LE TOUR DES HARAS - Jean-Paul Challet : « Le vrai problème, c’est le manque d’acheteurs français »

Élevage / 19.10.2019

LE TOUR DES HARAS - Jean-Paul Challet : « Le vrai problème, c’est le manque d’acheteurs français »

LE TOUR DES HARAS

HARAS DE PRÉCOLETTE

79510 Coulon

Jean-Paul Challet : « Le vrai problème, c’est le manque d’acheteurs français »

Comme chaque année, les journalistes de JDG ont soumis un questionnaire aux haras qui présenteront des yearlings en octobre à Arqana. Premier épisode : Jean-Paul Challet, du haras de Précolette.

Jour de Galop. - Comment se présente votre lot cette année ?

Jean-Paul Challet. - Mon lot se présente bien. Comme lors des années précédentes, il est homogène. J’ai quatre beaux poulains qui sont tous différents et qui ont été préparés pour devenir des chevaux de course. J’ai aussi une belle pouliche par Dariyan (Shamardal) qui sera présentée mardi par le haras de Grandcamp, avec qui je travaille depuis très longtemps. Il s’agit d’une sœur du multiple placé de Groupe Graignes (Zoffany), qui a prouvé sa compétitivité au plus haut niveau à plusieurs reprises et s’est notamment classé troisième du Critérium International (Gr1).

Comment jugez-vous le marché d’octobre 2019 ?

C’est difficile à dire. Actuellement, le marché des chevaux est à l’image de ce qui se passe dans la finance et l’immobilier ; cela fait longtemps que le chiffre d’affaires augmente, donc il faut être optimiste. Tout ce qui est très bien se vend assez cher, mais en dessous de 15.000 €, on a du mal à avoir des acheteurs. Nous sommes éleveurs et nous vendons nos chevaux, mais nous sommes stressés à l’idée qu’ils partent à l’étranger, car nous n’aurons pas droit aux primes. Le vrai problème aux ventes, c’est le manque d’acheteurs français. Je pense qu’il y aura de la demande, mais toutes les demandes se concentrent sur les étalons à la mode et ceux qui sont soutenus. C’est la façon dont le marketing fonctionne, mais pour les petits éleveurs, c’est très difficile. Le bon 2ans, on ne le détecte pas vraiment à l’avance.

Si vous aviez une baguette magique, en cette année électorale, que changeriez-vous dans le galop français ?

Le code électoral, mais ça sera pour la prochaine fois car c’est trop tard ! À peu de choses près, nous allons prendre les mêmes et recommencer. Tout le monde fait de belles promesses, mais il faut voir plus loin que le bout de son nez et faire confiance à ceux qui ont démontré leur compétence et leur constance en défendant l’intérêt général. Par exemple les PP, qui depuis 1990 s’inscrivent dans la continuité de la défense de notre modèle français. Les courses françaises font partie des meilleures au monde en termes d’allocations, et nos amis européens ne viennent pas courir chez nous par hasard ! Nous bénéficions d’un système de course magique. Il faut aussi réfléchir à la manière d’attirer de nouveaux propriétaires, car la société a énormément changé autour de nous et il est difficile d’emmener des gens aux courses. Certains candidats ou dirigeants de France Galop qui veulent fermer des hippodromes de province ne doivent pas oublier que la province contribue largement à créer de nouvelles vocations. Il faut penser aux petits propriétaires et éleveurs, mais aussi aux permis d’entraîner. J’ai été au comité de France Galop du temps de Jean-Luc Lagardère, où je représentais les éleveurs PP, donc je sais de quoi je parle. Il nous faut un vrai patron au niveau du galop !

Les yearlings d’octobre

Lot Sexe Origines

380 M Prince Gibraltar & Zanatiya

381 F Dariyan & Zina Blue

452 M Morandi & Karaka

583 M Lucayan & La Latina