EN RÉGION -PAU - Jean Brouqueyre : « Plus rien n’est gravé dans le marbre, nous devons nous adapter à la demande des entraîneurs »

Courses / 21.11.2019

EN RÉGION -PAU - Jean Brouqueyre : « Plus rien n’est gravé dans le marbre, nous devons nous adapter à la demande des entraîneurs »

À quelques jours du lancement du meeting hivernal, le 7 décembre, Jean Brouqueyre, directeur de l’hippodrome et du centre d’entraînement de Pau, a répondu à nos questions.

Jour de Galop. – La Société de courses de Pau a fait de nombreux investissements cette année en vue du meeting.

Jean Brouqueyre. – C’est exact. Les pistes en gazon ont été régénérées à 100 %. Un tiers des pistes ont été totalement refaites au printemps afin de retrouver une bonne planimétrie. On a également refait presque 100 % des appels et réceptions, ce qui est primordial pour le saut des chevaux. Pour la santé des hommes et des chevaux, nous avons également poursuivi nos investissements sur les obstacles. Nous avons remplacé un fence par un autre de chez Easyfix. C’est un obstacle qui est connu maintenant, on peut le retrouver à Compiègne par exemple. On a refait la "banquette de Bordeaux" et le "tronc d’arbre", deux autres difficultés du parcours d’obstacle. Ces matériaux de nouvelle génération doivent nous permettre de réduire le nombre de chutes et d’accidents.

L’autre chantier cette année a été celui de la P.S.F. Quels sont les retours pour l’instant ?

Comme pour le reste, nous avons été maître d’œuvre et d’ouvrage, ce qui est très singulier pour une Société de courses. Nous avons couru deux fois jusqu’à présent, dans des conditions très particulières. Il est trop tôt pour se prononcer, le bilan se fera plus tard, à la fin du meeting. Les retours que nous obtenons des professionnels qui s’entraînent dessus sont très bons.

Des investissements ont-ils également été menés pour le public…

À Pau, l’affluence est toujours au rendez-vous. Entre 50.000 et 55.000 personnes se déplacent chaque année. La mission première d’un hippodrome est de convertir les gens aux paris ou au propriétariat. Et en ce sens, il faut toujours repenser notre offre. Nous avons redessiné et redésigné le rond de présentation, son accès et le parvis. Nous avons changé la lice avec un nouveau design. Nous avons désormais une main courante translucide avec du verre sécurit pour que les spectateurs apprécient mieux l’action des chevaux sur la P.S.F. C’est un projet qui nous a été présenté et qui nous a séduits. L’accès aux boxes et au rond a été revu pour théâtraliser davantage les épreuves. Dans ce sens, le retour des gagnants a lui aussi été modifié, avec une nouvelle structure pour la remise des prix. Des panneaux numériques ont été installés. C’est un investissement que nous avions mené l’an passé et que nous poursuivons. À l’entrée de l’hippodrome, nous avons mis 2m2 de panneau avec une très bonne résolution pour tout ce qui est annonce. Nous sommes également passés sur un grand panneau numérique dans le hall pour diffuser les courses.

Qu’en est-il du programme des courses ?

Globalement, c’est le même. À une époque, le meeting c’était 28 réunions en deux mois et demi. Les courses ont évolué, nous aussi. Aujourd’hui, il faut que le meeting soit qualitatif à tous les niveaux. Ce n’est pas une mauvaise chose qu’il soit plus court qu’auparavant. Il faut viser à mieux répartir les courses sur l’année.  Dans l’absolu, je pense que toutes les sociétés de courses disposant de leur propre centre d’entraînement devraient courir toutes les trois semaines ou tous les mois. Cela me semble normal.

En termes de réservations de boxes, êtes-vous sur les mêmes chiffres que lors du meeting passé ?

Oui, cela stagne. Au niveau national, le contexte est difficile. On est conscient des difficultés des professionnels, car un meeting est onéreux. Auparavant, nous avions près de 400 chevaux, aujourd’hui on est plus sur du 250-280. Plus rien n’est gravé dans le marbre, nous devons nous adapter à la demande des entraîneurs. Notre accueil doit répondre aux attentes des professionnels. En cela, nous proposons qu’un cheval qui court trois fois dans le meeting ne paie pas son boxe par exemple.