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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Une énigme nommée Equistratis

Institution / Ventes / 09.10.2019

Une énigme nommée Equistratis

TRIBUNE LIBRE

Par Gérard Samama, propriétaire-éleveur, administrateur de l’Association PP

« La semaine dernière, j’ai pu entendre une partie de la conférence de présentation du programme d’Equistratis, très présent dans la campagne des élections au Trot et associé, moyennant finances, avec le Syndicat des propriétaires de Serge Tardy au galop. Je me demande d’ailleurs ce que pensent les adhérents du syndicat de l’utilisation de leur cotisation…

Ayant milité dans de nombreuses associations, en tant que membre élu au comité du Syndicat des éleveurs et aujourd’hui en tant que propriétaire au comité de l’Association PP, que j’ai longtemps représentée à France Galop, je dois confier ma stupéfaction devant le discours de cette entité.

Dans un monde qui repose largement sur l’engagement de centaines de bénévoles, le micro a été tenu pour l’essentiel par Jacques Carles, consultant rémunéré à qui on ne demandait rien, mais qui nous a donné des leçons de gestion, de réduction des charges et de management. Mais M. Carles n’est, à ma connaissance, ni investi personnellement dans le monde du cheval de course, ni, par conséquent, candidat à l’élection. Pourtant, une partie importante du discours de Jacques Carles est de souligner que la crédibilité des futurs dirigeants des courses doit s’appuyer sur l’implication personnelle et l’élection. Cherchez l’erreur !

M. Carles vante ensuite l’immense qualité de ses réseaux dans les cabinets ministériels, qu’il fréquente avec assiduité, pour souligner l’incurie du système actuel et souligner les mérites de son modèle. Si tant est que tous ces rendez-vous soient réels, quelle belle marque de respect pour notre institution que de courir les antichambres des ministères pour répandre son fiel sur les dirigeants actuels, représentants statutaires des courses. Si M. Carles est un jour nommé (puisqu’il ne cherche pas à être élu) à un poste à responsabilité (rémunéré) dans les courses, il ira courir les ministères. Tant que cela n’est pas le cas, pourquoi prétend-il nous représenter en haut lieu ?

Mais le propos le plus stupéfiant de son intervention aura consisté à affirmer que le conseiller du Premier ministre avait apporté un soutien appuyé à son diagnostic et à son programme et que si les élections du Trot et du Galop ne lui apportaient pas un poids suffisant pour pouvoir l’appliquer, c’est l’État qui l’imposerait. Alors à quoi bon faire des élections si Édouard Philippe en personne propose d’adhérer à Equistratis puis de prendre la tête du Trot et du Galop rassemblés ?

Personnellement, je préfère imaginer notre institution entre les mains de gens passionnés, qui payent des pensions chez les entraîneurs et dans les haras et qui ne se cachent pas derrière des cabinets de consultants aux honoraires souvent incompatibles avec nos objectifs d’économies. Je me demande encore comment le Syndicat des propriétaires de galop peut imaginer un tel avenir pour le Galop. Les listes PP n’ont pas les mêmes moyens que beaucoup d’autres pour faire une campagne médiatique tapageuse mais c’est peut-être aussi pour ça que ses candidats gardent les pieds sur terre. »