EN RÉGION - Hyères, aujourd’hui et demain

Courses / 05.09.2019

EN RÉGION - Hyères, aujourd’hui et demain

L’hippodrome d’Hyères est en train de vivre l’une des plus belles saisons de son histoire... et les élus de la Société des courses nous ont expliqué pourquoi !

Par Guillaume Boutillon

Après la frénésie des vacances, le calme est revenu à Hyères et ses environs. En revanche, l’enthousiasme, lui, n’a pas quitté Yvan Jonio, le président de la Société des courses du Var (dont Hyères est le seul hippodrome), et Claude Menand, son vice-président. Yvan Jonio entame son troisième mandat comme président, après avoir pendant dix ans occupé le poste de vice-président. Il nous a expliqué : « Nous restons humbles car nous n’avons pas toujours été à pareille fête et tout cela est assez fragile malgré tout. Mais à six réunions de la fin de la saison, nous avons fait plus d’entrées qu’en 2018 et les enjeux P.M.H. sont eux aussi au rendez-vous. C’est assez excitant. » Yvan Jonio poursuit : « C’est un peu une histoire de famille. Mon père en a été le président et quand il a été question d’arrêter l’un des deux hippodromes du département, à savoir Toulon ou nous, il a énormément contribué à la survie d’Hyères. C’est donc naturellement que je suis rentré au Conseil d’administration plus tard. Nous avons également eu comme président André Cormier, un ancien directeur-général du PMU, le père du Quinté. Cela a été très bénéfique pour nous également. »

De formidables atouts. Commençons par situer le décor. L’hippodrome d’Hyères est « au bord de l’eau et installé en tribunes, vous pouvez même voir Porquerolles au loin », nous rappelle Yvan Jonio. « Le site est exceptionnel. » Mais au-delà du cadre qui, évidemment, a son importance, le site est fréquenté quotidiennement, quand bien même aucune course n’est programmée. « L’hippodrome a son propre centre d’entraînement pour les trotteurs, cela donne beaucoup de vie à la structure. Nous disposons aussi de deux restaurants, tous deux mis en gérance. L’un est panoramique et uniquement ouvert les jours de réunion, et l’autre est ouvert tous les jours de l’année. Deux cents personnes y déjeunent chaque jour. » La Société des courses du Var jouit également d’un autre avantage par rapport à d’autres hippodromes de province, c’est que plusieurs réunions premium y sont organisées. « En termes d’image, cela est très important. En 2019, il y aura au total neuf réunions de ce type, soit une de plus que l’an passé. Cette année, trois courses premium en plat sont au programme. »

Un retour aux fondamentaux salutaire. Par le passé, la Société des courses du Var organisait des réunions mixtes, avec des courses de trot, galop et obstacle. Si la moyenne de partants au galop se situait autour de 8, pour l’obstacle, elle tournait plutôt autour de 6,3 partants. En accord avec la Fédération du Sud-Est, il a été décidé de transférer les épreuves de cette dernière discipline vers l’hippodrome de Nîmes. Cela fait dire à Claude Menant, également commissaire de courses et l’homme de chiffres du tandem : « Nous avons pu nous recentrer sur nos deux disciplines de prédilection. Cela nous évite de nous disperser. Pour le galop, les grands entraîneurs de la région viennent courir chez nous et ils sont très satisfaits de la qualité de la piste et de nos installations. » Ces dernières années, la Société des courses a investi d’importantes sommes pour moderniser, sécuriser et remettre à neuf l’hippodrome. « Nous avons privilégié le fait d’être à la hauteur sportivement, avant de penser au reste. C’est pourquoi en 2018, la situation financière était critique, et heureusement que nous avions des réserves. Mais il fallait remettre en état le champ de courses. Aujourd’hui, nous avons équilibré les comptes. » Et mieux que ça même…

La décision qui change tout. La bonne santé des hippodromes tient parfois à peu de choses. Et si celui d’Hyères enregistre de très bons chiffres cette année, il le doit au fait d’avoir décidé de déplacer ses réunions (hors premium) du lundi au samedi. « Auparavant, nous avions essentiellement une clientèle de turfistes. L’idée était vraiment d’élargir cette base ». Le constat à l’époque était simple : « Comme partout, les enjeux P.M.H. avaient tendance à se réduire. Compter uniquement sur les vrais turfistes revient en fait à se mettre un peu en danger. En revanche, lorsque l’on dispose d’un cadre comme le nôtre et en faisant quelques efforts en matière d’accueil, on doit être capable d’attirer un public familial ou de simples curieux. Reste ensuite à les intéresser aux courses, aux chevaux et à tout cet écosystème. » Et le moins que l’on puisse dire est que les résultats sont au rendez-vous. Depuis le début de l’année, 13 réunions se sont déroulées et un nombre de 11.589 entrées (dont 4.200 payantes) a été enregistré, alors qu’en 2018, les 20 réunions – il y en aura une de moins cette année – ont assemblé quelques 11.276 entrées (5.000 payantes). On se dirige donc vers une année de tous les records. Historiquement, le site accueille toujours un public nombreux le 1er mai (4.500 personnes cette année) et le dernier dimanche d’octobre, dernière réunion de l’année au cours de laquelle une grande fête est organisée.

La prospection : nouvelle mission. La majeure partie des travaux a été entreprise ces dernières années. En 2020, un laser pour les départs de courses de trot sera installé. Autofinancé, cet investissement, après celui ayant permis de rénover les vestiaires mais aussi l’acquisition d’un autostart et d’un décompacteur, renforcera la place d’Hyères dans la hiérarchie des hippodromes français. C’est davantage vers la recherche de nouveaux partenaires que vont en réalité s’orienter les prochains objectifs. « Nous ne sommes pas suffisamment associés aux entreprises et commerces locaux. Comme nous avons concentré nos efforts sur l’hippodrome et ses infrastructures, nous avons un peu négligé ce domaine et c’est aujourd’hui l’une de nos faiblesses. Nous en sommes en conscients. C’est pourquoi nous avons embauché une commerciale récemment. Il s’agit de l’axe majeur sur lequel nous devons travailler. » Une autre idée germe dans la tête des 18 bénévoles de la Société des courses, celle de davantage collaborer avec les différents offices de tourisme afin d’ancrer encore un peu plus l’hippodrome dans le paysage varois. Affaire à suivre, donc…