QATAR PRIX NIEL (GR2) - Sottsass : il en fallait, de la classe !

Courses / 16.09.2019

QATAR PRIX NIEL (GR2) - Sottsass : il en fallait, de la classe !

PARISLONGCHAMP, DIMANCHE

La rentrée de Sottsass (Siyouni) était l’attraction de ce Qatar Prix Niel (Gr2), et même de la réunion à ParisLongchamp tout court. Le lauréat du Qipco Prix du Jockey Club (Gr1), si éblouissant lors de son succès à Chantilly, se devait de confirmer tous les espoirs placés en lui. En signant un retour gagnant, pour son premier essai sur 2.400m, Sottsass a prouvé qu’il avait sa place au départ du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1).

Une course piège. Composée de cinq partants, l’épreuve s’annonçait piégeuse pour le grand favori, qui avait hérité de l’as dans les boîtes. Afin d’assurer un rythme sélectif, Jean-Claude Rouget souhaitait adjoindre un leader à son champion et il avait donc engagé Veronesi (Kendargent), acheté récemment par Peter Brant, pour remplir cette fonction. Ce dernier a mené grand train. Partie à l’extérieur, Mutamakina (Nathaniel) s’est installée en deuxième position, galopant à plusieurs longueurs de l’animateur. Sottsass, quant à lui, s’est retrouvé en avant-dernière position le long du rail, Quest the Moon (Sea the Moon) galopant à son extérieur. À l’entrée de la dernière ligne droite, il s’est retrouvé enfermé. Un cas de figure courant… sauf qu’à 200m du but, il l’était encore ! Cinquante mètres plus loin, le cheval de Peter Brant a réussi à se faufiler entre Veronesi et Mutamakina et a pris le meilleur en deux foulées, s’imposant d’une longueur et quart. En bouclant le parcours en 2’27’’46, Sottsass a réalisé le deuxième meilleur temps des dix dernières éditions du Prix Niel après Ectot (Hurricane Run) en 2014. Le détenteur du record est Soldier of Fortune (Galileo), lauréat en 2’25’’60 en 2007.

Mutamakina a conservé la deuxième place de justesse, une courte encolure devant l’irlandais Mohawk (Galileo), lequel a bien conclu en dehors à l’issue d’un parcours au dernier rang. Quant à Veronesi, il a conclu quatrième devant Quest the Moon.

On a failli assister à un remake du Niel 1997 ! L’entourage de Sottsass a dû avoir de drôles de sueurs froides durant la phase finale. Si le cheval a gagné, c’est bien parce qu’il était le meilleur ! Mais parfois, cela ne suffit pas. Lors du Prix Niel en 1997, le champion Peintre Célèbre (Nureyev) s’était retrouvé dans la même situation : emmuré le long du rail dans un lot de cinq partants, il avait trouvé l’ouverture à 150m du but et avait fini en boulet de canon, mais trop tard. Il avait dû s’avouer vaincu d’une encolure face à Rajpoute (Double Bed), lequel possédait une chance secondaire. Jean-Claude Rouget nous a expliqué : « J’ai eu un peu peur dans la ligne droite, mais s’il avait été battu, ça n’aurait pas été très grave. Ce n’était qu’une course préparatoire, même si c’est mieux de la gagner ! Il a bien accéléré dans une course sélective, et le fait d’être enfermé lui a caché l’effort le plus longtemps possible. Il n’a eu que 150m de course à faire et a prouvé que la distance n’était pas un problème. Avant la course, il avait chaud, mais les autres aussi. Vu la météo, cela n’a rien d’anormal. La sueur n’est pas forcément un signe de nervosité. Cristian Demuro a trouvé le cheval très calme derrière les boîtes. Il est toujours un peu agité de nature, mais ça va quand même beaucoup mieux. Il prend de la maturité. Aujourd’hui, ce n’était pas une course simple, même si le lot paraissait facile. La valeur du lot ne fait pas tout… Le cheval n’avait plus couru depuis trois mois. Il fallait essayer de minimiser les efforts, car les trois semaines qui séparent le Niel de l’Arc vont passer très vite. »

La même accélération que dans le Jockey Club. Cristian Demuro, jockey de Sottsass, a quant à lui expliqué : « J’ai perdu le sillage de mon leader car je ne voulais pas trop forcer mon cheval à rester en deuxième position, et le mettre ainsi dans le rouge. Je ne voulais pas qu’il prenne dur trois semaines avant l’Arc. Dans la ligne droite, j’espérais que mon leader s’écarte, mais il est resté à la corde. Au final, ça s’est bien passé ! Mon cheval a pris l’avantage en deux foulées ; il a placé une drôle d’accélération, la même que dans le Jockey Club. Il était calme aujourd’hui. Il commence à arriver à maturité dans sa tête et sera au top pour le jour J. »

Plusieurs options pour Mutamakina. Gagnante cet été du Prix Madame Jean Couturié (L), Mutamakina avait ensuite conclu deuxième du Shadwell Prix de la Nonette (Gr2) derrière la très prometteuse Terebellum (Sea the Stars), qui avait laissé une drôle d’impression. Ce dimanche, la représentante d’Al Shira’Aa Farms découvrait elle aussi la distance, elle qui était la seule femelle au départ. Carlos Laffon-Parias, entraîneur de la pouliche, nous a déclaré : « Je suis déçu, car je pensais que Mutamakina pouvait gagner. Elle n'a pas d'excuses. Il y a eu du train et elle a bien couru. Elle avait montré qu'elle faisait partie des meilleures pouliches. Il y a plusieurs options sur des distances différentes pour elle : le Prix de Royallieu (Gr1) sur 2.800m, une distance inhabituelle, et le Prix de l’Opéra (Gr1), mais elle pourrait aussi aller au Canada ou à Ascot. C'est une pouliche très saine et nous pourrions la garder à l’entraînement l'année prochaine. »

