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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Beaucoup d’envie chez les AQPS

Élevage / 25.11.2019

Beaucoup d’envie chez les AQPS

Par Christopher Galmiche

L’Assemblée générale de l’Association des éleveurs et propriétaires d’AQPS s’est tenue ce dimanche à Auteuil. Après le discours d’Hervé d’Armaillé, que nous avons retranscrit dans notre précédente édition, voici quelques-unes des interventions qui ont ponctué cette réunion.

Édouard de Rothschild, président de France Galop

« Il se passe quelque chose ! »

« Je suis très heureux d’être avec vous aujourd’hui et je vous félicite pour les résultats de la liste Alliance Galop aux élections. Nous avons parfois reproché au galop d’avoir un mode d’élection compliqué mais au contraire, je pense que notre système permet à des sensibilités très différentes de s’exprimer. En cela, il atteint son but démocratique. Il est capital que toutes les aspirations de notre filière soient représentées au Comité. Je suis avec un grand intérêt les débats actuels, riches en idées. La motivation et l’énergie dont vous avez fait preuve montrent qu’il y a une envie partagée d’écrire l’avenir. Il y a des questionnements, des doutes, des projets qui vous font avancer.

Nous avons pu mesurer combien l’obstacle et ses traditions sont importantes dans ce pays. La fonction que j’ai le privilège d’occuper me conduit à être attentif à tous les avis car j’aime le débat, le partage et l’échange. Dans ce cadre, j’ai toujours défendu le 2/3 - 1/3 car je suis soucieux de préserver l’équilibre, surtout quand les échanges sont constructifs. J’ai beaucoup agi pour votre discipline. Je souhaite qu’elle soit récompensée et encouragée comme en témoignent les nombreuses promotions de courses en Listeds et Groupes que nous avons réalisées au cours des quatre dernières années. Cela ne signifie pas que tout soit figé. Le travail de France Galop a été de consolider une base. Nous avons fait des économies. Le PMU a baissé de 50 millions d’euros ses charges d’exploitation ces deux dernières années. Cette baisse atteindra 80 millions en juin. Parallèlement, on note une hausse des paris en région. Les principaux événements attirent plus de monde, les JeuXdis, l’Arc, le Grand Steeple, mais aussi les sites régionaux. Nous notons une augmentation du nombre de partants en obstacle, ce qui est déterminant et décisif. Il y a plus de propriétaires, de chevaux à l’entraînement. Ma conviction est que nous sommes prêts à renouer avec la croissance. Il se passe quelque chose. Et avec l’énergie déployée par le monde de l’obstacle et la province à travers les listes Alliance Galop, je pense que nous pouvons tous ensemble, en plat comme en obstacle, à Paris comme en région, avoir des courses prêtes à jouer tout leur rôle au XXIe siècle. »

Jean d’Indy, vice-président de France Galop et président du Conseil de l’obstacle

« Vous avez eu raison ! »

« Il y a bien longtemps que je savais être un piètre pronostiqueur. Les guichets du Pari Mutuel m’en apportent souvent la preuve. Je croyais être plus doué pour les pronostics politiques, mais je ne suis pas meilleur ! Lorsqu’au mois de mars, Hervé d’Armaillé et Jacques Cyprès m’ont informé de la décision de votre association de ne pas reconduire le traditionnel partenariat avec les P.P., je leur ai fait part de mon inquiétude. J’étais évidemment inquiet pour les P.P., je me doutais qu’ils ne feraient pas les scores des années précédentes et que nous n’en sortirions pas plus forts. Au final, le résultat est équilibré.

J’étais inquiet pour l’influence globale de l’obstacle dans nos instances et pour la capacité à faire entendre notre voix dans les instances communes. Et là, je dois dire à nos amis présents qu’ils ont eu raison. J’adresse mes très sincères félicitations à nos élus. Je me suis trompé dans mes pronostics et tant mieux ! Tant mieux parce que l’influence de l’obstacle en ressort grandie. Il faudra rassembler pour faire avancer les dossiers. Non pas que l’obstacle aille si mal. Ces dernières années, c’est vrai qu’il a fallu se battre, avoir des discutions rudes, mais nous avons obtenu beaucoup de choses, des investissements importants, sur les pistes, au Karly Flight.

Il y a dans les cartons de France Galop un certain nombre de projets importants qui sont prêts à être inscrits pour la restauration ou l’accueil du public. Des investissements ont eu lieu en province ou à Compiègne, par exemple. Le soutien du président de France Galop ne m’a jamais manqué ou manqué à la discipline de l’obstacle. Il en va de même de l’ensemble des collaborateurs de France Galop qui ont été attentifs à l’ensemble des demandes autour de la discipline de l’obstacle. Olivier Delloye est de ceux-là, de même que François Boulard, Henri Pouret, Stéphane de Veyrac. Mention particulière à Stéphane Kalley qui est un excellent "monsieur obstacle" à France Galop. »

