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Jour de Galop

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Diesel, la victoire de l’Allier

Élevage / 21.11.2019

Diesel, la victoire de l’Allier

Son succès à Cheltenham a fait grand bruit. Diesel d’Allier appartient à son éleveur, Yves Maupoil, une figure de l’Allier. Il est aussi entraîné dans ce département par Emmanuel Clayeux. Vingtquatre heures après le Glenfarclas Cross-Country Handicap Chase, Yves Maupoil nous a livré les coulisses de cette victoire bourbonnaise.

Par Christopher Galmiche

À la veille de prendre la route pour assister au Congrès des maires, Yves Maupoil nous a expliqué : « Je suis très, très heureux. J’ai reçu énormément de SMS, de coups de fils… En plus, j’ai partagé la victoire en famille car, lorsqu’Emmanuel m’a appelé, j’étais avec ma fille et mes petits-enfants. C’était un très beau moment. L’épreuve devait avoir lieu vendredi et elle a été décalée à dimanche. C’était un peu compliqué pour moi de faire le déplacement. La course n’était pas diffusée en direct mais j’ai pu la voir en différé car on m’a envoyé la vidéo. Diesel d’Allier est souvent long à démarrer, mais il l’a bien fait. Tout le monde disait qu’il ne battrait pas Urgent de Grégaine (Truth or Dare), mais bon, il y avait aussi la différence de poids. C’est une belle victoire. Emmanuel [Clayeux, ndlr] m’a appelé après la course et je ne l’avais jamais vu aussi ému. Il avait quasiment la larme à l’œil. Je m’étais toujours promis d’aller à Cheltenham, mais il y aura d’autres occasions. »

De Jazz à Diesel… Yves Maupoil n’a que quatre poulinières. Mais il a malgré tout réussi à sortir des chevaux de valeur : « Diesel d’Allier est le premier gagnant de sa mère, Iéna d’Allier (Royal Charter). Elle est toujours à la maison. À l’époque, je l’ai présenté à Kap Rock (Vidéo Rock) qui était à la Clayette, donc pas loin de chez moi. Ce n’est pourtant pas simple, le monde des courses ! Lorsque l’on sort un ou deux bons chevaux, c’est déjà bien. Avec Jazz d’Allier (Agent Bleu), j’ai connu de réelles satisfactions. » Yves Maupoil est en effet l’un des rares éleveurs de sa région à avoir eu un partant dans des Groupes en plat. Jazz d’Allier est le frère de trois gagnants sur les obstacles dont Arlequin d’Allier (Voix du Nord), troisième du Grand Prix de Pau (Gr3). Il a gagné douze épreuves en plat, dont les Prix Lord Seymour et du Grand Camp (Ls). Son éleveur et propriétaire se souvient : « Quand on gagne à Longchamp, Nantes, que l’on court le jour du Jockey Club à Chantilly [le Prix de Precy, handicap, ndlr]… Ce sont de bons souvenirs aussi. J’ai eu également Kandjar d’Allier (Royal Charter), dont j’avais vendu la moitié à Michel Denisot. Il a réalisé une bonne carrière à Auteuil [gagnant du Prix de Saint Sauveur, L, ndlr]. Nous l’avions ensuite vendu en Angleterre [deux fois placé de Gr3 à Cheltenham]. »

Une famille très impliquée dans la vie locale. Yves Maupoil poursuit : « Mon père fut maire de Monestier, conseiller général et vice-président du Département et de la Région. L’affixe d’Allier a été attribué à son époque, un peu pour lui faire plaisir. Il avait eu des trotteurs et nous pratiquions l’équitation… Au milieu des années 1980, j’ai un ami qui a déménagé. Il avait une jument qui s’appelait Laulaire (Stymphale) [une jument née dans le Sud-Ouest chez le célèbre Émile Lestorte] et il me l’a donnée. C’est comme cela que j’ai commencé à élever. Laulaire a produit Salomé d’Allier (Rinaldi), qui a pris plus de 70.000 € de gains, et Athéna d’Allier (Balsamo), placée en course. J’ai confié Salomé d’Allier à François Plouganou et c’est ainsi que j’ai rencontré Jonathan, alors enfant. Salomé a gagné le Grand Cross de Vichy notamment. De son côté, Athéna d’Allier m’a donné Baltazar d’Allier (Malinas), un cheval que j’ai vendu à John Patrick McManus, qui s’est classé deuxième du Challow Novices’ Hurdle (Gr1). »

Un proche de Maurice Rohaut. La famille Maupoil a toujours entretenu des liens amicaux avec la famille Rohaut. D’ailleurs, l’histoire de Diesel d’Allier en est le résultat. Mais pas seulement : « Fine Finish (Sir Gaylord), l’arrière-grand-mère de Diesel d’Allier, Maurice Rohaut et moi-même l’avions achetée à Deauville en 1988. Elle était alors pleine d’Akarad (Labus) et a donc donné Miss Akarad (Akarad), la grand-mère de Diesel, qui était entraînée par François Rohaut. Avant que Maurice Rohaut ne décède, je l’ai emmené en voiture voir des chevaux et j’ai récupéré Brouhaha (American Post), la mère de Bapaume (Turtle Bowl). J’ai actuellement Beautiful Secret (Agent Secret), un fils de Brouhaha, qui est chez Augustin Adeline de Boisbrunet. La mère de Bapaume est pleine de Coastal Path (Halling). Pour choisir les étalons, je demande conseil à Nicolas de Lageneste et nous échangeons tous les deux. J’ai aussi acheté une jument à Jacky Cyprès en début d’année. Elle est pleine de Cokoriko (Robin des Champs). »