Ensemble, pour l’avenir du Trot et de la filière des courses hippiques

Institution / Ventes / 21.09.2019

Ensemble, pour l’avenir du Trot et de la filière des courses hippiques

Ensemble, pour l’avenir du Trot et de la filière des courses hippiques

Philippe Savinel, membre coopté du conseil d’administration du Trot depuis fin 2018, a été chargé en juillet dernier de piloter, avec Georges Rimaud, un groupe de travail Trot-Galop, avec pour mission de poursuivre les plans d’optimisation en cours, mais également de travailler conjointement sur de nouveaux projets d’économies, de rationalisation, voire de transformation. Il publie une tribune dans laquelle il annonce sa candidature à la présidence de la société mère.

« La situation financière du Trot, et au-delà, celle de la filière des courses hippiques, est loin d’être désespérée, mais elle est préoccupante. Entre 2011 et 2019, le résultat net du PMU n’a cessé de décroître chaque année, passant de 876 M€ à 747 M€ pour le dernier estimé 2019. Depuis 2012, le résultat net du Trot est resté négatif chaque année, le cumul des déficits atteignant 183 M€ en sept ans. Paradoxalement, grâce à des réserves aujourd’hui réduites à néant, les primes d’encouragement ont progressé presque chaque année, passant de 240 M€ en 2008 à 280 M€ en 2018. On connaît la suite : après France Galop en 2018, le Trot a réduit ses allocations et autres soutiens de 33 M€ (-12 %) en 2019, des mesures devenues nécessaires mais regrettables, car les encouragements doivent rester la dernière variable d’ajustement.

À qui la faute ? Je me garderai bien de porter un jugement, n’étant arrivé au conseil d’administration du Trot qu’en janvier 2019. De façon simpliste, il y a ceux qui pensent que cette situation s’explique par un environnement économique, social et concurrentiel défavorable ; explication toujours facile. Et il y en a d’autres qui parlent de "gestion désastreuse" et de "gabegie financière " ; comme disait Francis Bacon, "Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. »

Pour ma part, l’analyse de la filière m’amène à faire deux constats contradictoires :

– Même si des réformes importantes et des améliorations sensibles doivent être mises en œuvre au sein de notre institution, les courses hippiques fonctionnent globalement bien en France. La colonne vertébrale de notre organisation est solide, ne la fragilisons pas ; nous sommes d’ailleurs enviés à l’étranger où notre modèle est considéré comme exemplaire. L’équipe dirigeante du PMU est professionnelle et motivée, compétente et claire dans la stratégie à suivre. J’ai par ailleurs eu l’opportunité de rencontrer des personnes salariées ou bénévoles, expérimentées et engagées au sein de France Galop et du Trot, rassurantes dans la période de turbulences que nous traversons.

– En revanche, l’évolution sensiblement négative de nos résultats nécessite sans tarder d’amplifier et d’accélérer les plans d’économies déjà initiés, de démarrer conjointement entre les trois entités les chantiers de transformation, de synergies et de mutualisation. Un comité de pilotage a d’ailleurs été mis en place sur ces sujets entre France Galop et LeTROT en juillet dernier, le PMU devant y être associé au cours de 2020.

Plus globalement, nous pourrions tous nous accorder sur les trois objectifs prioritaires suivants :

1- Retrouver une trajectoire positive de nos résultats financiers.

2- Développer l’attractivité des courses et des hippodromes, des paris hippiques, et du cheval en général.

3- Construire une organisation et une gouvernance performantes et influentes pour la satisfaction de l’État et de tous les acteurs de la filière.

Jouer collectif. Pour ce faire, nous avons besoin d’une somme de compétences individuelles, mais aussi et surtout de jouer collectif. S’il faut réduire la voilure face à des vents contraires, nous sommes tous sur le même bateau et nous devons tous ramer dans le même sens, d’autant que les plans d’économies devront s’accompagner de plans de relance.

D’où le titre de ce papier, "Ensemble". Ensemble au sein du Trot, ensemble solidairement entre les trois entités majeures de la filière (PMU, France Galop, LeTROT), ensemble avec les hippodromes et les socioprofessionnels, entre ceux qui financent et ceux qui exploitent la filière, avec les salariés et les bénévoles, ensemble entre régions françaises et pays européens, ensemble avec l’État.

