QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE - JOUR J - Charlie Appleby, l’homme des premières

Courses / 05.10.2019

QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE - JOUR J - Charlie Appleby, l’homme des premières

Nous avons tellement l’habitude de voir le nom de Charlie Appleby sur les programmes en France (et à l’international) qu’il est presque surprenant de se dire qu’il aura, ce dimanche, son premier partant dans le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1). Et pas n’importe lequel : le spectaculaire Ghaiyyath (Dubawi) pourrait bien faire le show… Et peut-être voler la vedette à ses adversaires.

Par Anne-Louise Échevin

L’Arc, comme le Derby ? Un premier partant dans l’Arc… Non, la chance ne peut pas être insolente au point de faire de ce premier partant un gagnant. Mais Charlie Appleby, devenu entraîneur des Boys in Blue en juillet 2013, ne croit guère à la chance. Rappelons ses propos lorsque Barney Roy (Excelebration), enfermé, a trouvé le passage juste à temps dans le Prix de Montretout (L) : « Ce n’est pas une question de chance, il n’y a pas de chance. » Il y a peut-être un peu de chance tout de même : celle de voir arriver dans ses boxes un cheval de haut niveau. Mais une chance qui vient avec le travail, on vous l’accorde.

Remporter l’Arc avec son premier partant, ce serait presque insolent… André Fabre a vu quatre ans passer entre son premier partant et son premier succès. Aidan O’Brien, huit ans. John Gosden ? Vingt-trois ans (mais il y a grandement pris goût depuis !). Ce serait un drôle d’exploit que réaliserait Charlie Appleby s’il venait à frapper d’emblée avec Ghaiyyath. Mais pourquoi pas ! Nous parlons de l’homme qui a remporté le Derby d’Epsom (Gr1) dès son coup d’essai dans l’épreuve. C’était en 2018, avec Masar (New Approach). « Je serais partant pour un résultat similaire ce dimanche », nous dit en riant l’entraîneur, avant d’ajouter plus sérieusement : « C’est très enthousiasmant d’avoir un partant dans le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. Mais c’est surtout génial de présenter un cheval qui a, a priori, une belle chance à défendre ! J’espère vraiment qu’il sera compétitif. Tous les feux sont au vert, sa préparation s’est bien passée et il a bien récupéré de sa course en Allemagne. »

Pas simple à situer. La victoire de Ghaiyyath dans le Grosser Preis von Baden (Gr1) aura laissé les observateurs sans voix et un peu perdus, même les bookmakers. Oui, le lot n’était pas exceptionnel mais un cheval capable de gagner par quatorze longueurs un Gr1, en mode machine de guerre, a le droit d’être un excellent cheval : la ligne doit-elle prendre le pas sur le style ou vice versa ? Charlie Appleby a son idée : « Je sais qu’il y a une interrogation sur sa récente performance en Allemagne car le lot n’était probablement pas exceptionnel. Mais il y a les quatorze longueurs à l’arrivée et l’impression visuelle a été confirmée par un bon chronomètre. »

Ce 4ans qui a 3ans. Nous avons revu à Baden-Baden le Ghaiyyath du Prix d’Harcourt (Gr2), qui nous avait ensuite déçus dans le Prix Ganay (Gr1). Charlie Appleby nous a dit : « Le Prix Ganay est arrivé trop vite pour Ghaiyyath. Il venait de gagner très facilement le Prix d’Harcourt mais c’est un cheval très généreux et, même si la victoire est facile, il donne tout. Lorsque le Ganay est arrivé, il n’était pas le même. » Entre l’Harcourt et le Ganay, trois semaines. Entre Baden-Baden et l’Arc, quatre semaines. La différence n’est pas grande mais, pour Charlie Appleby, ce n’est pas la même chose : « Il faut prendre en compte que Ghaiyyath est un 4ans qui n’a couru que sept fois dans sa carrière. Au final, il a l’expérience d’un 3ans. Il prend de la maturité au fur et à mesure de ses courses et gère ses sorties de mieux en mieux. C’est un fils de Dubawi et on sait qu’ils progressent avec l’âge, que ce soit de 3ans à 4ans ou même de 4ans à 5ans. » Est-ce un signe que Ghaiyyath pourrait rester à l’entraînement l’an prochain ? « Je ne sais pas, je l’espère ! »

Pas de problème avec la pluie. À ParisLongchamp, Ghaiyyath va trouver un terrain très souple, ce qui sera certainement un atout pour ce cheval avec une magnifique action, qui déroule dans un parcours et n’a pas forcément une pointe de vitesse. Les meilleures performances de Ghaiyyath ont été acquises en mode rouleau compresseur et on s’attend à le voir faire le show ce dimanche ! Charlie Appleby nous a dit : « L’arrivée de la pluie ne va certainement pas le déranger : il est capable d’aller en bon terrain comme en terrain souple. Il ne faut juste pas que le terrain soit trop rapide je pense. Vous l’avez vu aller en tête en Allemagne comme à ParisLongchamp cette année mais il n’a pas nécessairement besoin d’animer. Ce qui est important, avec Ghaiyyath, est de l’avoir bien dans son rythme. Par exemple, en Allemagne, William Buick a d’abord tenté de le canaliser, mais le cheval n’était pas à son aise, donc il l’a laissé avancer. Dans ce Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, il y a d’autres chevaux qui aiment aller de l’avant et nous serions ravis de les suivre, dès lors que Ghaiyyath serait bien dans son rythme. »

Dans les chevaux capables d’aller de l’avant, on pense notamment au japonais Kiseki (Rulership), mais son entraîneur, Katsuhiki Sumii, a bien dit qu’il préfèrerait que son cheval patiente dans le sillage d’un adversaire… Et il compte notamment sur Ghaiyyath ! « Ah (rires) ! Nous n’aurons aucun problème à mener s’il le faut ! », rassure Charlie Appleby. Spectacle assuré…