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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

TRIBUNE LIBRE - « Je préfère ressembler à une start-up qu’au Sénat ! »

Courses / 18.08.2019

TRIBUNE LIBRE - « Je préfère ressembler à une start-up qu’au Sénat ! »

Par Gilles Lorenzi, président de l’Association des propriétaires du Sud-Ouest

« La période électorale qui s’approche va ressembler à toutes les périodes électorales. Tout le monde sur la ligne de départ, une course aux promesses, un gagnant, un second, un troisième et la suite derrière. Ensuite tout le monde rentre au box, box refait propre, belle litière, abreuvoirs pleins et pansage de rigueur. La course aux promesses est le propre des campagnes électorales. Les éleveurs auront plus d’argent, les parieurs seront plus nombreux, les entraîneurs gagneront plus de courses, les propriétaires seront sur un podium un jour sur deux et les jockeys brilleront de mille feux.

Les ventes sont arrivées, bien sûr tout le monde va acheter car tout le monde a confiance dans le système français. Si l’inquiétude est néanmoins présente au quotidien, c’est que les promesses ne suffiront pas. Un projet global est nécessaire. Le futur président de France Galop, quel qu’il soit, devra amener un réel projet comme le ferait un chef d’entreprise face au danger de la concurrence, avec les évolutions technologiques.

Faut-il amener les jeux dans chaque maison à chaque heure pour chaque hippodrome ? Faut-il en finir avec la centralisation typiquement française où tout tourne autour de Paris ? Faut-il dépoussiérer un système aux multiples fédérations, associations, syndicats, cooptés, et leurs multiples présidents (dont je suis), équipes et prélèvements associés ? Faut-il continuer avec un système féodal verrouillé, digne de l’Opera dei Pupi ? Tout le monde murmure qu’il faudrait aux courses un nouveau grand leader capable d’innover et de créer un élan salutaire. Pour le séduire, il faut plus ressembler à une start-up qu’à un ban sénatorial.

Chez mes ancêtres les Romains, le sénat se préoccupait autant des agapes que des affaires du pays. Je souhaite que l’avenir des courses soit un élan de jeunesse plutôt qu’un consensus établi. Je n’oublie pas que si l’arrivée est nez - courte tête - tête - encolure, c’est souvent Pinocchio qui a le plus long nez.

Le sieur Gepetto a beaucoup travaillé ces derniers temps. »