RACING IN DUBAI SALE - La vente des rêves perdus…

International / 11.09.2019

RACING IN DUBAI SALE - La vente des rêves perdus…

MEYDAN (AE), LUNDI

Le catalogue ne compte que 56 lots. Et il n’accueille pas de produit de Galileo (Sadler’s Wells). Mais avec huit Dubawi (Dubai Millennium), cinq Shamardal (Giant’s Causeway), des Dark Angel (Acclamation), Kingman (Invincible Spirit), Medaglia d’Oro (El Prado), Sea the Stars (Cape Cross) et autres Tapit (Pulpit)… on retrouve une ribambelle de sujets qui valaient plus d’un million – de dollars, de Gns ou d’euros ! – lorsqu’ils étaient yearlings. Mais ce lundi sur l’hippodrome de Meydan, la Racing in Dubai Sale ne propose que des chevaux à l’entraînement, âgé de 2ans à 12ans.

North America, le bon achat. Godolphin et quelques autres propriétaires locaux offrent sur le marché le surplus de leurs effectifs. Et de bons achats sont toujours possibles. Satish Seemar avait payé 140.000 dirhams (34.500 €) pour North America (Dubawi). Ce dernier a ensuite gagné le Maktoum Challenge (Gr1) et a disputé deux fois la World Cup (Gr1). En Europe il n’avait pas trouvé sa course en six sorties. Brian Gleeson s’était offert pour 40.000 dirhams (9.800 €) Drafted (Field Commission), deux fois lauréat de Gr3 sur le sprint lors du Carnival 2019.  Ce dernier avait couru les Windsor Castle (L) deux ans auparavant pour l’entraînement américain d’Eoin Harty.

Ils ont fait la Une. Les chevaux en vente ont fait parler d’eux à un moment de leur carrière. Being There (Dubawi & Beauty Parlour) avait fait la Une quand il avait réalisé le top price à 1,4 million chez Goffs Orby, lors de la dispersion Wildenstein. Il avait ouvert son palmarès en bon français le 14 juillet – mais à Newmarket ! – de manière prometteuse. Malheureusement, il n’a pas confirmé et n’a pas couru cette année après deux sorties à 3ans. Franz Schubert (Dansili) était, d’après les bruits cantiliens, un des poulains de Jockey Club de chez Fabre. Il avait gagné lors de ses débuts à 2ans et avait entamé le chemin classique en se classant troisième dans le Prix La Force (Gr3). L’année dernière, il a couru six fois sans gagner et il a quitté la France fin novembre.

Combien faut-il pour débuter ? Un yearling par Dubawi (Dubai Millennium) issu de la mère du champion à 2ans et très bon étalon Teofilo (Galileo) ne passera jamais en vente. C’est la crème de Godolphin. Un crieur prudent demandera une enchère à deux millions pour lancer les enchères de ce prospect étalon lors de son entrée sur le ring. Just you Wait coche la case pedigree. Mais pas les autres : il a 3ans et après trois courses il a perdu son potentiel d’étalon. Il est hongre et affiche un rating de 75. Nos amis attachés de presse auraient un beau travail de rédaction s’ils voulaient produire un communiqué concernant la qualité des pedigrees de cette vente. La moitié des lots proposés son frères de gagnants de Groupe ou issus de lauréates de Groupe.

Les pedigrees ne galopent pas… Les meilleurs étalons sont là. De la vitesse et précocité de Dark Angel au pur classicisme de Sea the Stars. Il y a des produits de Darley et des sujets achetés aux ventes pour un investissement proche de 7,5 millions d’euros. C’est un mélange de chevaux qui ont fait rêver autour d’un ring, lors de leurs premiers galops et courses, ou pendant les mois qui ont suivi le croisement. Ensuite, la piste livre son verdict. Et comme on dit, les pedigrees ne galopent pas…  Chaque année, des centaines de champions sur le papier passent en vente en Europe. Ils sont issus de grandes maisons, avec des pedigrees à couper le souffle. Mais certains n’ont que des problèmes ou sont tout simplement frappés de lenteur…

C’est la nature qui décide ! Mais cette vente propose aussi des chevaux qui galopent ou qui ont galopé. C’est le cas du gagnant de Gr1 Special Fighter (Teofilo). Il est entier mais sera vendu avec la condition qu’il ne fasse par la monte dans les Émirats. D’autres vieux chevaux seront vendus mais ne ils pourront pas courir dans le pays. Certains jeunes en sont encore au stade de prouver qu’ils sont capables de galoper. Enfin, d’autres n’ont les ratings suffisants pour participer aux courses du Carnival. C’est une vente pas comme les autres, qui arrive exactement à la moitié de la grande kermesse de Keeneland pour nous rappeler que tous les chevaux sont élevés avec le rêve de gagner un Derby et l’Arc de Triomphe. Mais la chance, ou la nature si vous préférez, en décident souvent autrement.