Un samedi où un million pèse plus que vingt !

International / 09.08.2019

Un samedi où un million pèse plus que vingt !

Samedi, la planète courses aura les yeux rivés sur Arlington Park. Trois Grs1 y sont proposés, dont deux qui pourraient faire pencher la balance pour le titre de Horse of the Year…

Par Franco Raimondi

Il faut désormais compter 20 millions de dollars pour mettre en place la course la plus riche au monde. C’est l’allocation qui sera offerte le 29 février par la Saudi Cup, à Riyad. Il y a trente-neuf ans, le million proposé à Arlington avait fait l’histoire. Ce fameux million de dollars correspond à trois millions d’aujourd’hui mais il a placé l’hippodrome de Chicago sur la carte du galop mondial. Le titre si convoité aux États-Unis de Horse of the Year qui, pour un propriétaire américain, vaut plus que vingt millions, a été attribué à trois reprises à des chevaux qui ont réalisé à Arlington leur fait d’armes. John Henry (Ole Bob Bowers) était le cheval le plus aimé du pays en 1981 : il avait 6ans et il avait gagné des Grs1 de mars à novembre, sur le gazon et le dirt, en passant par Chicago. Trois ans après, lors de sa dernière saison de compétition, il était loin d’être cuit : il a remporté cinq Grs1et il s’est offert la couronne.

Cigar, de Dubaï à Arlington. En 1996, le héros des turfistes était Cigar (Palace Music). Pour l’avoir à Arlington, le patron de l’hippodrome, Richard Duchossois, le fameux Mr. D., avait même organisé une course, millionnaire bien sûr. C’était l’Arlington Citation Challenge, et le champion avait l’occasion d’égaler le record de 16 victoires consécutives établi en 1950 par Citation (Bull Lea). Ce n’était pas une mascarade : Cigar était opposé à neuf adversaires, il portait 59 kilos et il devait rendre douze livres à des chevaux d’âge de Gr1 et quatorze à des 3ans de haut niveau, dont le gagnant du Met Mile Honour and Glory (Relaunch) et le talentueux Unbridled’s Song (Unbridled). Il a accompli sa mission mais n’a pas battu le record de Citation car il a été devancé lors de sa sortie suivante. En fin de saison, au moment de choisir le Horse of the Year, ce succès à Arlington et le record égalé ont pesé beaucoup plus lourd aux yeux des juges que sa victoire, pourtant historique, dans la première édition de la Dubai World Cup.

Champion sans couronne. Les Américains ont une façon assez particulière de choisir leur Horse of the Year même si le dollar reste très important dans leurs cœurs. Arrogate (Unbridled’s Song) a gagné en quatre mois les trois courses sur les plus riches au monde : Breeders’ Cup Classic, Pegasus World Cup et Dubai World Cup, mais il ne figure pas dans la liste des Horses of the Year. Lors du vote en 2016, California Chrome (Lucky Pulpit), qu’il avait battu à Santa Anita, et, en 2017, Gun Runner (Candy Ride), son dauphin à Meydan, lui ont été préférés.

Deux "Brown" pour une couronne. Cette année, Arlington et son samedi international peuvent attribuer à nouveau le titre de Horse of the Year. Deux candidats seront en piste : Bricks and Mortar (Giant’s Causeway), invaincu cette saison, est le grand favori de l’Arlington Million (Gr1) et la "FR" Sistercharlie (Myboycharlie) peut créer l’histoire en devenant la première double gagnante des Beverly D. Stakes (Gr1). Les deux sont entraînés par Chad Brown. Il est très rare qu’un cheval de gazon puisse être nommé Horse of the Year. Il faut qu’il soit bon, qu’il ait réalisé une saison parfaite ou presque, avec quelques fleurons spéciaux, et surtout que les 3 ans soient moyens (comme c’est le cas cette année) et qu’aucun cheval d’âge très fort ne se détache sur le dirt. Sur ce que l’on a vu pour le moment aux États-Unis, ces deux dernières conditions peuvent être réunies, alors pourquoi pas un spécialiste du gazon ?