Télécharger la dernière édition
French Purebred Arabian

French Purebred Arabian

Ils ont su saisir les opportunités de la vente de pur-sang arabes de Saint-Cloud

04.10.2019

Ils ont su saisir les opportunités de la vente de pur-sang arabes de Saint-Cloud

Arqana et l’Afac organisent la seule vente européenne de pur-sang arabes. Cette vacation s’adresse à la clientèle des pays arabes bien sûr, mais aussi aux acheteurs européens, dont certains ont pris la mesure du potentiel de ce marché. L’Afac, présidée par Axelle Nègre de Watrigant, œuvre d’ailleurs activement à l’accueil de propriétaires français dans la filière des pur-sang arabes.

On mesure la qualité d’une vente aux succès des chevaux qui en sont issus. Rachetée 35.000 € sur le ring de Saint-Cloud, Al Shamoos (No Risk Al Maury) a, depuis, remporté deux Grs1 PA et 996.000 € de gains. Vu son pedigree, sa valeur sur le marché en tant que poulinière est considérable. L’année dernière, Amyr du Soleil (Amer) a fait monter les enchères jusqu’à 145.000 €. Après une deuxième place en débutant, il a été vendu à l’amiable à Son Altesse le cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani. Lauréat de deux Groupes en trois sorties, ce 3ans est le favori du Qatar Arabian Trophy des Poulains (Gr1 PA), vendredi à Saint-Cloud. Très bien né, il présente un véritable papier d’étalon.

Une bonne diversification pour José Delmotte. Le haras d'Haspel est actuellement en pleine forme. Ce mardi à Compiègne, The Stomp (Layman) a réussi l’exploit de remporter sa 21e course sur les obstacles, le Prix de la Gascogne (Gr3). Au total il a remporté trois Groupes et cinq Listeds ! Samedi à Santa Anita, Elysea's World (Champs Élysées), déjà lauréate de quatre Groupes, s'est classée troisième des Rodeo Drive Stakes (Gr1). L’année dernière sur le ring de Saint-Cloud, José Delmotte s’était offert L'Eau Enchantée (Majd Al Arab). C’est MAB Agency qui avait signé le bon à 26.000 € pour cette sœur de deux gagnants de Groupe dont Khataab (Amer), lauréat de la Doha Cup Prix Manganate (Gr1 PA) à Deauville. José Delmotte nous a confié : « Je trouve intéressant d’être très présent sur tous les marchés : le plat, l’obstacle, les pur-sang arabes. Et en dehors du fait qu’il faut attendre un an de plus, l’élevage des pur-sang arabes n’est pas très différent de celui des autres galopeurs. Lors de l’édition 2018 de la vente de pur-sang arabes de Saint-Cloud, il y avait de véritables opportunités à saisir. J’étais en compagnie de François Rohaut, un entraîneur qui connaît bien cette race. Il m’avait alors expliqué que cette pouliche avait le pedigree pour faire une future poulinière. Elle est actuellement à l’entraînement, elle est magnifique et son entraîneur est très content d’elle ! Sa famille ne fait pas de chevaux précoces, nous avons décidé de lui donner du temps. »

Une bonne carte de visite pour lancer un haras. Jean-Pierre Deroubaix est actif sur tous les segments du marché des galopeurs. L’homme de French Bloodstock Agency nous a expliqué : « C’est une question d’ouverture d’esprit : je pense que chaque propriétaire gagnerait à avoir au moins deux races de galopeurs sous ses couleurs. En outre, avoir des pur-sang arabes, c’est l’occasion de rencontrer beaucoup de monde dans les pays arabes, notamment des personnes de haut vol. C’est une bonne carte de visite pour une personne qui veut lancer un haras avec plusieurs races. La demande pour les chevaux à l’amiable est constante, mais l’offre est réduite. Je pense qu’un éleveur qui achète deux ou trois bonnes juments peut tirer son épingle du jeu et gagner de l’argent. Par exemple, dans le cas de Berend van Dalfsen, tout est parti d’une simple discussion avec Jean-Marc Lucas. Ils ont acquis des juments arabes par mon intermédiaire, dont une en association. Je pense d’ailleurs qu’il est utile de s’associer pour accéder à des juments de qualité. »

