La Melbourne Cup dans le viseur des lobbys animalistes

International / 22.09.2019

La Melbourne Cup dans le viseur des lobbys animalistes

C’est la course qui arrête la nation. La plus grande épreuve australienne, celle qui attire plus de 120.000 personnes sur l’hippodrome. De nombreuses entreprises sont même fermées pour permettre au plus grand nombre d’assister à l’événement ! Autant dire que d’un point de vue français, la Melbourne Cup n’a pas de souci de popularité. Et pourtant…

En septembre dernier, le Victoria Racing Club annonce fièrement que la chanteuse américaine Taylor Swift se produira sur l’hippodrome avant la course, et chantera deux tubes de son nouvel album, dans le cadre de sa grande tournée promotionnelle. Si vous n’êtes pas fan de country pop, sachez tout de même qu’elle a vendu plus de 40 millions d’albums et totalise 130 millions de téléchargement. C’est tout simplement l’une des artistes ayant vendu le plus de disques de l’histoire de la musique !

Mais ce samedi, patatras… Le même Victoria Racing Club explique que la chanteuse ne viendra finalement pas à Melbourne, en raison d’un changement de programme dans sa tournée. Les vraies raisons de cette annulation sont tout autres.

Taylor Swift a en fait cédé aux pressions des groupes anti-courses qui se développent (aussi) en Australie. Plus précisément, The Coalition for the Protection of Racehorses a lancé une vraie campagne sur les réseaux sociaux pour boycotter la Melbourne Cup, sous le hashtag #NupToTheCup (non à la Cup). Cette association a vu le jour il y a une dizaine d’années. Sur son site internet plutôt très bien fait, elle détaille ses "chevaux de bataille".

En tête, les courses d’obstacle, qu’elle souhaite tout simplement abolir… Ce n’est pas passé loin, puisque Racing Victoria avait annoncé fin 2009 que la saison d’obstacle 2010 serait la dernière… avant de revenir sur cette décision, expliquant que si les courses d’obstacle parvenaient à remplir trois critères (une baisse du pourcentage de chute par partant à 3 %, une réduction des accidents mortels à 0,65 % des partants, et au moins 8 partants dans 80 % des courses), elles seraient maintenues. Les courses de 2ans sont aussi dans le viseur de l’association, accusée d’exploiter des animaux en pleine croissance et donc de provoquer trop de blessures sur leur organisme immature.

The Coalition for the Protection of Racehorses s’en prend aussi à la cravache, mais avec des arguments beaucoup plus recevables. Elle plaide pour des amendes en cas d’usage abusif, à la fois pour le jockey et l’entraîneur, un nombre de coups limités dans les 100 derniers mètres (en Australie, la loi permet l’usage de la cravache à la discrétion du jockey dans les derniers 100m de la course), et des trials sans cravache.

Elle milite pour un vrai plan de reconversion des chevaux de course. Elle estime d’ailleurs que c’est là le problème majeur des courses, et demande qu’un pour cent des mises jouées sur les courses en Australie (soit 143 millions de dollars) soit dédié à la reconversion des pur-sang.

Quelles conclusions en tirer ? Que le galop français a réagi à temps en s’attelant au problème de la reconversion. Que la vraie guerre se joue sur les réseaux sociaux. Que les "anti" ont toujours un train d’avance sur les "pro". Que l’on ne doit donc pas se reposer sur nos lauriers !