CONFÉRENCE INTERNATIONALE DES AUTORITÉS HIPPIQUES - Bien-être et perception des courses par le public : communication et action

International / 07.10.2019

CONFÉRENCE INTERNATIONALE DES AUTORITÉS HIPPIQUES - Bien-être et perception des courses par le public : communication et action

Lundi, au siège de France Galop, les représentants de nombreuses juridictions du monde hippique étaient rassemblés à l’occasion de la 53e Conférence internationale des autorités hippiques. Le thème principal de la journée était plus que jamais ancré au cœur de l’actualité, quelques jours après l’affaire Melbourne Cup/Taylor Swift : le bien-être et la perception des courses par le public.

Il est temps d’agir sur la communication. Sur la question du bien-être, la majorité des avis se rejoignent : les courses hippiques sont en avance dans beaucoup de domaines sur le sujet. La raison est simple, comme le dit Criquette Head : « Ce que nous donnons à un cheval, il va nous le donner en retour. » Un athlète ne peut pas être performant s’il n’est pas dans de bonnes dispositions, physiquement comme mentalement. Mais on connaît le grand problème des courses hippiques, principalement dans les grands pays historiques : la difficulté à communiquer de façon efficace sur ce qui est fait pour le bien-être du cheval, pour sa santé. Or, le monde a évolué bien plus vite que les courses dans leur façon de faire et les associations de protection des animaux les plus extrêmes n’ont pas loupé le wagon de la modernité. Par modernité, comprenez internet, les réseaux sociaux, une communication qui part à toute vitesse, quasiment incontrôlable, et une capacité à fonctionner sur l’affect. La réputation des courses hippiques est de plus en plus remise en cause, avec beaucoup de virulence alors que, sur le soin apporté aux animaux durant leur temps dans les courses, les courses sont probablement l’un des disciplines hippiques les plus irréprochables. La question est : qui doit communiquer ? Les entraîneurs ? Les professionnels en général ? Les médias ? Les autorités hippiques ? Peut-être un peu tout le monde.

Et il est encore possible de faire mieux niveau bien-être. Le cheval de course a toujours été considéré comme un athlète de haut niveau. Mais, par le passé, il était encore une commodité. Désormais, le cheval est considéré comme un compagnon. Les courses hippiques sont-elles compatibles avec un "animal compagnon " ? Par exemple, en 2019 à Londres, une association de protection des animaux avait placardé sur des bus des affiches expliquant que les jockeys frappaient les chevaux, en demandant : frapperiez-vous votre chien ? La place de la cravache, du symbole qu’elle représente, a été débattue lors de cette conférence. Faut-il l’interdire ou non ? Et l’interdire permettrait-il de réduire les tensions ? Pouvons-nous espérer des compromis avec les activistes les plus extrêmes ? Devons-nous nous préoccuper d’eux, les ignorer ? Il n’y a pas que la cravache… Il y a évidemment le cas de Santa Anita et des courses américaines, de l’usage de la médication souvent considérée aux États-Unis comme thérapeutique, mais pourtant source de nombreux accidents. Le cas de la retraite et de la reconversion des chevaux de course, un des enjeux majeurs sur le bien-être, a aussi été débattu.

Les courses sont à la croisée des chemins. Dans une vidéo, Tracey Crouch, membre du Parlement britannique et ancienne ministre des sports, a parfaitement résumé la situation : « Nous sommes à un moment clé pour le secteur. Il est temps de s’emparer de l’agenda sur le bien-être, sous peine de perdre toute une génération de fans des courses et de se retrouver avec un secteur susceptible de décliner. Beaucoup a été fait mais il y a encore beaucoup de travail à faire. » Surtout, comme cela sera dit lors de la conférence (et dans le passé), les courses hippiques n’ont ni temps à perdre ni droit à l’erreur : parce que si elles ne s’emparent pas elles-mêmes des changements à faire, de façon raisonnée et raisonnable, alors des changements lui seront imposés. Changements sur lesquels nous n’aurons pas notre mot à dire, qu’ils soient ou non raisonnés ou raisonnables.

Les débats ont été riches et animés, avec la mise en place d’un système de sondage (vive la technologie) permettant à toute l’assemblée de s’exprimer sur des questions données. Cela a donné plus que jamais vie à cette conférence qui a montré la motivation des responsables hippiques internationaux à réfléchir à l’image que renvoient les courses. Nous reviendrons plus en détails sur les différents thèmes abordés dans de prochaines éditions.