Une contribution de l’obstacle au chiffre d’affaires du PMU en hausse. « Avec l’aide des élus et des associations, nous avons bâti un plan obstacle 2019/2020 qui commence à porter ses fruits. L’accent a été mis sur le développement des filières femelles, les Grands Prix de régions, les conditions des courses de Groupe et leur hiérarchie. Les chiffres commencent à évoluer dans le bon sens, même s’il reste une forte marge de progression. Je voudrais que vous releviez que la moyenne des partants passe de 9,5 à 9,9 en obstacle. Le nombre de courses creuses baisse. La contribution de l’obstacle au C.A. du PMU progresse de 9,3 millions d’euros. Nous avons rempli notre part de cette première étape du contrat. Les paramètres virent au vert. Nous allons pouvoir amplifier ce mouvement. Effectivement, la comparaison de rentabilité pure avec le plat et le trot ne nous est pas favorable. Non seulement les statistiques montrent que les turfistes jouent moins sur la discipline, mais qu’en plus, elle coûte cher à organiser. Au nom de cet écart de rentabilité, certains voudraient nous pousser vers les horaires les moins favorables pour faire de la place au plat et au trot et obtenir à court terme un meilleur chiffre d’affaires. C’est un raisonnement de courte vue. Mais il existe. En période de turbulences, il est dommage, mais naturel, de regarder ce que l’on pourrait récupérer dans l’assiette des voisins. Évidemment, dans cette assiette, les allocations représentent la plus grosse part. Lorsque, dans le plan obstacle 2019, nous avons décidé de supprimer 60 courses qui nous paraissaient mal placées dans le programme, vous n’imaginez pas à quel point il a fallu se battre pour éviter que les 700.000 € récupérés ne passent pas à la trappe. »

Choisir ses combats. « Il faudra continuer à se battre à France Galop pour que nos messages passent. Mais il ne faut pas se précipiter sur tous les combats. Le premier est celui du 2/3 - 1/3. On ne doit plus débattre sur ce sujet. Pendant la campagne, tout le monde a mis la main sur le cœur pour le défendre, y compris ceux qui y étaient opposés, mais ça tombe bien, nous avons des tracts pour le leur rappeler. Je suis évidemment favorable à l’inscription du 2/3 - 1/3 dans les statuts. Le second combat est celui de la visibilité de la discipline. Mais ne nous battons pas sur tous les fronts. J’ai refusé de combattre pour que l’obstacle soit dans les EpiqE Series. À part pour notre ego, qu’aurions-nous eu à y gagner ? Certains auraient voulu que je me roule par terre parce que l’obstacle n’est pas bien mis en valeur dans notre partenariat avec M6. Mais il faut laisser le temps à la chaîne de prendre ses marques et ensuite, nous verrons ce que nous pourrons faire. Tout cela est moins important que se battre pour notre calendrier, nos grands week-ends, nos samedis et dimanches qui sont parfois remis en cause. Il faut construire une vision moderne. Beaucoup de demandes se heurtent à la rentabilité immédiate pour maintenir nos allocations. Pour optimiser, le PMU propose de donner une meilleure visibilité au plat et au trot puisque dans l’immédiat, ces disciplinent rapportent plus que l’obstacle. Alors on nous propose de courir un Quinté à Longchamp plutôt qu’à Craon, de transférer un samedi d’Auteuil sur le mardi parce qu’on ferait un meilleur chiffre en plat. C’est vrai que tout cela améliore le chiffre d’affaires du PMU et permet d’envisager le maintien des allocations. Je le répète, c’est une vision de courte vue. Il faut trouver un équilibre entre la vision à court terme et celle à long terme. Sur le long terme, il va falloir faire preuve d’imagination. Il faut que nous soyons tous unis avec le PMU pour trouver des solutions. Nos amis des P.P. ont proposé de diffuser les images des courses P.M.H. et de prendre des paris dessus. C’est une revendication intelligente qui est aussi avancée par Alliance Galop. Nous avons un avenir réellement meilleur qui peut s’annoncer. »

Jacques Cyprès, accompagné de Nicolas de Lageneste, respectivement élus au Comité national des éleveurs et des propriétaires sous la bannière Alliance Galop

« Nous avons tous gagné »

« Nous voulons en premier lieu remercier tout le monde. L’aventure que nous avons vécue a été formidable. Le fait qu’elle ait été couronnée de succès restera pour nous une grande aventure collective de notre association. Avant le coup, nous n’en menions pas large. Le statu quo ne pouvait plus nous aller. Vous avez tous répondu présent et on ne vous remerciera jamais assez pour cela. Grâce à vous tous, nous avons tout gagné. Ce que l’on fait, ce n’est pas pour nous. C’est pour nos enfants, pour qu’ils puissent vivre à leur tour les grands moments que nous avons vécus. À Longchamp, Auteuil, Craon, et même en Angleterre, que l’on soit dans le plat ou dans l’obstacle, petit ou grand, nous cherchons tous cette joie, cette récompense. Chacun à sa mesure, à son niveau, à sa manière. En ayant voté massivement pour Alliance Galop, vous avez rendu notre mouvement légitime pour nous représenter dans les instances dirigeantes de France Galop. Nos électeurs qui ont rempli leurs bulletins vont nous juger sur pièce.

