L’ÉDITO - Tout s’explique… et tout peut s’améliorer !

Courses / 12.10.2019

L’ÉDITO - Tout s’explique… et tout peut s’améliorer !

Par Christopher Galmiche (signature avec photo)

« Ce dimanche à Auteuil aura lieu la grande réunion des préparatoires au week-end de l’obstacle (2 et 3 novembre). À l’instar de son pendant pour le plat, la réunion des Arc Trials, il y aura peu de partants dans les Groupes. C’est bien sûr l’occasion de se lamenter pour ceux qui voient l’herbe toujours plus verte ailleurs. Évidemment, le commerce est pointé du doigt, ce qui est logique lorsque l’on constate la présence massive des french breds parmi les sauteurs possédant de bons ratings outre-Manche. C’est une vérité, beaucoup de sauteurs français partent en Angleterre et en Irlande et, à un moindre niveau, en République tchèque et en Italie. Il faut faire tourner les boutiques et donc vendre. Mais ceux qui connaissent l’obstacle savent que, finalement, assez souvent, un cheval doit s’exporter car il se retrouve barré dans le programme français (par exemple en ce qui concerne les distances).

Cela étant dit, le commerce est loin d’être la première explication du nombre de partants ce dimanche, dans les Groupes. Sur les réseaux sociaux, certains se demandaient où sont passées les élites de l’obstacle. Si on suit un peu les courses, la réponse est simple. Elles préparent des championnats sur une période d’un mois et demi (!). C’est extrêmement court pour un sauteur, qui peut avoir besoin de trois semaines et demie, voire quatre, entre chaque course. À titre de comparaison, si vous préparez les championnats du printemps, vous avez quasiment trois mois. C’est court, mais cela laisse tout de même deux fois plus de temps. Le programme automnal d’Auteuil est donc compressé sur une période très (et sans doute trop) courte. C’est ainsi que des chevaux comme Figuero (Yeats) sautent le Prix Orcada (Gr3) pour aller directement sur le Prix Maurice Gillois (Gr1), certains ne sont pas encore prêts comme Docteur de Ballon (Doctor Dino), d’autres sont blessés comme Crystal Beach (Network), Roi Mage (Poliglote), On the Go (Kamsin) et Edward d’Argent (Martaline). Enfin, il y en a qui préfèrent passer par les voies dérivées pour ne pas laisser des plumes avant le jour J. C’est le cas de Bipolaire (Fragrant Mix) et d’Alex de Larredya (Crillon). Vous ajoutez tous ces chevaux (sauf Bipolaire, qui est en lice) dans les Groupes de dimanche et vous atteignez un nombre de partants plus qu’acceptable. Le fait que le programme soit compressé diminue le nombre de partants également puisqu’un même cheval se trouve face à plusieurs options dans un laps de temps réduit.

Alors que faire ? La critique est facile, l’art est difficile. Si cela était possible, avec les bonnes volontés du Galop et du Trot, l’idéal serait de décaler le week-end de l’obstacle à fin du mois de novembre ou au début du mois de décembre. Dans un passé proche, on courait à Auteuil le premier dimanche de décembre. Et l’obstacle a d’ailleurs cédé un dimanche de novembre à Vincennes. En plaçant les championnats plus tard, avec un Prix Georges Courtois qui serait inclus, tout comme le Prix Léon Olry-Roederer (Gr2) ou le Prix Morgex (Gr3), dans un circuit de préparatoires, on augmenterait peut-être le nombre de partants. De plus, on pourrait espérer attirer quelques sauteurs en provenance d’Angleterre et d’Irlande. Les Britanniques commencent réellement leur saison début novembre. Si on leur donne un mois pour se préparer à Auteuil, ils seront plus tentés de faire le déplacement. Enfin, en décalant le programme automnal, on éviterait aux sauteurs de démarrer l’entraînement sérieux durant l’été, de courir sur des pistes rapides début septembre et ainsi de risquer de se blesser… Plus de partants, c’est aussi plus de jeux sur les belles courses d’Auteuil. De fait, tout peut être amélioré, il suffit juste de s’en donner les moyens (pas forcément financiers)… »