La réussite protéiforme de Berend van Dalfsen au haras du Berlais. Le 2 février, l'hippodrome de Pau accueillait les deux premières courses de l'année pour les pur-sang arabes et Aksinya (Général) s’imposait à cette occasion sous les couleurs de son éleveur, Berend van Dalfsen. Deuxième du Shadwell - Critérium des Pouliches (Gr2 PA) sous l’entraînement de Damien de Watrigant, Aksinya a ensuite été vendue au cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani. Berend van Dalfsen a ses poulinières en pension au haras du Berlais et il est l’éleveur de nombreux chevaux de haut niveau comme Danceteria (Grosser Dallmayr Bayerisches Zuchtrennen, Gr1) cette année. En 2018, Jean-Marc Lucas, qui dirige le Berlais, nous expliquait : « Une des choses formidables avec les pur-sang arabes, c'est qu'ils correspondent à une réalité mondiale. Ils ont des courses un peu partout à travers le monde. Cela a poussé Berend van Dalfsen à se lancer dans l'aventure en investissant dans des juments arabes, tout en ayant plusieurs chevaux à l'entraînement. C'est une personne qui n'a pas d'œillères et qui aime courir à l'étranger. Il a connu une belle réussite avec les pur-sang anglais élevés au haras du Berlais. Je pense notamment à Turtle Bowl (Prix Jean Prat, Gr1), Bannaby (Prix du Cadran, Gr1), Irish Wells (Grand Prix de Deauville, Gr2, deux fois), Finsbury Square (Prix de Meautry et Prix de Saint-Georges, Grs3), Age of Aquarius (Derby Trial, Gr3), Bal de la Rose (Prix André Baboin, Gr2)… Sans que cela soit intentionnel, chez les pur-sang arabes, ses deux meilleurs élèves ont brillé en Russie ! Avonmouth (Cambrydge) a gagné sept Groupes dans ce pays, dont plusieurs Grs1 PA. De même, Mascate (Munjiz), dont je suis le coéleveur, s'est imposé dans la Great Moscow Cup (Gr1 PA). » Jean-Marc et Cécile Lucas, dont les sauteurs sont bien connus sous l’affixe "du Berlais", élèvent aussi des pur-sang arabes pour leur propre compte et pour des clients internationaux (les écuries royales d'Oman, Valentin Bukhtoyarov, Al Shaqab Racing…)

À la recherche de bonnes femelles. Gérard Larrieu est un courtier reconnu sur le marché du pur-sang anglais. Mais l’homme de Chantilly Bloodstock est aussi très actif chez les pur-sang arabes et il nous a expliqué : « C’est une filière qui fonctionne un peu comme celle des sauteurs : les meilleures saillies restent accessibles et le marché des chevaux à l’entraînement est très fort. Chez les pur-sang anglais, en plat, vous pouvez acheter des très bonnes juments à condition de mettre les moyens. Mais il n’est pas évident ou très onéreux d’avoir accès à Shamardal (Storm Cat), Dubawi (Dubai Millennium) ou Galileo (Sadler’s Wells). Alors que pour les pur-sang arabes, les bonnes saillies sont proposées dans la même gamme de prix que sur le marché de l’obstacle. En prenant le temps de chercher, il est possible de dénicher des bonnes femelles, même si ce n’est pas évident de trouver de la qualité car les propriétaires des pays arabes sont très actifs. Une fois à l’entraînement, les chevaux capables de gagner sont rapidement vendus. Pour en avoir le cœur net, il suffit de regarder sur France Galop dans la colonne des propriétaires : chez les 3ans, on en trouve qui appartiennent à leurs éleveurs, mais dès l’année suivante, tout ceux qui étaient à vendre ont changé de casaque. Dans le cas d’une jument comme Lady Princess (General), lors de ses débuts, j’avais fait une offre dès le passage du poteau, et avant d’arriver aux balances, elle était pratiquement vendue.  »

Une cinquième course millionnaire pour les pur-sang arabes

Dans la nuit de lundi à mardi, l’équipe de l'organisation de la Saudi Cup a annoncé la création de deux courses supplémentaires, dont une épreuve pour pur-sang arabes. Dans le communiqué on peut lire : « L’hippodrome King Abdulaziz de Riyadh accueillera, le 29 février 2020, deux courses supplémentaires dont une épreuve internationale pour chevaux arabes sur 2.000m en dirt. Elle sera dotée de 1,9 million de dollars et sera réservée aux chevaux de 4ans et plus. » Le programme international des courses de pur-sang arabes offre plusieurs échéances richement dotées. À ParisLongchamp, le jour du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1), la Qatar Arabian World Cup (Gr1 PA) a une dotation d’un million d’euros. Organisée en février à Doha, H.H The Amir Sword (Gr1 PA) propose un million de dollars. Lors de la nuit de la Dubai World Cup (Gr1 PA), la Dubai Kahayla Classic (Gr1 PA) est aussi riche d’un million de dollars. En novembre à Abu Dhabi, la Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan Jewel Crown (Gr1 PA) est dotée de l’équivalent de 1,25 million d’euros.