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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Grand Glory, 19 ans après Volvoreta…

Courses / 11.09.2019

Grand Glory, 19 ans après Volvoreta…

Ce dimanche, Grand Glory (Olympic Glory) sera au départ du Qatar Prix Vermeille (Gr1). La protégée de Gianluca Bietolini a effectué un dernier galop d’entretien avant la grande épreuve ce mercredi matin. Elle porte tous les espoirs de son entourage italo-américain mais aussi ceux des professionnels de Maisons-Laffitte !

Par Alice Baudrelle

Parmi les 14 restantes du Prix Vermeille, Grand Glory est la seule pouliche entraînée à Maisons-Laffitte. La dernière concurrente mansonnienne à avoir pris part au Gr1 –  et à l’avoir gagné ! – n’est autre que Volvoreta (Suave Dancer), en 2000. Comme Grand Glory, l’ex-pensionnaire de Carlos Lerner s’était placée dans le Prix de Diane (Gr1) et avait effectué sa rentrée dans le Vermeille. La comparaison s’arrête là… pour le moment !

La gagnante morale du Diane. Difficile de savoir jusqu’où ira Grand Glory, mais une chose est sûre : la pouliche d’Albert Frassetto, de John d’Amato et Mike Pietrangelo ne fait que progresser depuis ses débuts. Gagnante sur le sable de Deauville, en fin d’année de ses 2ans, elle a effectué sa rentrée trois mois plus tard directement dans une Listed, se classant deuxième du Prix Rose de Mai (L). Pour sa troisième sortie, elle a renoué facilement avec le succès dans le Prix La Troïenne (Classe 2) à Saint-Cloud avant de tenter sa chance dans le Prix de Diane, dont elle est la gagnante morale. Ce jour-là, Grand Glory avait patienté à l’arrière-garde tout en pistant la favorite, Siyarafina ** (Pivotal)… laquelle n’avait pas accéléré comme prévu ! Son jockey, Gérald Mossé, avait décalé la pouliche tout en dehors à 200m du but et Grand Glory avait fini troisième comme une balle, échouant à une demi-longueur de la gagnante, Channel (Nathaniel).

Une trêve estivale pour regagner en fraîcheur. Cet été, l’entourage de Grand Glory a volontairement fait l’impasse sur Deauville. L’objectif était de laisser la pouliche prendre de la masse musculaire, elle qui est assez grande mais plutôt légère. Ce mercredi, elle a effectué un dernier canter d’entretien sur le sable avant le jour J. Gianluca Bietolini nous a dit : « Ce matin, la pouliche a travaillé comme d’habitude. Elle est très calme, comme toujours. En accord avec ses propriétaires, nous avions décidé de lui donner un break après le Diane. Elle a passé un été tranquille à faire de la gymnastique, afin de prendre du poids et de se muscler. Avant de reprendre véritablement le travail, elle avait pris 37 kilos. J’étais très content, car elle est de bonne taille, mais elle est légère. Depuis qu’elle a repris le travail, elle a perdu 17 kilos, ce qui est normal. Elle a quand même pris 20 kilos par rapport au Diane, ce qui n’est pas mal. Elle a aussi grandi d’un centimètre. »

Une première sur 2.400m. Grand Glory va passer un test sur la distance ce dimanche, elle qui n’a encore jamais couru au-delà des 2.100m. À ce sujet, Gianluca Bietolini est loin d’être inquiet : « On a toujours pensé qu’elle était prédisposée pour évoluer sur les distances dites classiques. Sa fin de course dans le Diane nous a donné l’impression qu’elle serait mieux sur plus long à l’avenir. Rien n’indique qu’elle ne tiendra pas les 2.400m. Son point fort, c’est son mental exceptionnel. Elle fait tout ce qu’on lui demande, elle est très facile à monter, elle respire bien… » Outre son mental et sa pointe de vitesse, Grand Glory a aussi l’avantage d’aller dans tous les terrains : « Elle a gagné sur la P.S.F. de Deauville, en terrain léger à Saint-Cloud, elle est troisième du Diane en bon terrain… mais aussi deuxième de Listed, en terrain très lourd. D’après la météo, le terrain devrait être rapide dimanche, mais ma pouliche s’adapte à tout de toute façon. » L’opposition s’annonce cependant relevée avec la présence de Magic Wand (Galileo), deuxième de la précédente édition du Vermeille, de la gagnante des Oaks d’Epsom (Gr1) Anapurna (Frankel) et de sa dauphine, Pink Dogwood (Camelot), ou encore de Channel. Gianluca Bietolini redoute notamment les visiteuses : « Dans le Vermeille, celles qui me font le plus peur sont les concurrentes étrangères. Bien sûr, je respecte les françaises, mais je pense que les britanniques et les irlandaises sont les plus redoutables. » Lorsqu’on interroge l’entraîneur sur le programme à venir, la réponse demeure floue : « Nous avons engagé Grand Glory dans le Prix de l’Opéra (Gr1), au cas où elle ne tiendrait pas les 2.400m. Mais son avenir va dépendre de son comportement dans le Vermeille ; il faut attendre la course. Nous avons tout le temps de décider de la suite. »

Des statistiques qui plaident en sa faveur. L’élève du haras de Bourgeauville fait partie des onze 3ans restantes dans le Gr1. Si on se penche sur les statistiques, on s’aperçoit que le Prix Vermeille réussit nettement mieux à ces dernières qu’aux juments d’âge. En effet, 24 des lauréates de ces 30 dernières années étaient âgées de 3ans au moment de leur sacre, la dernière en date étant Left Hand (Dubawi) en 2016. Par ailleurs, les pouliches de 3ans qui sont montées sur le podium du Diane ont souvent brillé dans le Vermeille la même année : au cours des trois dernières décennies, on peut citer Left Hand, Trêve (Motivator), Galikova (Galileo), Stacelita (Monsun), Zarkava ** (Zamindar), Mrs Lindsay (Theatrical), Aquarelliste (Danehill), Volvoreta, Daryaba (Theatrical), Carling (Garde Royale), Jolypha (Lyphard) et Magic Night (Le Nain Jaune). Lors de leur sacre à 3ans dans le Vermeille, Trêve, Stacelita, Zarkava, Aquarelliste, Volvoreta, Daryaba et Jolypha n’avaient d’ailleurs plus été revues depuis leur tentative dans le Diane… comme Grand Glory !