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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

TRIBUNE LIBRE - Point financier du premier semestre 2019 : quel financement pour la filière de sélection ?

Institution / Ventes / 05.08.2019

TRIBUNE LIBRE - Point financier du premier semestre 2019 : quel financement pour la filière de sélection ?

Par Thierry Doumen, président de l’Association des éleveurs et des propriétaires indépendants, club Croissance courses

« Nous tenons des statistiques sur les courses prémium depuis le début de l’année et nous souhaitons faire le point à mi-année (au 28/07/2019). La situation est très préoccupante et beaucoup plus inquiétante que ce que l’on veut bien nous annoncer. Nous avons raisonné en marge brute sur chaque catégorie de courses, à savoir différence entre le retour net sur enjeux (8 % des enjeux) et le montant des allocations distribuées (prix et primes propriétaires et éleveurs). 

CATÉGORIE

PLAT

OBSTACLE

Groupes

- 8.843 K€

- 3.453 K€

Listeds

- 2.086 K€

- 1.241 K€

C1/C2 pour 2 et 3ans (Plat)/ C. à cond. (Obst.)

- 1.983 K€

- 2.664 K€

TOTAL courses sélection

- 12.912 K€

- 7.358 K€

Hand. hors TQQ / Récl. (P) / Hand. incl. TQQ (O.)

+17.523 K€

+ 10.903 K€

ENJEUX MOYENS PAR ÂGE ET PAR COURSE

2ans : 372 K€

3ans : 477 K€

4ans et plus : 608 K€

Les handicaps TQQ (Tiercé Quarté+ Quinté+) en plat ont rapporté 46.359 K€ sur la période. Il faut noter que le Prix du Jockey Club, pourtant support de TQQ, a malgré cela coûté plus de 1 M€.

Le constat est simple :

  • Les courses dites de sélection toutes disciplines confondues ont déjà coûté plus de 20 M€ à l’institution. On peut donc légitimement estimer qu’en fin d’année ces courses auront engendré un coût global de plus de 35 M€.
  • Ce sont bien les handicaps pourtant tant décriés (et les réclamers) qui financent ces courses et l’intégralité de la filière.
  • Ce sont les courses de chevaux d’âge qui génèrent le plus d’enjeux.

Il apparaît clairement que le coût de ces courses dites de sélection n’est plus supportable en l’état pour les acteurs des courses (entraîneurs, propriétaires, éleveurs).

Rappelons également que les coûts de gestion de France Galop sont de 72 M€ pour 2019, auxquels il y a lieu de rajouter des charges spécifiques (fédération, financement des réunions de province, Afasec, Orpesc, Fonds éperon) pour 30 M€, le GTHP pour 18,2 M€ et Equidia pour 3,4 M€, soit 123,6 M€ de dépenses structurelles.

Nous prévoyons un déficit sur 2019 de 25 à 30 M€.

Au cours des quatre dernières années, le déficit cumulé aura été supérieur à 100 M€.

Avec la baisse des allocations en 2018 (22 M€), l’équipe en place (salariés et élus) a privilégié ces courses dites de sélection en pénalisant les acteurs qui eux génèrent l’intégralité de la recette. La baisse de la prime propriétaire pour les chevaux de 4ans et plus et la suppression des primes aux éleveurs pour les chevaux d’âge tant en plat qu’en obstacle ont amplifié cette pénalisation des acteurs français de la filière au bénéfice des acteurs internationaux.

Il est bien évident qu’à ce tarif, et hors un redressement spectaculaire des résultats du PMU, il faudra envisager une nouvelle baisse des allocations d’environ 20 M€ pour 2020 afin d’obtenir une situation à l’équilibre. Cette nouvelle baisse devra s’appliquer de façon sélective aux courses qui coûtent beaucoup d’argent et fragilisent ainsi le système.

On est en droit de considérer que toute course hors Groupe doit s’autofinancer. Pour les courses de Groupes, il convient de plafonner le financement propre de France Galop pour en réduire drastiquement le coût afin d’arrêter l’hémorragie urgemment ; parallèlement à cela, il faudra mettre en place des solutions alternatives permettant de trouver du levier financier par du sponsoring privé tant en plat qu’en obstacle, comme en Angleterre, pays revendiqué comme un exemple par les acteurs internationaux.

Le commerce international peut être une chance pour la filière mais il doit contribuer à son financement et non pas le détourner à son profit.

Notre objectif premier est de sauver le galop d’une catastrophe financière qui sera inéluctable si on maintient l’équipe et le système actuels. On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré. Cette période électorale est une grande opportunité pour changer de modèle. Une rupture qui permettra de retrouver des bases solides et de redonner au galop sa popularité dans une société en constante évolution. Nous en avons les moyens : à nous de les utiliser à bon escient et dans l’intérêt général.

C’est pourquoi nous souhaitons accueillir toutes les personnes qui sont capables de dépasser les clivages politiques pour se mettre au service des courses de galop. »