L’Australie et ses millions, une nouvelle frontière

International / 06.09.2019

L’Australie et ses millions, une nouvelle frontière

C’est sur un forfait dans la Sprint Cup que s’est achevée la carrière européenne du lauréat de la July Cup (Grs1), Ten Sovereigns (No Nay Never). Il s’envolera pour l’Australie avec deux options possibles : les 14 millions de dollars australiens (8,64 M€) offerts par The Everest ou les deux Grs1 millionnaires à Melbourne, en cas de terrain lourd le 19 octobre à Royal Randwick. Le poulain a déjà une place assurée parmi les étalons Coolmore grâce à son succès à 2ans dans les Middle Park Stakes (Gr1) et celui de Newmarket. Une belle fin de carrière en Australie ne fera pas énormément monter sa valeur en Europe, mais lui offrira des possibilités dans l’hémisphère Sud et peut faire gonfler son compte en banque. Autre point important : la publicité que cela offrirait à son père, No Nay Never (Scat Daddy), qui officie à 44.000 AU$ (27.100 €), et aux quatre autre fils de Scat Daddy qui font la navette : Caravaggio (27.500 AU$, 17.000 €), Justify (privé), Mendelssohn (17.600 AU$, 10.900 €) et Sioux Nation, qui stationnera dans l’État de Victoria.

Trente-trois millions d’euros en quatre semaines. En quatre semaines, du 19 octobre au 9 novembre, ce sont 16 courses millionnaires en dollars australiens qui seront à l’affiche. Le total des allocations avoisine les 53,3 M, soit 32,9 M€. Une partie de ce trésor est interdite aux européens, mais l’essentiel est disponible… De l’argent est à prendre en piste, mais également sur le marché. Car les Australiens sont toujours à la recherche d’un partant possible, surtout dans le créneau des chevaux taillés pour la Melbourne Cup (Gr1). Si l’on jette un regard à l’ante-post betting, avant la publication des poids attendue la semaine prochaine, les treize sujets qui affichent une cote plus basse que 25/1 sont étrangers.

Un marché très puissant. Si l’une est la japonaise Lys Gracieux (Heart’s Cry), les autres ont commencé leur saison en Europe. Godolphin peut compter sur le tenant du titre, Cross Counter (Teofilo), et Ispolini (Dubawi), alors que Coolmore a gardé Il Paradiso (Galileo) et Hunting Horn (Camelot). Les Irlandais viennent de vendre à des clients de David Hayes la majorité des parts du 3ans Constantinople (Galileo), gagnant des Gallinule Stakes (Gr3) et deuxième des Great Voltigeur Stakes (Gr2). L’entraîneur avait déjà acheté l’année dernière Rostropovich (Frankel), deuxième de l’Irish Derby (Gr1). Cette année, il a ajouté à sa liste Cape of Good Hope (Galileo), qui s’annonce comme un bon prospect pour les courses sur 2.000m. Australian Bloodstock s’est assuré Southern France (Galileo), troisième du St Leger en 2018, qui sera entraîné par Ciaron Maher. L’année dernière, Lloyd Williams avait acheté à l’écurie Jean-Louis Bouchard Master of Reality (Frankel), en vue d’une campagne australienne. En 2017, d’autres Australiens se sont associés sur Marmelo (Duke of Marmalade). Le 3ans allemand Django Freeman (Campanologist), qui a quitté son pays après sa deuxième place dans le Deutsches Derby (Gr1), est arrivé chez Robert Hickmott et il fera ses débuts australiens dans les Turnbull Stakes (Gr1) le 5 octobre. Le lauréat de l’Ebor Handicap, Mustajeer (Medicean), a été acheté lui aussi par Australian Bloodstock et sera entraîné par Kris Lees. Ce sont donc de vieilles connaissances qui remplissent la liste des engagés à la Melbourne Cup.

Ils ont investi aussi sur les yearlings. Il ne faut surtout pas faire le raccourci suivant : les Australiens achètent n’importe quel animal capable de galoper sur plus de 2.400m. En revanche, il est vrai qu’un marché important s’est ouvert concernant une catégorie de chevaux qui, il y a une dizaine d’années, étaient difficiles à vendre, sauf pour l’obstacle, avant l’explosion des sauteurs français. Les Australiens ont même investi à Baden-Baden sur des yearlings qui potentiellement ont un avenir dans les circuits des Cups. Les éternels pessimistes redoutent une chute du niveau des courses en Europe, mais il ne faut pas mettre ça sur le dos des Australiens. Ils ont été capables de créer un programme riche et des formules de propriété très attractives et populaires. C’est la loi du marché.