« Une plateforme commune et la candidature à la présidence de France Galop » - Président du Syndicat des propriétaires, Serge Tardy explique ses projets à Jour de Galop

Institution / Ventes / 30.08.2019

« Une plateforme commune et la candidature à la présidence de France Galop » - Président du Syndicat des propriétaires, Serge Tardy explique ses projets à Jour de Galop

« Une plateforme commune et la candidature à la présidence de France Galop »

Président du Syndicat des propriétaires, Serge Tardy explique ses projets à Jour de Galop.

Jour de Galop. – On parle beaucoup de l’implication des élus et des cooptés en termes d’investissement dans les courses. Vous-même, combien de chevaux avez-vous à l’entraînement ? En avez-vous dans différentes régions ?

Serge Tardy. – Notre syndicat regroupe des centaines de propriétaires représentatifs de la grande diversité des courses françaises et possédant des centaines de chevaux. Il est donc particulièrement impliqué dans tout ce qui touche au fonctionnement de notre Institution. Cette diversité est à la fois une volonté et une force. Volonté, car les courses françaises historiquement et réglementairement se sont construites sur cette diversité, et force, car nous représentons les intérêts de tous, quels que soient leur investissement financier, leur localisation régionale, leurs activités annexes au sein de l’Institution, éleveurs ou entraîneurs, ou leur spécialité de préférence, plat ou obstacle. Dans le contexte actuel et en fonction des élections prochaines, le principal investissement productif pour les courses françaises, c’est l’investissement en capacité d’analyse et de propositions, donc aussi en capacité de temps à travailler les dossiers. Et notre syndicat est particulièrement bien armé de ce côté-là aussi.

À titre personnel, c’est par l’intermédiaire de mon père, gentleman-rider, que j’ai découvert les courses. À 12 ans je montais mes premiers canters sur le sable de Borely, à 27 ans, je dirigeais sur le plan administratif et financier l’écurie d’entraînement de Jean-Paul Gallorini, alors première écurie d’obstacle en France, et à 30 ans ou presque, j’avais mes propres couleurs, pour faire courir sans discontinuer depuis plus de vingt ans, en plat comme en obstacle, en province comme à Paris, avec quelquefois des produits issus de poulinières que nous avions gardées en sortie de courses et placées au haras des Fontaines dans le Sud-Ouest.   

Cette expérience diverse, en complément de mon expérience professionnelle d’entrepreneur en dehors du monde des courses, est importante pour prétendre œuvrer efficacement pour notre institution.

Vous avez annoncé la création d’une plateforme commune avec Equistratis. Pour quelles raisons et avec quels objectifs ? 

Il y a trois sujets distincts et complémentaires : l’étude de la filière en général, la formulation de préconisations communes au Trot et au Galop pour réformer la gouvernance et relancer l’activité du pari, et enfin des propositions d’actions propres à chaque discipline.

Les analyses sur les graves difficultés actuelles des courses en France, telles qu’issues du rapport 2017 de cette association, ont été validées et relayées par la Cour des comptes et par Jean Arthuis. Nous avions exactement le même avis, car nos propres travaux indiquaient les mêmes raisons. Les préconisations communes aux sociétés de trot et galop qui en sont la conséquence, semblent aujourd’hui faire en grande partie l’unanimité des socioprofessionnels. La coopération des deux sociétés mères pour peser sur les pouvoirs publics et initier une réforme de la gouvernance proposée par nos propres organisations plutôt qu’imposée par l’État emporte les suffrages. La gouvernance actuelle a montré son incapacité à se faire entendre par ces pouvoirs publics. L’adjonction d’un cabinet-conseil extérieur et neutre, parfaitement au courant du monde hippique, y ayant déjà fait ses preuves (cf. le dossier de Nonant-le-Pin), très bien introduit dans les sphères des ministères, est donc un atout indispensable pour porter nos propositions auprès des pouvoirs publics et les faire valider, tout en rassurant les socioprofessionnels sur leur pertinence. Nous sommes convaincus que rien ne peut continuer comme avant, que nous ne pouvons plus rester soumis au bon vouloir des uns et des autres pour enfin déterminer une nouvelle politique salvatrice pour la filière, que France Galop ne peut pas, via son seul conseil d’administration, dans un climat économique et social difficile, obtenir de l’État des avantages financiers et fiscaux particuliers, et trouver sans cohérence organisée de la filière, les clés du retour à la prospérité. Tous nos adhérents et, j’en suis persuadé, tous les propriétaires, tous les éleveurs, tous les entraîneurs, comprennent cela. Dès lors, la création d’une plateforme commune s’impose, et tous ceux qui veulent enfin un vrai changement, pour garder un réel espoir en l’avenir, soutiennent cette initiative. Nos adhérents sont de ceux-là.

