World Horse Racing à la conquête du grand public sur les réseaux sociaux

International / 11.09.2019

World Horse Racing à la conquête du grand public sur les réseaux sociaux

Il y a un peu plus d’un an, World Horse Racing a fait son apparition sur les réseaux sociaux. Les dizaines de courtes vidéos de ce média 100 % digital drainent des centaines de millions de vues. L’objectif ? Faire découvrir les courses au grand (et jeune) public.

Par Adrien Cugnasse

Ceux qui utilisent Facebook ou Twitter ont certainement déjà visionné certaines des vidéos publiées par World Horse Racing, ces dernières se propageant de manière virale dans la communauté hippique et au-delà. Les thèmes abordés sont multiples et variés. À titre d’exemple, voici les cinq dernières vidéos mises en ligne : « Malgré ses craintes, Victoria Smith, le jockey transgenre, est de retour en selle à Doncaster. » ; « Il ne reste que 50 jours d’ici à la Breeders’ Cup, quel cheval êtes-vous pressé de voir en piste ? » ; « Trêve est-elle le meilleur cheval de l’histoire des courses françaises ? » ; « Est-ce que les chevaux aiment les bananes ? » ; « $2.5M de dollars pour le frère de Nyquist à Keeneland »…

Faire émerger les courses sur les réseaux sociaux. Geoffrey Riddle est le directeur de World Horse Racing. Il nous a expliqué : « L’idée de départ est venue d’une réflexion d’Adam Waterworth (hippodrome de Goodwood) : les courses ont besoin d’attirer un nouveau public mais les médias généralistes ne s’y intéressent pas ou mal. En parallèle, les médias hippiques sont inaccessibles aux non initiés.

L’explosion des réseaux sociaux, qui permettent de toucher les gens directement, représente donc une opportunité. L’hippodrome d’Ascot, le Victoria Racing Club ainsi que l’équipe d’organisation de la Breeders' Cup ont rejoint le projet en mai 2018. C’est ainsi que World Horse Racing – un media hippique digital et international – a vu le jour. La principale équipe de production est basée à Londres. Mais nous avons des contributeurs partout dans le monde. Notre objectif est le suivant : trouver et mettre en image les meilleures histoires liées aux courses où qu’elles soient sur la planète. C’est à notre avis la meilleure manière de populariser le sport hippique et d’en (re)faire un sujet pour les médias généralistes. »

Déjà le leader international. « Avant d’œuvrer pour World Horse Racing, j’étais responsable de la présence digitale de Racing TV pendant six années. Lors de mon arrivée, 20.000 personnes suivaient cette chaîne de télévision sur les réseaux sociaux. À mon départ, ce chiffre était monté à 275.000,  ce qui faisait de Racing TV le média hippique le plus consulté sur les réseaux sociaux à l’échelle internationale. À présent, selon ce critère, c’est World Horse Racing qui a pris le leadership. Pourtant, en mai 2018, nous sommes partis de zéro. Nos vidéos cumulent en effet 160 millions de vues à cette date. Nous sommes présents sur Instagram, Twitter et Facebook. Et notre page Youtube va bientôt voir le jour. Pour l’instant, nous sommes financés par les quatre entités qui ont fondé le média. À terme, nous avons pour ambition de trouver d’autres financements. Nous pensons à la publicité, mais pas uniquement. World Horse Racing va par ailleurs explorer d’autres modes diffusion : le podcast, la diffusion de vidéo en live, le documentaire… nous avons beaucoup d’idées à tester. »

Un fonctionnement à part. « Il y a des titres bien établis pour les parieurs et les socioprofessionnels. Nous visons d’autres publics. Un media digital ne fonctionne pas comme les journaux, sites internet et autres chaînes de télévisions. Nous n’avons pas un rythme de publication défini. C’est l’émergence d’histoires aptes à toucher le public qui dicte la fréquence de production. Nous pouvons compter sur un portfolio globalisé avec des sujets venant des quatre coins de la planète. Nous suivons les meilleures épreuves et les meilleurs chevaux mais il faut avant tout que le contenu soit surprenant, engageant ou stimulant. Nous nous intéressons aux grands athlètes du sport hippique mais aussi à tous ceux qui les entourent : le personnel d’écurie, l’aspect social, la mode, la gastronomie, la fête… »

S’ouvrir aux non-anglophones. « Nous suivons Enable (Nathaniel) à la trace jusqu’au Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1) 2019. Il y a tant de belles histoires à faire connaître au grand public à son sujet. Notre équipe était en France pour le Grand Prix de Paris (Gr1). Nous aimerions que les autorités hippiques françaises se joignent aux entités internationales qui nous soutiennent déjà car nous avons pour ambition de globaliser encore notre audience et les sujets que nous traitons. Pour passer un cap, nous savons qu’il faut toucher les non-anglophones. Cela a commencé par le sous-titrage en japonais de certains contenus car les japanophones représentent 20 % de notre audience. Nous pensons à produire en français, espagnol et chinois. »