Le Jockey Club américain se positionne pour une limitation des étalons

International / 06.09.2019

Le Jockey Club américain se positionne pour une limitation des étalons

Il y a beaucoup de choses qui bougent, du point de vue institutionnel, aux États-Unis. Ce vendredi, le Jockey Club américain a fait une nouvelle annonce : il envisage la limitation du nombre de saillies par étalon pour 2021. C’est une petite bombe.

Pas plus de 140 juments. Le plan d’action envisagé par le Jockey Club, à ce stade, est le suivant :

- Les étalons intégrant le haras en 2020 n’auront pas de limitation jusqu’en 2023 inclus.

- Les étalons ayant intégré le haras en 2019 n’auront pas de limitation jusqu’en 2022 inclus.

- Les étalons ayant intégré le haras en 2018 n’auront pas de limitation jusqu’en 2021 inclus.

- Les étalons ayant intégré le haras en 2017 et avant seraient limités à 140 juments dès le 1er janvier 2021.

Une population à la reproduction moindre. Dans son communiqué, le Jockey Club rappelle que l’une de ses missions est d’être le garant du stud book américain et du bien-être du pur-sang. Or le Jockey Club s’inquiète d’une baisse de la diversité génétique, certains étalons accaparant trop de juments. En 2007, 37 sires (sur 3.865 au total) auraient sailli plus de 140 juments chacun. En 2010, seuls 24 étalons avaient rencontré plus de 140 juments mais le chiffre est reparti nettement à la hausse. En 2019, avec moitié moins d’étalons qu’en 2007, ce sont pas moins de 43 étalons qui ont eu la chance de rencontrer 140 juments.

Moins de juments, moins d’étalons aussi. Il y a en réalité un double "effet Kiss Cool" derrière ce constat : moins d’étalons et aussi moins de juments. Le nombre de naissances aux États-Unis a considérablement diminué : 37.499 en 2007 contre une estimation de 20.500 pour 2020. En 2007, 5.894 mères (9,5 % de la population totale) ont été saillies par des étalons à 140 juments ou plus dans leur carnet de bal. En 2019, ce sont 7.415 juments qui ont été saillies par ces mêmes étalons à la mode. Plus que le nombre brut, c’est la proportion qui est parlante : cela représente 27 % du total des juments à la reproduction.

Quelle sera la réaction des étalonniers ? Le Jockey Club a indiqué que rien n’était gravé dans le marbre. Il sera intéressant de suivre les réactions des éleveurs et des étalonniers. Pour ces derniers, le manque à gagner pourrait être considérable… Avec certainement la possibilité d’assister à une flambée des tarifs du côté des étalons les plus recherchés. En 2018 par exemple, Into Mischief a été l’étalon le plus demandé : il a sailli 245 juments à un tarif de 100.000 $. À ce tarif – sachant qu’il est passé à 150.000 $ en 2019 – la limitation à 140 juments pourrait représenter un manque à gagner proche de… 10.500.000 $.

Reste à savoir si le reste du monde pourrait aussi marcher dans les pas du Jockey Club américain dans le futur. En France, il est à l’œuvre pour les étalons trotteurs (100 juments françaises maximum par an, monte artificielle).