Saison terminée pour Quest the Moon. Lauréat au printemps du Prix du Lys (Gr3), Quest the Moon a ensuite conclu quatrième du Derby allemand, puis troisième du Grosser Dallmayr-Preis (Grs1). Contraint de galoper nez au vent ce dimanche, il a logiquement cédé dans la phase finale. Harald Schneider, racing manager de la Stall Salzburg, nous a confié : « Nous n'avons pas eu trop de chance. Le cheval aurait aimé courir caché, mais cela n'a pas été possible. Il a dépensé trop d'énergie dans un terrain qui n'est pas le sien. Sa saison a été chargée et à présent, il va se reposer pour l'année prochaine. Quest the Moon appartient à un véritable sportsman, qui n'est pas vendeur ; et pour les chevaux de 2.400m, il y a beaucoup de possibilités à 4ans. »

PEDIGREE WEATHERBYS

http://www.jourdegalop.com/Media/Jdg/Documents/Docutheque/2019/Sottsass-OK.pdf

Starlet's Sister, la meilleure poulinière de France. L’Américain Peter Brant a une poulinière de cœur, mais elle ne lui appartient pas. Elle s'appelle Starlet's Sister (Galileo), elle est la propriété de l'écurie des Monceaux et il a déjà acheté quatre de ses produits. Le premier, Sistercharlie (Myboycharlie), a reçu le titre de meilleure femelle américaine sur le gazon pour ses remarquables performances en 2018 (Beverly D. Stakes, Breeders' Cup Filly and Mare Turf, Coolmore Jenny Wiley Stakes & Diana Stakes, Grs1). En France, elle s'était classée deuxième du Prix de Diane (Gr1). Cette année, Sistercharlie a gardé son titre dans les Beverly D Stakes et les Diana Stakes.

Le deuxième, My Sister Nat (Acclamation), lauréate du Prix Bertrand de Tarragon (Gr3), s'est aussi classée deuxième du Prix Chloé (Gr3), à un nez de la victoire, et troisième du Shadwell Prix de la Nonette (Gr2). Le troisième produit de Starlet’s Sister est Sottsass, qui est issu de l’étalon du haras de Bonneval Siyouni (Pivotal), dont il est le premier vainqueur de Groupe sur 2.400m. Le quatrième, Radiant Child (Charm Spirit), porte lui aussi les couleurs de White Birch Farm. Acheté chez Arqana, comme Sottsass, par Michel Zerolo – qui manage les effectifs de Peter Brant à l'entraînement dans notre pays –, Radiant Child a été exporté outre-Atlantique et n’a pas encore couru. Starlet’s Sister a aussi un yearling par Fastnet Rock (Danehill) et une foal par Dubawi (Dubai Millenium). Elle a été saillie de nouveau par Dubawi cette année. Grâce à Sottsass, Starlet's Sister devient la quatorzième poulinière à avoir eu deux produits placés dans les classiques depuis 1990 en France. Dans cette liste, elle est la seule actuellement en activité. Mais ce qui la rend vraiment unique, c'est le fait d'être basée dans un élevage 100 % commercial et d'avoir ses trois premiers produits black types… la meilleure jument de France, on vous dit !

Une deuxième mère placée de Gr1 outre-Atlantique. La deuxième mère de Sottsass, Première Création (Green Tune), s’est imposée d’entrée de jeu à 3ans dans une course B sur le mile de Chantilly. Elle s’est aussi classée deuxième du Prix Chloé (Gr3) et quatrième du Prix d’Astarté (Gr2, à l’époque) avant d’être exportée aux États-Unis, où elle a conclu troisième des Del Mar Oaks (Gr1). Première Création a notamment donné Leo’s Starlet (Galileo), gagnante du Prix Cléopâtre (Gr3) et deuxième du Prix de Malleret (Gr2), et Anabaa’s Creation (Anabaa), lauréate du Prix Isonomy (L) et troisième du Prix Saint-Alary (Gr1) avant d’être exportée elle aussi outre-Atlantique, où elle a pris la deuxième place des Clement L. Hirsch Stakes (Gr1).

 

 

 

Polar Falcon

 

 

Pivotal

 

 

 

 

Fearless Revival

 

Siyouni

 

 

 

 

 

Danehill

 

 

Sichilla

 

 

 

 

Slipstream Queen

SOTTSASS (M3)

 

 

 

 

 

 

Sadler’s Wells

 

 

Galileo

 

 

 

 

Urban Sea

 

Starlet’s Sister

 

 

 

 

 

Green Tune

 

 

Première Création

 

 

 

 

Allwaki


LES CHRONOS

TEMPS PARTIELS

Du départ à 1.000m : 1'27''12
De 1.000m à 600m : 24''14
de 600m à 400m : 12''34
De 400m à 200m : 11''79
De 200m à l'arrivée : 12''07
Temps total : 2'27''46