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Jour de Galop

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Trois questions à Anne Konitz-Hoyeau, auteur de « Éleveurs, femmes et hommes de cheval »

Autres informations / 16.08.2019

Trois questions à Anne Konitz-Hoyeau, auteur de « Éleveurs, femmes et hommes de cheval »

Lundi prochain, alors que les éleveurs seront plongés au cœur des ventes, Anne Konitz-Hoyeau va proposer une séance de dédicaces au restaurant du site d’Arqana. Son ouvrage est le premier à donner la parole – sans filtre – à ceux qui font naître, au prix d’innombrables difficultés, les pur-sang qui peuplent les rings et les champs de course.

Quelles ont été les réactions des premiers lecteurs de votre livre ?

Anne Konitz-Hoyeau. – Dans un premier temps, j’ai eu des retours de personnes qui ne sont pas du milieu. Et elles l’ont visiblement lu avec intérêt, appréciant notamment la découverte de cet univers et de sa complexité. Ces lecteurs ont aussi été émus par certains portraits.

Les professionnels des courses qui l’ont lu m’ont dit qu’ils avaient eux aussi découvert un certain nombre de choses, sur les parcours des gens notamment. Lorsque tout est posé noir sur blanc dans un livre, on redécouvre les gens. Certaines personnes qui font l’objet d’un portrait dans ce livre ont une manière très personnelle de dire les choses. Cela donne de la force à leur témoignage.

Les interviews duraient en moyenne deux heures. J’ai tout retranscrit – littéralement – car je ne voulais rien perdre de la matière qu’ils avaient donnée. Il a ensuite fallu tout remettre en ordre, pour redonner un peu de corps à l’écriture.

Actes Sud est une maison d’édition prestigieuse. Rares sont les ouvrages hippiques publiés dans ce contexte. Quel accueil a été réservé à votre livre ?

L’accueil de l’éditeur a été très favorable. Par le passé, j’avais déjà travaillé avec cette maison d’édition mais sur un thème complètement différent, le littoral. Il y a deux ans, une personne d’Actes Sud m’a offert les trois ouvrages sur l’art contemporain de la collection "Métiers de passion" en me disant : « Lis ça, ce serait intéressant de produire un texte sur le cheval. » Et effectivement, en les lisant, je me suis dit que l’on avait une matière formidable dans le monde des courses.

D’ailleurs, en ce qui concerne le sport hippique, je n’ai pas trouvé de littérature qui permettait à un néophyte de comprendre les choses. Il y a bien des catalogues et des ouvrages spécialisés, mais pas de livres qui permettent de mettre le pied à l’étrier. Mon apprentissage a été d’autant plus long que j’ai mis beaucoup de temps à comprendre toutes les subtilités de cet univers. Lors des Jeuxdi de ParisLongchamp – en parlant avec ce public – on s’aperçoit que les gens qui cherchent à comprendre le monde des courses n’ont aucun livre à leur disposition. Éleveurs, femmes et hommes de cheval essaye de combler en partie ce manque. J’espère qu’il sera suivi d’un ouvrage sur les entraîneurs et d’un autre sur les propriétaires.

Quand on observe le milieu des courses, notamment grâce à votre ouvrage, on a l’impression qu’il permet à des gens déjà peu ordinaires de vivre des choses extraordinaires. Qu’en pensez-vous ?

Cet univers est quand même assez à part. À titre de comparaison, le milieu dans lequel je travaille – celui du littoral – rassemble aussi des passionnés. Mais leur passion n’est peut-être pas aussi viscérale que celle des éleveurs que j’ai interviewés. Elle est peut-être plus intellectuelle, plus maîtrisée. Les éleveurs de pur-sang vivent, pensent et raisonnent cheval. Leur passion pour l’animal est à la base de tout. Ce n’est pas une surprise que de constater qu’ils ont tous été cavaliers, d’une manière ou d’une autre. C’est un vrai dénominateur commun. Le cheval est un catalyseur qui fait exploser leur engagement, lequel va parfois même au-delà du raisonnable. Ils n’ignorent rien des difficultés de leur activité. Mais ils savent que c’est dans l’élevage qu’ils vont pouvoir se réaliser.

Nombre d’enfants de professionnels des courses font des études dans un autre domaine en se disant qu’ils ne veulent pas être happés par ce milieu mais on en voit beaucoup qui reviennent vers ce métier plus tard. Car c’est en eux. Pour les passionnées, c’est ça et pas autre chose.

Ils ont un rapport très paysan – c’est-à-dire rigoureux et pragmatique – à l’argent et à leur activité. Ce n’est pas un univers ostentatoire.

Il y a beaucoup de fausses idées ancrées dans l’esprit du grand public, notamment en ce qui concerne le dopage ou le respect des animaux J’ai aussi écrit ce livre pour expliquer que le monde des courses, ce n’est pas ces idées reçues. Il faut essayer de rétablir la vérité en donnant la parole aux acteurs de ce milieu.

Deux séances de dédicaces de Éleveurs, femmes et hommes de cheval sont organisées par Actes Sud et la librairie du Marché à Deauville durant le mois d’août :

- le 19 août chez Arqana de 11 h à 13 h (restaurant des ventes)

- le 25 août à l’hippodrome de Deauville-La Touques de 14 h à 16 h