Notre démarche s’inscrit ainsi dans une approche d’union officielle de toutes les composantes de la filière, et donc du Galop, pour peser efficacement sur notre futur.

Chacun dans son domaine doit y contribuer.

D’autres associations suivent un chemin inverse, revendiquent la défense d’intérêts partisans et prennent le risque de diviser les socioprofessionnels par la création d’une multiplicité de listes dans tous les collèges. Elles commettent une erreur qui pourrait avoir de graves conséquences pour notre avenir.

 Quelle est votre idée phare pour améliorer le sort du galop français ?

Nous publions actuellement sur nos sites Facebook et Twitter de nombreuses statistiques issues des données de la FNCH, de France Galop, du PMU, de l’ARJEL, etc. Que ce soient les enjeux, les entrées sur les hippodromes, le nombre de propriétaires, le nombre de chevaux à l’entraînement, les résultats financiers de notre société mère, ses éléments de gestion ou ceux du PMU, etc., tous les indicateurs sont dans le rouge. Il est totalement illusoire de penser qu’une mesure phare va permettre de redresser la situation. Il s’agit de décliner un plan complet de réformes et de relance. Le pôle central de pilotage regroupant les représentants du Trot et du Galop, intégrant le PMU et associant des personnalités qualifiées est la première étape pour faciliter sa mise en œuvre.

Ces propositions devront, pour créer une dynamique, être acceptées de tous, être équitables et inclusives pour tous les maillons de la chaîne qui deviendront autant d’ambassadeurs.

Les cibles de la relance sont le public, les parieurs, et les propriétaires.

Nous devons développer notre politique de reconquête, en travaillant le produit, le coût, la communication et la distribution, à la fois de notre sport et des paris.

La présence sur un média généraliste sous diverses formes, la mise en avant des thématiques du sport de haut niveau, de la ruralité, la starisation de nos champions, le retour du rêve dans le jeu (le lancement d’un quinté-or dominical par exemple) comme dans le sport (le lancement d’une compétition inter régions-villes ou territoires par exemple) sont les axes supports et des exemples de propositions que nous allons faire au cours de notre campagne.

Savez-vous déjà comment sera composée votre liste ?

Oui, par des propriétaires de régions et d’horizons différents, ayant le plus souvent une double expérience d’entrepreneurs et de propriétaires, à l’image donc de notre syndicat, et désireux de porter nos réformes à leur terme. La liste définitive sera indiquée en temps voulu.

 Si vous êtes élu au comité de France Galop, serez-vous candidat à la présidence de France Galop ?

Concernant notre Institution et le Galop en particulier, le choc de réformes dont nous avons besoin passe forcément par un choc de remplacement des dirigeants sortants.

Lorsque les résultats sont tels que nous les constatons tous, il faut savoir quitter la scène.

Ce n’est visiblement pas ce que s’apprêtent à faire certains des dirigeants actuels, qui expliquent à qui les croit encore, qu’ils sont les mieux placés pour nous sortir de la situation dans laquelle ils nous ont amenés.

Nous avons une équipe alternative qui se met en place, une plateforme commune de propositions pour l’ensemble des socioprofessionnels, et mon souhait est de servir au mieux la filière des courses et du Galop.

Vous avez bien compris que notre plateforme de propositions, soutenue par un ensemble de groupes de socioprofessionnels, propriétaires, éleveurs et entraîneurs qui la rejoignent, nous conduit à nous positionner en leader au sein de France Galop pour faire émerger en interne nos quatre thèmes majeurs : la relance, la saine gestion, l’équité et l’inclusion, ainsi qu’une nouvelle image des courses de chevaux, de ses acteurs, de ses valeurs et de ses apports aux attentes de tout citoyen d’aujourd’hui.

Forts de tous ces soutiens de socioprofessionnels qui adhèrent à la démarche que nous proposons, il nous deviendra naturel d’aspirer à porter, avec une nouvelle équipe, ces intérêts au plus haut niveau de notre société mère, incluant sa présidence.