À la découverte de Cheltenham !

International / 30.11.2019

À la découverte de Cheltenham !

À la découverte de Cheltenham !

Jeune apprenti au service d’Emmanuel Clayeux, Étienne Capdet a découvert il y a quelques jours la magie de Cheltenham ! Il nous raconte.

Le départ et le voyage pour Cheltenham. « Lorsque la nouvelle de mon départ pour l’Angleterre m’a été annoncée par Monsieur Clayeux un grand enthousiasme m’a envahi à l’idée de découvrir une nouvelle culture hippique. Trois de ses représentants ont été engagés à Cheltenham et ma mission était de les accompagner tout au long de leur déplacement, en compagnie d’une collègue nommée Pauline Baranski. Celle-ci est responsable de l’organisation et des soins au sein de l’écurie. Ses expériences passées dans le concours hippique font d’elle une très grande professionnelle. Nous sommes partis le 14 novembre en fin de matinée depuis Vaumas. Nous avons passé la nuit à Chantilly avant de prendre le départ pour Cheltenham avec la STH. Arrivée sur l’hippodrome : débarquement sécurisé grâce à un pont, et port du chifney obligatoire ! »

Cheltenham, un émerveillement. « Une fois les chevaux soignés et nourris, je prends le temps de découvrir les lieux. Toutes les installations, et les outils de travail sont étudiés pour le confort et la sécurité du cheval et du personnel. Je prends conscience que ce lieu est historique pour le monde des courses, le nom de chaque champion est inscrit sur les portes des boxes qu’ils ont occupés par le passé. Différentes photographies de jockeys et de chevaux ornent toutes les pièces. Deux semaines plus tôt, j’allais pour la première fois sur l’hippodrome d’Auteuil, le temple de l’obstacle en France où, en tant que passionné, je m’étais trouvé très admiratif devant le potentiel de ces installations. Mais je n’aurais jamais pu imaginer que Cheltenham était aussi grand ! Des pistes à perte de vue, des tribunes gigantesques, un rond de présentation magnifique et très bien étudié pour l’avant et l’après-course et tant d’autres bâtiments représentant une petite ville dans l’hippodrome. »

La première journée à Cheltenham. « La réunion du 16 novembre est reportée, car l’état du terrain ne permet pas aux chevaux de courir dans de bonnes conditions suite aux intempéries de la semaine. Nos deux partants de ce jour ne vont donc courir que dimanche. Nous nous sommes donc occupés de nos protégés le matin, ils ont pu être montés sur la piste en ligne droite prévue pour les canters d’essais les jours de courses.

Le samedi, la première réunion de course du week-end a eu lieu, nous avons effectué le travail à l’écurie de bonne heure, car l’un de nos chevaux [Thatsmyseat, ndlr] était déclaré partant à 12 h 30. Aux alentours de huit heures du matin, j’étais encore à cheval avec le jockey maison, Félix de Giles. Il m’a prévenu de faire attention car nous risquions de croiser beaucoup de spectateurs en allant sur les pistes. Vingt mille personnes étaient attendues sur l’hippodrome pour cette première réunion !

Il est temps de préparer notre jument pour la course et nous devons être présents dans un pré-rond trente minutes avant le départ. Les chevaux y sont présentés au vétérinaire puis au public avant d’être sellés. La tension monte. Elle est palpable pour tout l’entourage. Monsieur Clayeux est présent avec le propriétaire pour seller la jument. Une marée noire de spectateurs, de journalistes et de photographes arrive à ce moment autour du pré-rond. Nous arrivons au rond de présentation. Je me retrouve devant une ambiance incroyable, festive, que je n’avais jamais connue dans nos hippodromes français. Quand le speaker annonce le départ, l’ovation du public est extraordinaire. La course se déroule bien pour notre jument comme pour tous les concurrents. Nous sommes cinquièmes. »

Le jumelé historique du Glenfarclas Cross Country Handicap Chase. « Le dimanche, une plus grosse journée nous attend, car nos deux autres pensionnaires [Diesel d’Allier et Urgent de Grégaine, ndlr] disputent la même course, un steeple-chase cross-country. Le départ est donné vers 14 h 30, 6.000m et une vingtaine d’obstacles les attendent. Leurs deux jockeys, Charlie Deutsch et Félix de Giles, ont eu pour ordre de monter patiemment à l’arrière-garde. Diesel d’Allier s’impose devant Urgent de Grégaine. Ces deux chevaux sont rentrés alors dans l’Histoire comme étant le premier jumelé gagnant français sur les terres anglaises. Grâce à eux, l’écurie a vécu des moments incroyables. L’appréhension, le stress, puis une joie indescriptible ! Nous devons remercier Monsieur Clayeux et ses trois représentants qui ont été formidables tout au long du séjour. »

L’Angleterre, un exemple. « Après avoir profité de cet instant magique, le travail reprend, et le départ n’a pas traîné. Durant le trajet, j’ai tout juste commencé à réaliser à quel point cette expérience avait été extraordinaire pour moi. À froid, je compare le monde des courses français à celui d’Angleterre. L’Angleterre a pour moi un temps d’avance incroyable vis-à-vis de la sécurité des jockeys qui sont équipés de casques bien plus adaptés, protégeant l’arrière de la tête et tout le contour des oreilles. Ils ont aussi des protège-dents, ce qui est rare en France. Il faut bien préciser que cela vient seulement de la prise de conscience des jockeys, car aucune obligation de porter ce genre d’équipement ne leur est imposée. Pour les chevaux, tout est pensé pour leur confort et leur bien-être dès le moment où ils arrivent sur l’hippodrome. Maintenant, après avoir découvert ce monde des courses, c’est en Angleterre que je voudrais être jockey. Je suis rentré avec l’envie d’apprendre la langue, tout en prenant exemple sur les jockeys britanniques, les chevaux et tous les acteurs des courses hippiques anglaises. »