Arqana. L’occasion d’un questionnaire sur leurs lots 2019. Vingt-troisième épisode : Philippe Brosset, du haras du Mézeray.

Jour de Galop. – Comment jugez-vous votre lot pour ces ventes d’août ?

Philippe Brosset. – Nous présentons un lot très homogène et de qualité, c’est notre objectif chaque année. Les poulains ont du modèle et une bonne locomotion dans l’ensemble ; pour la plupart, ils sont nés et ont été élevés au haras.

Avez-vous un coup de cœur ?

J’aime beaucoup le lot 298, un fils de Golden Horn (Cape Cross) et de la placée de Listed Lumière Rose (Motivator) pour son modèle, son caractère… Il a beaucoup de qualités !

HARAS DU MÉZERAY

61120 TICHEVILLE

Comment jugez-vous l’état du marché des yearlings actuellement ?

C’est un marché très sélectif qui demande des investissements importants et d’anticiper les attentes des acheteurs dès la conception du poulain. La qualité de l’offre et de la demande ne cessent d’augmenter, la concurrence est rude puisque de plus en plus spécialisée. Mais face à un bon yearling, l’acheteur est prêt à jouer le jeu et cela est encourageant.

Quelles sont, pour vous, les particularités de la vente d’août ?

La vente d’août est la première vente de yearlings du calendrier européen. Elle vient tôt dans l’année et demande beaucoup d’expertise pour préparer dans les meilleures conditions ces jeunes poulains qui ne sont encore que des bébés. Le petit plus, c’est que Deauville est un endroit très convivial et que ce premier rendez-vous de l’année est attendu et apprécié par les professionnels qui peuvent aussi profiter d’une ambiance de vacances.

Comment décririez-vous le yearling idéal pour la partie sélectionnée ?

Je pense que les origines d’un yearling sont très importantes dans la partie sélectionnée. Un papier "à la mode" attire toujours beaucoup de convoitise de la part des acheteurs. Bien évidemment, le poulain doit présenter un modèle correct et avoir de belles allures. J’attache beaucoup d’importance à la locomotion des poulains, j’apprécie ceux qui cherchent à se porter vers l’avant et qui se montrent volontaires. Bien sûr, un dossier vétérinaire irréprochable est un avantage.

Quelle famille maternelle vous fait particulièrement rêver ?

Je crois que je ne vais pas être très original avec ma réponse, mais la lignée d’Urban Sea (Miswaki) est exceptionnelle et fait rêver tout le monde. En général, j’ai beaucoup d’admiration pour les familles qui durent et se bonifient avec le temps, développées par les grands éleveurs à l’image des frères Weirtheimer, du prince Khalid Abdullah ou encore du prince Aga Khan.

Quel est le jeune étalon en qui vous croyez le plus ?

Je pense que Shalaa (Invincible Spirit) offre beaucoup de garanties. On a le droit de penser qu’il a été bien soutenu par ses propriétaires, et ses premiers produits semblent athlétiques. De plus, les fils d’Invincible Spirit (Green Desert) semblent bien produire, à l’image de Kingman, de Cable Bay ou encore I Am Invincible en Australie. En tout cas, nous sommes satisfaits des produits de Shalaa que nous avons au haras.

Parmi les chevaux qui ont été préparés par vos soins, lequel vous a le plus marqué et pourquoi ?

Je ne me souviens pas particulièrement d’un seul yearling mais comme tout le monde, je suis fier des chevaux qui sont préparés au haras et qui, par la suite, connaissent une belle carrière en course. J’ai été plus marqué par les yearlings nés et élevés comme Enbihaar (Redoute’s Choice), Signs of Blessing (Invincible Spirit), Mekhtaal (Sea the Stars) ou encore Naaqoos (Oasis Dream). Mais parmi les yearlings qui arrivent au haras pour la préparation, je suis content d’avoir eu entre les mains des chevaux comme A Raving Beauty (Mastercraftsman).

Quel est votre secret pour gérer la pression à la veille de ce rendez-vous majeur ?

Il est très important de prendre du recul et de relativiser. Tout a été mis en place en amont pour que les poulains soient au top au moment des ventes, alors j’aime bien faire le tour des paddocks et passer du temps avec les poulinières et leurs foals dans les jours qui précèdent le départ. Je pense que cela me permet de me projeter dans l’avenir, sur la future génération.

En cette année électorale, quelle est selon vous la mesure la plus urgente à prendre pour la bonne santé des courses françaises ?

Malheureusement, je n’ai pas le temps de consacrer autant d’intérêt qu’il le faudrait à ces questions. Cependant, j’accorde une certaine confiance à nos instances et je trouve que l’on se dirige dans une direction plus positive ces derniers temps. Il me semble que la plupart des leviers ont pu être identifiés, mais il faut continuer à se mobiliser et accompagner l’ensemble des acteurs pour faire découvrir au plus grand nombre notre filière. Nous devons être déterminés à attirer toujours plus d’acteurs dans le monde des courses : propriétaires, acheteurs, investisseurs, parieurs… et d’après moi, cela passe par notre volonté et notre capacité de transmettre notre passion.

LES YEARLINGS DE LA VENTE D’AOÛT
Lot Sexe Père Mère
15 M Kingman Sortilège
39 M Fastnet Rock Aigue Marine
115 F Invincible Spirit Lily Passion
201 M Intello Trop De Elite
204 M Starspangledbanner Via Lattea
230 M Fastnet Rock Bayargal
260 M Wootton Bassett Ezdehar
287 M Tonalist Kate's Winnie
298 M Golden Horn Lumiere Rose
LES YEARLINGS DE LA V.2
356 M. Kendargent Time Pressure
407 M. Dandy Man Edda

La course d’une vie. Nous avons demandé aux éleveurs nous commenter LA course qui a le

plus marqué leur carrière, en nous décrivant l’histoire du cheval qui portait tous leurs espoirs.

Pour voir la vidéo de l’interview, cliquez sur l’image.