Quel bilan pour l’élevage français en 2019 ?

Courses / 27.10.2019

Quel bilan pour l’élevage français en 2019 ?

A cette date, avec 46 victoires de Groupe, les entraîneurs français ont fait un peu mieux qu’en 2018 (39 victoires) et qu’en 2017 (43 victoires). Alors que la saison des Groupes en plat touche à sa fin, quel est le bilan (provisoire) de l’élevage tricolore ?

Ce dimanche, ParisLongchamp accueillait les deux derniers Grs1 de la saison française en plat, avec le Critérium International et le Prix Royal Oak (Grs1), lesquels ont été remportés par deux concurrents étrangers. D’ici à la fin de l’année, il reste trois Groupes à courir en plat : le Prix Miesque (Gr3, 29/10), le Prix de Seine-et-Oise (Gr3, 29/10) et le Prix Fille de l’Air (Gr3, 29/10).

Une année en demi-teinte dans les Groupes. Qui est français et qui ne l’est pas ? Il n’est jamais simple de répondre à cette question, mais les "FR" ou assimilés le sont assurément. À cette date, en 2019, ils ont remporté 52 Groupes en France, dont sept Grs1 : Persian King** (Poule d'Essai des Poulains, Gr1), Siyarafina** (Prix Saint Alary, Gr1), Sottsass (Prix du Jockey Club, Gr1), Laurens (Prix Rothschild, Gr1), Holdthasigreen (Prix du Cadran, Gr1), Villa Marina (Prix de l’Opéra, Gr1) et Mkfancy (Critérium de Saint-Cloud, Gr1). À ce stade de la saison, c’est beaucoup moins bien qu’en 2018 dans les Grs1 (12 victoires contre sept), mais mieux dans les Groupes en général (47 succès contre 52). En 2017, le score était de 47 Groupes et cinq Grs1. Mais l’élevage français est loin de son taux de réussite à domicile de 2016 (16 Grs1, 65 Groupes) et de 2015 (14, Grs1, 56 Groupes). Après deux années avec trois victoires de Groupe chez les 2ans, les éleveurs français en ont décroché cinq en 2019, grâce à Kenway (Goken), Écrivain (Lope de Vega), Devil (Siyouni), Hopeful (Motivator) et Mkfancy (Makfi).

La progression des étalons français. Cette année, 27 Groupes ont été remportés par des produits d’étalons stationnés en France au moment de la saillie ayant engendré le lauréat. Il s’agit d’Authorized (une victoire), Doctor Dino (une victoire), French Fifteen (une victoire), Goken (une victoire), Hold that Tiger (deux victoires), Kendargent (trois victoires), King's Best (une victoire), Le Havre (quatre victoires), Makfi (une victoire), Motivator (une victoire), Olympic Glory (une victoire), Penny's Picnic (une victoire) Redoute's Choice (une victoire), Siyouni (six victoires) et Style Vendôme (une victoire). Avec 27 Groupes, le parc étalon français fait mieux qu’en 2018 (22 succès) et 2015 (23 succès).

Et les ventes ? Le volume total du marché des yearlings français est en progression. Comme l’a souligné l’agence Arqana cette semaine, sur le cumul de la vente d’août, de la v.2 et de la vente d’octobre, le chiffre d’affaires des yearlings est passé de 58,5 millions à 64,1 millions, soit une progression de 9 % entre 2018 et 2019. Cette progression globale du marché a notamment été portée par la vente d’août, laquelle passe de 38,1 à 43,8 millions, et dans une moindre mesure par la v.2, dont le volume a progressé de 3,5 à 4,17 millions. De son côté, la vente d’Osarus en septembre, à La Teste, a perdu 400.000 €. Et la vacation d’octobre à Deauville est elle aussi en décroissance, de 18,5 à 17,7 millions. La question que tout le monde se pose est la suivante : la situation économique des éleveurs français est-elle en train de se détériorer ou de s’améliorer ? Il est quasiment impossible d’y répondre car il faudrait être capable de connaître le cout de production des yearlings, en tenant compte des foal shares, des saillies à tarifs négociés, du prix d’achat des juments… Néanmoins, on peut faire une estimation, forcément très imprécise. Les agences de vente ne cessent de mettre en avant la sélectivité du marché, une tendance qui se vérifie partout en Europe. Si les yearlings de grande qualité valent de plus en plus cher, les autres catégories sont en difficulté. Cette année à la vente d’octobre, les yearlings ont en moyenne été vendus pour environ 20.000 € de plus que leur prix de saillie. Et au total, 140 lots ont été vendus une somme correspond au prix de saillie plus 20.000 €. En outre, 112 ont changé de main pour un prix inférieur ou égal à leur prix de saillie. En octobre 2015, la différence moyenne entre prix de vente et tarif de saillie était d’environ 23.500 €. Il y a cinq ans, 50 lots n’avaient pas atteint le prix de saillie. Et 175 avaient été vendus 20.000 € au-dessus du tarif de monte.

Des naissances en augmentation. Alors que le marché devient de plus en plus exigeant, le jockey club américain a annoncé cette semaine que le nombre de juments saillies aux États-Unis a baissé de 3,5 % en 2019. Il faut encore attendre un peu pour avoir l’équivalent français de ces chiffres. Mais il y a quelques semaines, l’IFCE a publié une note et on peut y lire : « La production de chevaux de course au galop a connu une hausse de 2014 à 2018 et particulièrement en 2015 et 2016, aussi bien en race pur-sang qu’en AQPS. Cette tendance se poursuit début 2019 avec une légère augmentation à mi-août (+ 1 %). L’AQPS est stable (- 0 %, soit - 2 naissances) et le pur-sang progresse légèrement (+ 1 %, soit + 33 naissances). » Outre-Manche, les statistiques officielles attestent du fait que le nombre de petits éleveurs a fortement décru en l’espace d’une décennie.