JOCKEY CLUB DERBY - Pour San Huberto et Pedro Cara, ça va être compliqué mais cela reste jouable

International / 06.09.2019

JOCKEY CLUB DERBY - Pour San Huberto et Pedro Cara, ça va être compliqué mais cela reste jouable

BELMONT PARK (US), SAMEDI

Une course millionnaire pour des poulains qui affichent une valeur 46, c’est une aubaine. Les français San Huberto (Speightstown) et Pedro Cara (Pedro the Great) s’aligneront ce samedi dans le Jockey Club Derby. Leur tâche s’annonce un peu plus compliquée que celle qui attend les pouliches dans les Oaks. Mais cela reste jouable. San Huberto est un double lauréat de Listed. Il effectuera sa première sortie sous la casaque OTI Racing, qui a acheté la moitié du poulain. À l’avenir, il deviendra peut-être un cheval de Cup en Australie, mais il possède assez de vitesse pour évoluer sur 2.400m. Pedro Cara avait commencé sa saison en valeur 39,5 et il a gravi les échelons en se classant deuxième dans le Gran Premio Villapadierna, le Derby espagnol, avant de gagner de belle manière le Prix Fréderic de Lagrange (L). Les deux sont respectivement à 10 et 12/1 dans le Morning Line.

Spanish Mission, pour l’Angleterre. L’allocation offerte dans cette épreuve a convaincu les propriétaires de Spanish Mission (Noble Mission) de faire l’impasse sur le St Leger, un classique dans lequel il avait une chance. Le Team Valor et Earle Mack sont américains et cela a également pesé dans la balance. En plus, avec un poulain qui affiche un rating de 110, cet engagement est plus facile, surtout sur 2.400m, une distance qui pour les locaux est un peu un voyage dans l’inconnu.

Pas de Triple Couronne cette année. Le Turf Trinity, la Triple Couronne sur le gazon lancée cette année par la New York Racing Association, n’aura pas de champion, car les deux premières étapes ont fourni deux lauréats différents. Le directeur des courses, Martin Panza, a déclaré : « Pour une première, tout s’est très bien passé, tant du côté des enjeux que de la fréquentation. Il faut que ces courses soient disputées deux fois pour obtenir le label Groupe. Je pense que, si elles obtiennent ce label, elles seront encore plus prisées par les propriétaires et les entraîneurs. » Le Jockey Club Derby, même s’il n’est pas encore Groupe, offre quand même un ticket gratuit pour la Breeders’ Cup Turf.

Digital Age vise une double revanche. Le favori, Digital Age (Invincible Spirit), a disputé les deux premières étapes. Il s’est classé quatrième du Belmont Derby (Gr1) et deuxième du Saratoga Derby. Acheté 325.000 Gns par Klaravich Stable chez Tattersalls en octobre, il est le seul pensionnaire de Chad Brown au départ. Pour nous Européens, il est difficile d’imaginer un Invincible Spirit capable de progresser sur 2.400m, mais Digital Age dispose de beaucoup de tenue du côté maternel. Il peut donc prendre sa revanche sur A Thread of Blue (Hard Spun), qui l’a devancé dans le Saratoga Derby, et sur Henley’s Joy (Kitten’s Joy), le lauréat du Belmont Derby. Tone Broke (Broken Vow), troisième dans le Queen’s Plate, a gagné les deux autres courses de la Triple Couronne canadienne, dont les Breeders’ Stakes (L), qui sont disputées sur 2.400m sur le gazon. Kadar (Scat Daddy), vendu 700.000 € à la breeze up Arqana, n’a pas confirmé ses bons débuts en Angleterre. Il s’agira de sa troisième course sur le sol américain.

JOCKEY CLUB OAKS

Edisa et Wonderment, des Oaks sur mesure

Deux pouliches françaises et une anglaise ont fait le déplacement afin de participer aux Jockey Club Oaks Invitational Stakes, dernière étape de la Turf Tiara. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une épreuve de Groupe, l’allocation est de 750.000 $ (679.000 €), soit davantage que celles offertes dans le Qatar Prix Vermeille (600.000 €) et le Qatar Prix de l’Opéra (500.000 €), deux Grs1. Les deux françaises arrivent à ce rendez-vous en ayant emprunté des chemins différents. Edisa (Kitten’s Joy) a ouvert son palmarès le 15 mai en affichant une valeur 41,5. Ensuite, elle a remporté son succès black type dans le Prix Mélisande (L) et s’est classée deuxième des Prix de Malleret (Gr2) et Psyché (Gr3). Actuellement en 46 de valeur, elle possède probablement de la marge. Wonderment (Camelot) avait terminé sa saison de 2ans sur un succès face aux poulains dans le Critérium de Saint-Cloud (Gr1), affichant une valeur de 49,5. Au printemps, elle a couru mieux que ne l’indique son classement dans le Prix de Diane (Gr1) : après avoir voyagé nez au vent, elle s’était classée septième. Puis, gênée par le manque de train dans le Prix Minerve (Gr3), elle a fini sixième. La pensionnaire de Nicolas Clément, désormais prise en 45 de valeur, est capable de refaire parler d’elle à l’issue d’un bon parcours.

Love So Deep, l’achat de l’année. Les deux françaises sont en tête du betting, en compagnie de l’anglaise Love So Deep (Deep Impact), qui était la gagnante du Darley Prix de Pomone (Gr2) si l’épreuve s’était déroulée sur 2.498m et non 2.500m… C’est dans la toute dernière foulée qu’elle s’est inclinée face à Dame Maillot (Champs Élysées) avec à la clé une valeur de 49,5. Drôle de pouliche que cette pensionnaire de Jane Chapple-Hyam, qui n’avançait pas à 2ans et qui a été achetée 50.000 Gns (58.850 €) à Tattersalls en décembre pour devenir une future poulinière. Cette saison, elle a progressé de 45 livres en affichant 109 de rating lors de sa deuxième place à Deauville. Il s’agit fort probablement du meilleur achat effectué lors d’une vente publique en 2018…

Une épreuve plus canadienne qu’américaine. Il est plus difficile de juger les pouliches américaines, qui plus est sur une distance de 2.200m, davantage favorable aux européennes. Concrete Rose (Twirling Candy), facile lauréate des Belmont Oaks (Gr1) et des Saratoga Oaks, les deux premières étapes de la Turf Tiara, a dû renoncer à l’épreuve de ce samedi en raison d’une fracture. Cette absence a encouragé l’entourage de Lady Prancealot (Sir Prancealot), qui avait débuté en Angleterre, à faire le déplacement depuis la Californie, où elle s’était classée troisième dans les Del Mar Oaks (Gr1), battue par Cambier Park (Medaglia d’Oro). Art of Almost (Dansili) possède un pedigree européen et a effectué sa carrière au Canada. Très estimée par son entourage, ses lignes sont plutôt incertaines. La candidature de l’autre canadienne, Desert Ride (Candy Ride), paraît beaucoup plus sérieuse. Après avoir remporté les Woodbine Oaks (L) sur la P.S.F., elle a assez bien couru dans les Queen’s Plate, le Derby canadien, et elle vient de gagner une stakes sur le gazon.