TOUR DES HARAS - Thierry Dalla Longa : « Il faut ouvrir les courses aux sponsors »

Élevage / 12.08.2019

TOUR DES HARAS - Thierry Dalla Longa : « Il faut ouvrir les courses aux sponsors »

Comme chaque année, les journalistes de JDG visitent les haras qui présenteront des yearlings en août chez Arqana. L’occasion d’un questionnaire sur leurs lots 2019. Vingt-deuxième épisode : Thierry Dalla Longa, de HSV Agency (haras de Saint-Vincent)

Jour de Galop. - Comment jugez-vous votre lot pour ces ventes d’août ? 

Thierry Dalla Longa. - Je dirais que notre lot est relativement homogène. Tous les poulains que nous présentons ont progressé plaisamment tout au long de leur préparation. Le lot est un peu similaire à celui de l’année dernière.

Avez-vous un coup de cœur ?

Joker ! 

Comment jugez-vous l’état du marché des yearlings actuellement ?

Le marché d’élite reste pour moi en bonne santé. Pour les autres segments, je pense que les dernières années ont vu un accroissement qui semble aujourd’hui plafonner.

J’ajouterais qu’à ce jour il me semble qu’un yearling "standard" trouve plus difficilement preneur à un tarif cohérent que lors des dernières années…

Quelles sont, pour vous, les particularités de la vente d’août ?

La vente d’août est une vacation exigeante qui donne le ton, car c’est la première vente de yearlings de l’année en Europe. Ses points forts sont, hormis sa situation géographique, la présence des acteurs ainsi qu’une structure et une organisation optimisées pour un accueil professionnel mais aussi convivial pour les acheteurs et les vendeurs. Il faut ajouter à cela le meeting deauvillais, qui apporte un dynamisme certain, pour une ambiance familiale et divertissante des plus plaisantes.

Comment décririez-vous le yearling idéal pour la partie sélectionnée ?

Cette vente arrive tôt dans l’année, ce qui nécessite que les chevaux qui y sont présentés soient matures (je ne parle pas nécessairement de précocité…). Le pedigree doit être élitiste, ainsi que le modèle. J’apporte également une attention particulière sur le fait que les yearlings doivent montrer une locomotion puissante.

Quelle famille maternelle vous fait particulièrement rêver ?

Celle d’Urban Sea (Miswaki). C’est la meilleure famille maternelle présente en Europe aujourd’hui. Nous avons eu son descendant Anabaa Blue (Anabaa) comme étalon à la maison, mais c’est le seul lien que j’ai eu avec cette famille. La famille de Goldikova (Anabaa) est très bien aussi, mais Urban Sea, c’est autre chose ! C’est un pedigree de folie.

Quel est le jeune étalon en qui vous croyez le plus ?

Je dirais Shalaa (Invincible Spirit). J’ai vu certains de ses foals aux ventes de décembre, qui m’ont beaucoup plu. J’ai bien aimé les modèles que j’ai vus et je pense que le cheval a tout pour faire un bon étalon.

Parmi les chevaux qui ont été préparés par vos soins, lequel vous a le plus marqué et pourquoi ?

Il s’agit de Fleeting (Zoffany). Elle cochait toutes les cases… et nous a donné raison. Nous l’avions achetée foal aux ventes de décembre. La pouliche me plaisait énormément et je ne pouvais pas passer à côté. Zoffany (Dansili) était dans le creux de la vague à l’époque, mais Fleeting était exceptionnelle à mes yeux. Elle avait la fluidité, la puissance et l’énergie que je recherche. Nous l’avons vendue yearling à la team Coolmore et elle a fait une super année à 2ans. Nous espérons qu’elle gagnera prochainement son Gr1 !

Quel est votre secret pour gérer la pression à la veille de ce rendez-vous majeur ?

Je n’ai pas de remède miracle. Les années font leur effet, et le stress, même s’il est toujours bien présent, devient plus facilement gérable. Avec les années, la pression se tasse. Le plus gros du travail est fait en amont ; quoi qu’il en soit, on stresse mais les dés sont déjà jetés. Ludivine et moi arrivons à nous tempérer.

En cette année électorale, quelle est selon vous la mesure la plus urgente à prendre pour la bonne santé des courses françaises ?

Pour moi, il faut ouvrir les courses aux sponsors, comme dans tous les sports. Je crois qu’il n’y a pas ou très peu de casaques publicitaires en France, et c’est bien dommage. J’en ai connu pourtant, à l’image des couleurs de l’écurie Formen, que l’on voyait beaucoup en obstacle. Cela pourrait nous amener des propriétaires ou des grosses entreprises. Je pense qu’il y a matière à faire, car les grosses entreprises ont du budget, mais les trois quarts d’entre elles ne connaissent pas notre milieu.

LES YEARLINGS DE LA VENTE D’AOÛT

Lot

Sexe

Père

Mère

7

F.

Sea the Stars

Shahnila

109

F.

Siyouni

La Corniche

198

F.

Territories

Tokyoite

237

M.

Lawman

Cherifa

254

F.

Wootton Bassett

Elayouna

327

F.

Night of Thunder

Ready to Smile

LES YEARLINGD DE LA V.2

Lot

Sexe

Père

Mère

351

F.

Lucayan

Star Seed

352

F.

Toronado

Super Eria

386

M.

Goken

Belle de France

HARAS DE SAINT-VINCENT

64800 SAINT-VINCENT