QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE J-3 - Il faudra un orfèvre pour un miracle

Courses / 02.10.2019

QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE J-3 - Il faudra un orfèvre pour un miracle

Dimanche à ParisLongchamp, Kiseki sera l’un des trois concurrents japonais au départ du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. Et il sera le moins en vue des trois : logique car il n’a pas convaincu dans le Qatar Prix Foy ! Kiseki reste capable de grandes performances et il faudra tout le talent de Christophe Soumillon pour en tirer la quintessence.

Par Anne-Louise Échevin

Prêt pour dimanche… Avec la pluie comme alliée, peut-être… Comme prévu, Kiseki (Rulership) a fait un simple canter sur les Réservoirs ce mercredi matin, sur une piste bien plus assouplie par rapport à son dernier travail sérieux, vendredi dernier. Kiseki n’a pas été convaincant lors de sa rentrée dans le Qatar Prix Foy (Gr2), terminant modeste troisième (sur quatre). À chaud, Christophe Soumillon estimait qu’une piste plus souple pourrait l’aider, le cheval déroulant dans un parcours mais n’ayant pas de pointe de vitesse. Et côté pluie, nous avons été servis ces derniers jours ! Christophe Soumillon a analysé : « Ce matin, nous avons fait un canter sur les Réservoirs, 1.300m en progression. Il s’agissait juste de garder le cheval dans le rythme. Je pense que sa rentrée à ParisLongchamp, dans le Prix Foy (Gr2), lui a permis de s’affûter. Il a fait un bon travail la semaine dernière et n’avait pas besoin de travailler trop fort ce matin. Il avait très bonne action. Mais ce ne sera pas la même piste dimanche. Ils annoncent encore un peu de pluie. Il a été décevant dans le Prix Foy. On s’attendait à ce qu’il tienne un peu tête à Waldgeist (Galileo), ce qui n’a pas été le cas. Si l’on veut que quelque chose s’améliore, ce sera peut-être avec un terrain plus souple. Si les pluies viennent, je pense qu’elles seront les bienvenues mais s’il court mal malgré les pluies… C’est la vie des courses ! Il n’a pas l’habitude au Japon de courir dans un terrain très souple comme en France, mais il a belle action, il est très souple, il va peut-être pouvoir s’en sortir. »

Sumii par Soumi

Christophe Soumillon connaît bien Katsuhiko Sumii. Voici comment il le définit : « Katsuhiko Sumii est le meilleur entraîneur actuel du Japon, qui a tout gagné à l’étranger. Il amène des chevaux magnifiques aux courses et a la chance de recevoir les meilleures origines. Il a des résultats incroyables. Il manque juste à son palmarès une course comme l’Arc de Triomphe. »

Encore tout à prouver. Sur ce qu’il a montré dans le Qatar Prix Foy, Kiseki sera un outsider dans l’Arc et Christophe Soumillon le sait bien. Depuis le début de sa carrière, Kiseki réalise une grande performance par an, que ce soit en remportant le St Leger (Gr1) à 3ans ou en concluant deuxième de la Japan Cup (Gr1) l’an dernier. Kiseki veut dire "miracle" et il faudra que le miracle se produise ce dimanche. Christophe Soumillon est réaliste : « Kiseki n’est pas le meilleur cheval du Japon : ce n’est pas Deep Impact (Sunday Silence) ou Orfèvre (Stay Gold), qui avaient tout gagné chez eux. Il a gagné un classique mais il a aussi été régulièrement battu. On s’est dit que, avec sa superbe action et son bon mental, cela allait peut-être coller pour ParisLongchamp. On sait qu’il est capable de faire des belles choses, qu’il a de la tenue. Il faudra espérer du rythme : plus ça va aller vite, plus ça va l’avantager. Comme je l’ai dit plusieurs fois, il faut avoir le meilleur cheval pour gagner l’Arc de Triomphe. Je pense qu’on ne peut pas espérer gagner cette course avec un cheval moyen, il faut venir avec un phénomène. C’est pour cela qu’Enable reste la favorite cette année : elle est la meilleure jument au monde. »

Mais il y a une objection à cette théorie que Christophe Soumillon connaît bien : « Qui aurait cru que Solemia pourrait battre Orfèvre ? J’étais certain de pouvoir offrir la première victoire japonaise dans l’Arc avec Orfèvre et, pour une raison que je ne m’explique toujours pas, j’ai été battu par Solemia. Il faut en tout cas un champion pour l’Arc. Kiseki en est-il vraiment un ? Nous le saurons dimanche. Je pense avoir monté de meilleurs chevaux au Japon, comme Buena Vista ou Orfèvre, qui avait le niveau pour gagner l’Arc. Je connais peu Kiseki : il fait de bons boulots le matin, il est très agréable et j’espère qu’il va se transformer dimanche. »

Le plan, c’est l’instinct

Ne demandez pas à Christophe Soumillon s’il a un plan pour ce dimanche. Le plan, c’est qu’il n’y a pas de plan… Mais il y a l’instinct : « Ce n’est pas maintenant que je vais me mettre un plan en tête. Nous n’avons pas de numéro de corde et, de toute façon, je monte plutôt à l’instinct. Aujourd’hui, je n’ai pas de plan et, de toute façon, il est très difficile de suivre un plan avec un cheval ! Ce qu’il faut, c’est le monter pour lui. »

Soumi de nouveau avec le Japon… et au Japon ! Christophe Soumillon a conclu deux fois deuxième de l’Arc pour le Japon, avec Orfèvre… La première de ces deuxièmes places avait été particulièrement douloureuse : gagnant à 200m, perdant sur le poteau. En 2019, c’est le retour de l’alliance entre le jockey belge et les chevaux japonais. Avec Kiseki, bien sûr, mais aussi avec le retour du jockey au Pays du Soleil Levant pour la fin de l’année 2019, avec une licence temporaire. Christophe Soumillon avait davantage couru après les Cravaches d’or ces dernières années et, pour cela, il fallait la quantité. En 2019, le jockey fait un autre choix pour l’hiver avec ce retour au Japon à la recherche de la qualité, en pensant peut-être à la France et à l’Arc : « Je suis très fier d’être associé à un cheval japonais dans l’Arc. J’aimerais beaucoup offrir une première victoire au Japon dans l’épreuve. J’ai cru y parvenir… Je suis persuadé qu'un jour, le Japon gagnera l’Arc. Est-ce que ce sera cette année ? Je n’en sais rien. En tout cas, je retourne au Japon cet hiver. L’un de mes objectifs sera d’y trouver un cheval type capable de gagner l’Arc. »

Ce cheval s’appelle peut-être Saturnalia (Lord Kanaloa)… Il est entraîné par Katsuhiko Sumii, est le meilleur 3ans japonais en 2019, de la graine de champion, et il est le petit frère d’Epiphaneia (Symboli Kris S), avec lequel Christophe Soumillon a remporté sa première Japan Cup (Gr1). Une course que devrait viser Saturnalia, avec de vraies ambitions. Même s’il faudra certainement battre Almond Eye (Lord Kanaloa) et Christophe Lemaire.