Les six moments clés de l’odyssée de Storm of Saintly

Courses / 29.09.2019

Les six moments clés de l’odyssée de Storm of Saintly

Storm of Saintly a quitté la scène cette semaine. C’est l’un des monstres sacrés d’Auteuil. Nous lui rendons hommage, car il le mérite, au travers d’un article rassemblant six moments décisifs de sa vie que nous avons sélectionnés.

Par Christopher Galmiche

Le pensionnaire de Guillaume Macaire a été victime d’une tendinite au postérieur gauche suite à sa deuxième place dans le Prix Richard et Robert Hennessy (L). Son entourage a donc décidé de le mettre à la retraite et c’est son premier jockey, Vincent Cheminaud, avec lequel il a enlevé le Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1) 2014, qui va le prendre chez lui. Une belle histoire qui se termine bien, d’autant que le champion de Jeannot Andt a démontré qu’il était encore au top de sa forme.

Un crack né d’une histoire d’amitié ! L’histoire de Storm of Saintly (Saint des Saints), c’est celle d’un propriétaire alsacien passionné, Jeannot Andt et d’un grand éleveur, aujourd’hui disparu, Olivier Corbière. Le premier vient de perdre Carignan (Garde Royale) à Strasbourg, un cheval que le second a élevé. C’est un peu comme cela que la genèse de Storm a commencé, comme nous l’avait raconté Olivier Corbière en 2013 : « J’ai rencontré Jeannot Andt par l’"intermédiaire" de Carignan, un cheval qui s’était tué à Strasbourg. Nous avons longuement discuté. Il a visité mon établissement et a été emballé. The Storm [future mère de Storm of Saintly, ndlr] et Ecaline ont été rachetées et comme je m’étais lié d’amitié avec lui, je lui ai proposé de les acquérir. C’est comme cela que nous avons commencé. Nous nous sommes tournés vers des étalons comme Saint des Saints et un bon entraîneur. Après les débuts victorieux de Storm of Saintly, dans le Prix Grandak, il y a eu des propositions et Jeannot Andt m’a appelé pour savoir ce qu’il fallait faire. Je lui ai dit : "Si j'étais à ta place, je ne le vendrais pas !" Jeannot Andt est quelqu’un qui est à l’écoute et qui suit les conseils. Il a eu des coups durs, c'est sûr, mais avec Storm of Saintly, une belle histoire s’est enclenchée  ! » C’est donc comme cela que Storm of Saintly a été fabriqué et a grandi à Nonant-le-Pin. Et ses victoires rendent aussi hommage au grand éleveur qu’était Olivier Corbière, lequel nous a malheureusement quittés. Victorieux du Prix Grandak, une épreuve d’importance dans laquelle Guillaume Macaire aime faire débuter de bons éléments, il a montré ses limites sur les haies, à 3ans, mais a fini son année par une deuxième place dans le Prix Congress (Gr2). L’histoire était lancée.

Performant de 3ans à 10ans. Peu de sauteurs peuvent s’enorgueillir d’avoir été performants de 3ans à 10ans. Notamment par la faute d’ennuis de santé, ou encore de logiques départs au haras dans le cas des femelles. Depuis vingt ans, on peut citer Al Capone II (Italic) évidemment, mais aussi Mandarino (Trempolino), Remember Rose (Insatiable), Bel la Vie (Lavirco), So French (Poliglote), On the Go ** (Kamsin) et bien sûr Storm of Saintly ont brillé dès 3ans à haut niveau. D’autres champions comme Milord Thomas (Kapgarde) et Carriacou (Califet) ont explosé à 4ans. Storm of Saintly, lui, a conclu deuxième du Congress, a remporté le Prix Ferdinand Dufaure (Gr1), est tombé dans le Prix Maurice Gillois (Gr1) alors qu’il était en bonne place pour lutter pour la victoire. Il a gagné le Grand Steeple à 5ans, en 2014, il a fait l’arrivée du Grand Steeple et de la Haye Jousselin en 2016, et il a gagné le Prix Troytown (Gr3) à 10ans. Au final, il a terminé sa carrière avec huit succès de Groupe, dix-sept victoires et seize places en quarante sorties pour 1.855.690 € de gains. Un grand d’Auteuil !

Un champion qui redonne confiance à son propriétaire. Avec la perte de Carignan, Jeannot Andt avait été logiquement marqué. Après le succès de Storm of Saintly dans le Prix Ferdinand Dufaure, il nous avait raconté, soulagé : « J’ai eu beaucoup d’émotions. Je n’ai pas regardé la haie d’essai et quand on m’a dit que le cheval l’avait mal sautée, j’étais encore plus tendu. Je n’ai pas regardé la course non plus. J’avais peur qu’il arrive quelque chose à Storm of Saintly. Je me suis seulement retourné pour voir la fin de course. Au départ, pour moi, nous étions barrés, par Vanilla Crush notamment. Nous aurions été heureux de prendre une place. Ce n’est pas le fait d’avoir remporté un Gr1 qui m’a procuré de la joie. J’étais d’abord heureux pour le cheval, car je voulais qu’il rentre sain et net. Monsieur Macaire et Vincent Cheminaud se sont parfaitement occupés du cheval. »

Un Grand Steeple au sprint. Le Grand Steeple 2014 était le premier sur la nouvelle distance de 6.000m. Fidèle à son habitude, Storm of Saintly a attendu son heure et avait encore du retard sur Shannon Rock (Turgeon) au saut de la dernière haie, mais il a placé un superbe coup de rein pour fondre sur ce dernier. Il s’est imposé d’une courte tête. Avec sa tactique de course, il gagnait d’ailleurs souvent avec un faible écart, mais savait où mettre sa tête, même après six kilomètres d’efforts.

Un champion qui surmonte la maladie. Guillaume Macaire a une affection particulière pour Storm of Saintly. Pour sa carrière bien sûr, mais peut être aussi pour son mental de guerrier. Après son Grand Steeple 2014, il a dû se faire retirer une verrue cancéreuse et subir un traitement anti-cancéreux. Quelques années après, il a fait une rechute, mais il a su là encore se montrer fort pour revenir au sommet. Un vrai champion avec une vie qui aurait pu inspirer les plus grands cinéastes d’Hollywood.

Un jockey sur orbite. Vincent Cheminaud va récupérer Storm of Saintly à la retraite. C’est bien normal car c’est son cheval de cœur, celui qui l’a mis sur orbite. En 2014, il lui a apporté un Grand Steeple, mais un an auparavant, il lui a offert un premier Gr1 dans le Ferdinand Dufaure. Son ascension en obstacle a été fulgurante et il a enlevé la Cravache d’or dans la discipline en 2014, avant de partir sur le plat un an plus tard. Tout cela, en partie grâce à "Storm".