Le temps d’agir est venu. Cela ne sera pas facile car nous ne serons pas seuls. Il y a un système qui va résister à France Galop, au PMU, au Trot et même devant l’État. Mais aujourd’hui, nous avons 1.000 votes pour trois mandats clairs. Le 2/3 - 1/3, les gens ne veulent plus que l’on en discute. Il doit être inscrit dans le marbre. Les primes d’éleveurs : tout le monde doit pouvoir les toucher parce que nous sommes tous dans le même bateau. Chacun est prêt à lâcher de son côté pour que tout le monde y ait droit. En obstacle, la baisse des encouragements a été la plus linéaire. Il faut que l’on arrête de se chamailler là-dessus. Nous choisissons une répartition et nous n’y touchons plus. »

« Enfin, il y a le PMU, il faut relancer les enjeux. Nous avons fait des économies et nous pouvons encore en faire. France Galop a fait beaucoup d’efforts et les socioprofessionnels aussi. Au PMU de se creuser la tête maintenant.

Nous avons aussi d’autres grands chantiers. Il faut remettre les sociétés de province sur le devant de la scène, là où se créent tant de vocations grâce à des bénévoles exemplaires. Il nous faut un programme national pour mieux contrôler les partants pour aller tous dans la même direction. Et puis il y a du travail pour rénover Auteuil sans partir dans les grands travaux. Nous pouvons sans doute rafraîchir les bâtiments, améliorer l’accueil. Personne ne reviendra tant que ça sera laissé dans cet état.

Il faut aussi que nous communiquions différemment. Je ne suis pas un expert, mais ce que je vois, c’est que nous parlons souvent des courses de manière négative. Il serait temps de montrer que nous sommes dans le bon camp, celui de la nature, de la campagne, des animaux et des paysans. »

François Boulard (directeur Programmes et régions à France)

« Poursuivre l’optimisation »

 « Pour 2020, nous avons travaillé dans le cadre d’un groupe d’optimisation qui comprend le PMU et les deux sociétés-mères sur deux axes principaux. Le premier est une densification des dimanches car nous avons constaté que, selon les parieurs, l’offre du dimanche était un peu faible avec seulement deux réunions le dimanche. En 2020, nous avons rajouté une réunion supplémentaire chaque dimanche en utilisant des journées redevenues P.M.H. cette année. Pour le galop, cela correspond à 26 réunions qui vont bénéficier à des sociétés régionales. Parmi ces dimanches, nous avons des journées particulières cet hiver, avec des maxi-réunions à 12 ou 13 courses sur les grands événements d’obstacle de Cagnes et Pau. La réunion des Grands Prix d’obstacle de Cagnes sera complétée d’un ajout de courses au trot. Les deux réunions principales de Pau seront complétées de courses plates pour avoir une affiche consistante d’une douzaine de courses. L’objectif étant de maximiser les enjeux et d’améliorer le spectacle et l’offre que l’on propose. »

Optimisation des réunions avec événements. « Le deuxième axe du calendrier est une optimisation des réunions avec événements, qui produisent le plus de marge à la filière. Nous avons travaillé à proposer les meilleures offres sur les meilleurs créneaux, notamment les samedis qui sont les journées phares. Dans ce contexte, nous avons déplacé les trois Quintés ayant les résultats les plus faibles sur des sites plus porteurs. Il s’agit de différences significatives, de l’ordre d’un ou deux millions d’euros supplémentaires. Le Trot a opéré de la même manière en déplaçant aussi trois Quintés. Nous avons également supprimé des successions de Quintés dans la même spécialité, responsable d’une certaine lassitude des parieurs et d’une baisse des enjeux. »

« Afin de poursuivre l’optimisation des partants et de réduire la part des courses creuses, il est nécessaire que le programme P.M.H. n’entre pas en concurrence avec le programme premium. Il a été demandé à chaque fédération d’effectuer des rééquilibrages, en haies, steeple et cross car il peut y avoir des concurrences directes néfastes. La construction du calendrier régional a été réalisée avec ces données. Environ 80 % des demandes exprimées ont abouti pour 2020. Pour rappel, en moyenne, le passage d’une course de sept à huit partants permet une augmentation des enjeux de 40 %. Il y a un levier vraiment important des enjeux au galop. Cette année, le travail sur le programme s’est traduit par des résultats positifs. En plat, nous avons réduit de 20 % les courses qui n’atteignent pas 8 partants. Cela se traduit par un effet positif sur les enjeux de 10 millions d’euros. En obstacle, c’est encore plus spectaculaire car la part des courses creuses s’est réduite de 30 %. Il s’agit de 83 courses et cela se traduit par une progression des enjeux de neuf millions d’euros. C’est quasiment vingt millions d’euros supplémentaires, liés à la réduction des courses creuses dans notre programme. »