JOCKEY CLUB OAKS INVITATIONAL STAKES - Edisa, 35 ans après Lashkari

International / 08.09.2019

JOCKEY CLUB OAKS INVITATIONAL STAKES - Edisa, 35 ans après Lashkari

BELMONT PARK (US), SAMEDI

Maître Alain est encore bien là, 35 ans après la victoire de Lashkari (Mill Reef), la seule européenne de la première édition de la Breeders’ Cup. Le jeune entraîneur, qui avait pris le relais du monument François Mathet auprès de Son Altesse l’Aga Khan trois ans auparavant, a remporté ce samedi à Belmont Park la première édition des Jockey Club Oaks. Même s’il ne s’agit pas d’une course de Groupe, elle offrait 750.000 $ (673.700 €) d’allocations, c’est-à-dire plus que toutes les courses pour femelles en Europe à l’exception du Prix de Diane (Gr1). Il a sorti au bon moment Edisa (Kitten’s Joy), prise en valeur 46 (102), lauréate de Listed et placée de Gr2 avant de monter dans l’avion. Elle a dominé Wonderment (Camelot), finissant très fort en pleine piste, pour un jumelé français à l’issue d’une course sans train (1’17’’50 les premiers 1.200m, 1’42’’57 le mile).

Une logique respectée. Un jumelé français dans une course à la française, jouée sur un long sprint, c’est logique. Edisa était la seule des huit pouliches au départ sans Lasix, ce qui n'a pas changé grand-chose. Elle a fait la course de sa vie… pour l’instant. Alain de Royer Dupé a déclaré juste après la course : « Edisa possède une grande qualité, une vraie pointe de vitesse, et elle l’a prouvé. C’est un plaisir de gagner à Belmont Park. J’étais venu ici en 1985. La pouliche a trouvé du bon terrain, ce qui est primordial pour elle. J’étais conscient du risque que le terrain soit très souple, voire pire. Je ne suis pas sûr de la suite de son programme. Elle possède trois engagements [Opéra, Royallieu et Chaudenay, ndlr] dans le meeting du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. Mais tout dépendra de la météo car il faut du bon terrain. Le Breeders’ Cup Filly & Mare Turf (Gr1) à Santa Anita est aussi une possibilité. »

Alain de Royer Dupré a gagné au niveau Gr1 dans huit pays différents, ainsi que tous les classiques français. Mais Edisa lui a offert une première victoire importante avec la branche E de la famille 13-c, un héritage Boussac, qui s’est développée en Irlande essentiellement, avec Ebadiyla (Sadler’s Wells), Edabiya (Rainbow Quest) et Enzeli (Kahyasi). La souche a donné également Darshaan (Shirley Height), mais c’est une autre histoire. Il a expliqué : « La pouliche est par l’américain Kitten’s Joy (El Prado), qui a donné la vitesse, alors que sa mère, Ebiyza (Rock of Gibraltar), vient d’une souche de grande tenue ».

Une monte parfaite signée Flavien Prat. Le pilote français était aux anges et il nous a confié : « C’était ma première monte pour la casaque de Son Altesse l’Aga Khan. Et gagner avec ces couleurs, c’est tout simplement génial. La pouliche s’est très bien adaptée au parcours, elle a connu un petit problème quand je l’ai déboîtée en pleine piste. Mais en deux foulées, elle a trouvé la bonne action. Un succès avec la casaque princière est quelque chose de spécial pour un jockey comme moi qui ai commencé sa carrière en France, encore plus dans une belle course. Il ne faut pas croire que ces Jockey Club Oaks n’ont pas le niveau d’un Groupe. C’est une épreuve toute neuve et prestigieuse. Les courses sur le gazon, surtout sur la côte est, sont en train de prendre de l’envergure. En Californie, c’est encore dirt et speed, mais à New York les choses sont différentes. Les parieurs aiment le gazon car les courses sont très régulières, très ouvertes et les arrivés beaucoup plus serrées. » Une victoire avec la casaque Aga Khan peut-il amener Flavien Prat à effectuer son retour en France ? C’est avec un grand sourire que le pilote a répondu à cette blague : « Non, non, je suis bien aux États-Unis. » Et si l’on se fie aux chiffres, il a bien raison d’y rester : Flavien Prat occupe la septième place du classement par gains des jockeys, avec 13,1 millions de dollars (11,68 M€), pas loin du cumul des gains (sans les primes) des trois premiers en France…

Wonderment se retrouve. Nicolas Clément est sorti battu, mais il a retrouvé Wonderment après un début de saison difficile, où elle a été malchanceuse. La lauréate du Critérium de Saint-Cloud (Gr1) a tracé un très bon parcours et a été battue sur une pointe de vitesse. L’entraîneur a expliqué : « Wonderment a très bien couru. Les deux françaises ont terminé aux deux premières places. On ne peut pas demander plus. Ce sont deux bonnes pouliches.Wonderment a eu un bon parcours. Je suis content parce que sa propriétaire, Stella Thayer, est une grande dame. Ma pouliche a montré qu’elle est compétitive au top-niveau et on peut réfléchir désormais à la suite de son programme. Le résultat est bon, mais une victoire est encore meilleure. »

Dans le Green Book 2018 des Aga Khan Studs sont répertoriées huit poulinières de la branche d'Edisa. La majorité a fait carrière en Irlande. La mère d’Edisa, la tardive Ebyza (Rock of Gibraltar), est la seule à avoir été entraînée par Alain de Royer Dupré. Elle a effectué ses débuts le 11 juillet de ses 3ans et a ouvert son palmarès directement dans le Qatar Prix de Royallieu (Gr2), lors de sa cinquième sortie. Ebyza a cherché son Gr1 ensuite, mais sans y parvenir. Elle est partie aux États-Unis avec l’objectif d’ajouter de la vitesse à une famille qui a sorti un gagnant de la Gold Cup avec Enzeli et une lauréate du Prix Royal Oak, Ebadiyla. Edisa est le premier produit de sa mère, suivie par la 2ans Ebadiya (Distorted Humor), qui est aussi chez Alain de Royer Dupré et était engagée dans le Prix de la Cascade, et une yearling par More than Ready (Southern Halo).