Élever pour courir ou pour vendre ?

Le Mot de la Fin / 18.10.2019

Élever pour courir ou pour vendre ?

(De notre envoyée spéciale à la Conférence internationale des autorités, Anne-Louise Echevin)

Incontestablement, les ventes créent des modes et influent sur la direction X ou Y prise par l’élevage en général. Cela ne remet pas en cause leur utilité : elles ont été et sont toujours un rendez-vous incontournable pour mettre en selle de nouveaux propriétaires.

John Gosden a son avis sur la question : « Je me souviens, quand j’étais aux États-Unis à la fin des années 1960 et que je me promenais dans les élevages. On élevait pour courir et je voyais ces belles poulinières, d’un modèle solide, saines. Mais, à partir des années 1980, on a assisté à un vrai développement des ventes, avec des prix de plus en plus élevés. Et on a commencé à élever pour les ventes. (…) Nous avons assisté à la naissance d’un nouveau pur-sang : lorsque vous élevez pour courir, vous essayez de trouver chaque petite faiblesse dans la race pour l’éliminer. Mais, parfois, vous avez une pouliche qui a eu des problèmes ou qui n’était pas assez bonne pour courir, et vous retrouvez ses produits aux ventes parce qu’elle appartient à la famille d’un tel ou d’un tel. Je crois que nous avons beaucoup plus de chevaux avec des faiblesses que nous n’en avions dans le passé. Et je crois qu’il n’est pas sain d’élever en pensant que le jour de la vente d’un yearling est d’une importance similaire à celle d’un jour de Derby ou d’Oaks dans sa carrière. Ce n’est pas sain pour l’industrie. »