Le capitaine d’une équipe qui va s’engager à fond. En ce qui me concerne, après réflexion nourrie par la passion des courses qui m’anime depuis mon enfance, j’ai décidé de répondre positivement aux sollicitations des uns et des autres. En clair, je prévois de présenter ma candidature à la présidence du Trot lors du comité du 11 décembre prochain. J’ai donc accepté d’être le capitaine d’une équipe qui va s’engager à fond, de façon désintéressée mais responsable, dans le redressement de la filière et le renouveau du Trot. J’ai à cœur d’être un candidat de rassemblement et non de divisions, car l’heure n’est pas à la guerre des ego ni au dénigrement, mais à l’unité dans les décisions à prendre et à la solidarité dans l’action.

Lors d’une conférence de presse tout début octobre, j’aurai l’occasion de me présenter avec mon équipe et de proposer une plate-forme stratégique avec plans et thèmes d’actions. Je le ferai avec beaucoup de détermination car c’est dans ma nature, mais non sans humilité, car je ne crois ni en l’homme providentiel ni au remède miracle dans le contexte actuel. J’ai en revanche complètement confiance dans l’équipe qui travaille actuellement avec moi et qui va s’étoffer de compétences complémentaires pour être totalement prête le 11 décembre prochain. En attendant, nous avons encore beaucoup à échanger avec les socioprofessionnels, je consacrerai d’ailleurs tout le mois d’octobre à une tournée des régions.

Je crois sincèrement qu’ensemble nous pouvons faire en sorte qu’une vision devienne réalité, celle d’une filière des courses hippiques prospère et en croissance, moderne et dynamique, intéressant au moins 20 % des Français et disposant d’une excellente image, pour la satisfaction de tous les acteurs de cette filière. »

Qui est Philippe Savinel ?

Philippe Savinel, 62 ans, a pris sa retraite en juin dernier, après une riche carrière qui s’est terminée au sein du groupe Pernod Ricard, qu’il a rejoint en 1985, après des études à l’ESSEC, et quatre années passées au sein du cabinet d’audit Arthur Andersen.

D’abord auditeur interne, puis responsable du plan et du budget à la holding, il est nommé directeur administratif et financier d’Orangina en 1989, puis DAF de Ricard à Marseille en 1993 et directeur commercial en 1997. En 2001, il rejoint Dublin comme P.-D.G. d’Irish Distillers (production des whiskeys irlandais Jameson, Paddy, Powers pour le monde et distribution en Irlande de tous les produits du Groupe Pernod Ricard). Il est en même temps président de Pernod Ricard Afrique du Sud.

Il revient en France en 2005 au poste de P.-D.G. de la société Ricard (production de marques de spiritueux français pour le monde et distribution en France d’une trentaine de marques du groupe). Il est également nommé P.-D.G. de Pernod en 2015 après avoir mutualisé les fonctions supports des deux sociétés historiques du groupe, et avoir fusionné les directions industrielles, logistiques, informatiques et marketing.

Philippe Savinel est par ailleurs conseiller de la Banque de France, membre du conseil de surveillance de l’aéroport Marseille Provence et administrateur de la Société Marseillaise de Crédit. Il est membre de différents fonds d’investissement. Il a été nommé chevalier de l’Ordre national du Mérite en mai 2005.

Sa passion pour les courses de chevaux lui vient de son plus jeune âge (grand-père maréchal-ferrant) pendant lequel il a fréquenté de nombreux hippodromes situés dans sa région de naissance. Il a acquis sa première part de cheval en 2003 en créant au sein de la société qu’il présidait en Irlande une écurie de groupe d’une quarantaine de salariés qui sont toujours membres aujourd’hui, actifs ou retraités. Revenu en France en 2005, il achète progressivement quelques trotteurs et galopeurs. Philippe Savinel possède aujourd’hui une quinzaine de trotteurs, la plupart détenus en association avec ses entraîneurs. Depuis le 1er janvier 2019, 70 courses ont été disputées sous ses couleurs, avec 16 victoires à son actif.