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Jour de Galop

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Circus Maximus gagne la course, la bataille… et la guerre

Autres informations / 19.09.2019

Circus Maximus gagne la course, la bataille… et la guerre

PRIX DU MOULIN DE LONGCHAMP (GR1)

Ce jeudi, à France Galop, était jugé l’appel de Robert Ng, propriétaire de Romanised, sur la décision des commissaires de courses de maintenir Circus Maximus à la première place du Prix du Moulin de Longchamp. Le verdict a été rendu : Circus Maximus conserve son titre dans le Gr1.

Nous n’allons pas faire un copier-coller de l’ensemble de la décision publiée ce jeudi sur le site de France Galop dans la traditionnelle publication "Décisions des instances juridictionnelles de France Galop". Nous aurions peur de perdre dès les premières lignes de ce JDG nos lecteurs "virgulophobes" ou "attendu-que-phobes". Ce qui ressort des cinq pages détaillant cette séance d’appel est résumé en toute fin de la publication : « Les commissaires de courses étaient fondés à maintenir l’arrivée, aucun élément ne permettant d’affirmer que le poulain Romanised avait été empêché d’obtenir la victoire en raison d’une gêne aux conséquences évidentes nécessitant une rétrogradation de Circus Maximus, la vue intérieure du film de contrôle étant notamment claire sur leurs progressions respectives avant la gêne. » Arrivée maintenue.

Circus Maximus finit le plus vite… Et une traduction qui fait débat. Dans le passage précité, il est précisé : « la vue intérieure du film de contrôle étant notamment claire sur leurs progressions respectives avant la gêne. » Avant le contact – la gêne – entre Circus Maximus et Romanised, c’est donc Circus Maximus qui allait plus vite.

Soit. Mais après le contact ? Voici ce que dit la décision : « L’examen des différentes vues du film de contrôle ne permet pas d’affirmer de manière évidente que Romanised avait été empêché d’obtenir la victoire par Circus Maximus, la lutte entre les deux concurrents n’ayant pas connu de réel coup d’arrêt, les jockeys n’ayant pas été empêchés de les solliciter, et le poulain Circus Maximus ayant pris, de manière avérée notamment sur la vue intérieure, l’avantage sur Romanised avant la légère gêne constatée sur celui-ci ; Qu’en effet, le poulain Circus Maximus avait pris la mesure de son concurrent juste avant la légère gêne après n’avoir cessé de refaire du terrain sur lui comme l’a d’ailleurs confirmé le jockey William James Lee devant les commissaires de courses et comme le démontre particulièrement bien la vue intérieure. Que ledit jockey a indiqué sur l’hippodrome “que le poulain Circus Maximus avait fini la course plus rapidement que le sien”, tout en indiquant cependant dorénavant en appel avoir été mal compris sur place et qu’il estime que Romanised a refait du terrain sur son concurrent après la gêne ; »

Faut-il un VAR du VAR ? Le cas de ce Moulin de Longchamp n’était probablement pas facile à juger. Mais nous allons revenir quelques jours en arrière. Dans les moments ayant suivi cet appel du Moulin, beaucoup de personnes se sont étonnées de voir apparaître, dans la décision des commissaires de ParisLongchamp, Billy Lee déclarant que Circus Maximus avait fini plus vite que Romanised. Forcément, les paroles du pauvre Billy Lee se sont retrouvées au centre du débat entre le camp Circus Maximus et le camp Romanised.

Dans le camp Romanised, on plaide l’incompréhension : Billy Lee aurait dit que Circus Maximus allait en effet plus vite que Romanised au moment du contact, mais que Romanised est revenu sur lui pour finir. Dans le camp Circus Maximus, on insiste sur le fait que tout le monde s’était parfaitement compris à ParisLongchamp, que les commissaires parlaient anglais et qu’ils ont traduit ce qu’ils ont compris fidèlement.

C’est donc parole contre parole et, dans ces conditions, il ne reste plus que les nombreuses vues vidéo de la course pour se faire une idée des conséquences de la gêne. "L’affaire du Moulin" soulève une question : faut-il un VAR du VAR ? Le VAR (videos assistant referees), ce dispositif qui mettrait presque le monde du football à feu et à sang, existe depuis bien longtemps dans les courses : ce sont les différentes vues que les commissaires des courses ont à leur disposition pour juger une possible gêne. Mais faut-il aussi enregistrer ce qu’il se passe au moment de l’audition des différents entourages des chevaux concernés par une possible gêne ? Dans le cas du Moulin 2019, cela aurait permis de lever les doutes sur une possible mauvaise traduction. Certains diront que cela revient à mettre les commissaires sous surveillance mais nous ne parlons pas de filmer la délibération ! Qui plus est, et puisque cela serait dans les tuyaux, cela permettrait aussi de diffuser l’audition auprès du public sur l’hippodrome et, pour ceux qui le souhaitent, sur Equidia. Cela se fait déjà lors de grands meetings britanniques, par exemple. Cela fait partie de ce que l’on appelle la transparence, importante pour tous les clients des courses : propriétaires et parieurs.

Pour lire le compte rendu de l’appel (à partir de la p.4), cliquez ici : http://www.france-galop.com/sites/default/files/bij_2019_38bis.pdf