TRIBUNE LIBRE - Quand les impressions sont démenties par les chiffres

Courses / 23.09.2019

TRIBUNE LIBRE - Quand les impressions sont démenties par les chiffres

Par Philippe Jeanneret, Thierry Doumen et Cédric Boutin, Croissance Courses et AEP

« Un éminent entraîneur vient de nous faire part de ses sentiments sur la distribution des gains en fonction des valeurs et en tirait des conclusions très péremptoires. Trop d’argent serait versé aux chevaux médiocres au détriment des bons chevaux.

Nous avons repris les chiffres fournis par France Galop qui a fait cette même analyse, au niveau national. Cet éminent entraîneur ayant beaucoup de 3ans dans son effectif, nous avons regardé les chiffres de cette classe d’âge mais les informations s’avèrent ne guère varier en fonction de l’âge des chevaux.

Nous vous présentons dans le tableau ci-dessous les données "brutes" :

Valeurs 15-20 20-25 25-30 30-35 35-40 40-45 45-50 50 et +
Nombre de chevaux 13 261 527 515 293 152 111 27
Gain moyen/cheval (€) 4.920 6.217 10.735 21.938 35.754 45.574 77.973 299.296

Une analyse un peu plus fine permet de définir la répartition et ceci apparaît de façon graphique ci-dessous.

Ainsi, on voit que les chevaux dont la valeur est inférieure à 25 représentent 15 % des effectifs et ne prennent que 3 % des allocations. De même, les chevaux dont la valeur est comprise entre 25 et 30 représentent 28 % des effectifs et ne prennent que 11 % des allocations. Ainsi, 43 % des effectifs ne prennent que 14 % des allocations !

A contrario, les chevaux dont la valeur se situe entre 35 et 45 ont un espoir de gains se situant entre 35 K€ et 45 K€, soit 6 à 7 fois supérieur à ceux de valeur inférieure à 25.

Quant à ceux dont la valeur est supérieure à 45, ils ne représentent que 7 % des effectifs et collectent 31 % des allocations ! Les cracks, dont la valeur dépasse les 50, au nombre de 27, soit 1 % des effectifs, prennent en moyenne presque 300.000 € et au total plus de 8 millions d’euros, soit 15 % des allocations totales pour 3ans.

Il semble donc que la répartition des allocations est très élitiste et nous ne comprenons pas les jérémiades de ce professionnel. Les faits sont têtus !

Il paraît donc vital, pour la survie de la filière et malgré les souhaits des lobbys commerciaux, de revoir cette répartition des allocations, surtout que l’élite coûte cher puisque presque aucune des courses de Groupe ne s’autofinance par le biais des enjeux ou du sponsoring et que ce sont les "mauvais" qui financent cette "élite" grâce aux handicaps et réclamers. »