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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Loïc Malivet : « Nous sommes tous les jours au service des éleveurs »

Institution / Ventes / 02.11.2019

Loïc Malivet : « Nous sommes tous les jours au service des éleveurs »

Loïc Malivet : « Nous sommes tous les jours au service des éleveurs »

Président de la Fédération des éleveurs du galop depuis 2011, Loïc Malivet emmène la liste dans le collège "éleveurs". C’est à ce titre qu’il répond à nos questions, à la veille du début des votes.

Jour de Galop. - Que doit le galop à la Fédération des éleveurs ?

Loïc Malivet. - Toutes les grandes avancées qu’a connues le galop, la prime à l’éleveur, la prime propriétaires, les mesures sanitaires, la défense de l’intérêt général, on le doit à la Fédération des éleveurs. Il y a aussi de nombreuses actions pratiques comme l’envoi gratuit du répertoire des étalons à tous les éleveurs, adhérents ou pas de la Fédération. Nous sommes là tous les jours au service des éleveurs, avec nos quatre permanents, et nous existons depuis cent ans ! Reconnus d’utilité publique par les ministères, nous sommes aussi la seule association qui va régulièrement à Bruxelles, pour défendre les éleveurs bien sûr, mais le galop en général. On ne se réveille pas trois mois avant les élections pour disparaître ensuite. Nous avons l’expérience et la légitimité pour défendre notre filière.

Mais ce que l’on demande à un syndicat, ce n’est pas ce qu’il a fait, mais ce qu’il va faire !

Vos listes sont constituées d’acteurs du terrain, impliqués professionnellement et financièrement…

Nous avons d’abord fait le choix de la diversité : nous avons des représentants de toutes les régions, à tous les niveaux d’élevage, que ce soit en plat ou en obstacle et qui élèvent dans les quatre races de courses. Parmi nos douze candidats, je suis le seul à avoir siégé au comité de France Galop. J’ai fait deux mandats. Les autres colistiers n’ont jamais fait partie du comité. Nous avons voulu apporter un souffle nouveau. Les éleveurs sans sol et la jeune génération sont aussi bien représentés. La liste est constituée de gens passionnés, impliqués financièrement. Quand vous construisez ou reprenez un haras, c’est une démarche lourde, sur le long terme, avec l’idée de transmission. Cela nous donne une indéniable légitimité.

Vous prônez le rapprochement Trot-Galop-PMU. Est-ce que vous pensez que ce rapprochement se fera autour d’intérêts communs, ou tout simplement que nous n’avons pas d’autres options que de le faire ?

L’idée du rapprochement Trot-Galop-PMU a été déjà évoquée il y a six ou sept ans. Ambroise Dupont, alors président du Groupe Cheval au Sénat, me disait régulièrement que nous devrions mutualiser des services. Aujourd’hui, le trot et le galop ont déjà beaucoup d’actions communes : le PMU, l’Afasec, Equidia, le GTHP, le calendrier des réunions Premium… Nous avons avancé sur la question et avons notamment un accord pour le maintien de la répartition 50/50 de la recette entre le trot et le galop. Il faut absolument se fixer des objectifs dans le temps pour réussir. Nous n’avons pas d’autres choix que d’arriver à fonder cette structure commune pour ouvrir des négociations avec l’État afin de faciliter cette transition coûteuse, mais essentielle pour l’avenir de notre filière.

Il faut redonner de l’agilité à notre structure qui pour bon nombre d’entre nous paraît bien immobile. Il faut pouvoir rivaliser avec les autres offres de paris en dégageant des marges de manœuvre et ainsi nous ancrer digitalement dans ce monde qui évolue à toute vitesse.

Le galop, le trot nous devons nous entendre !

Autre rapprochement souhaitable, celui des éleveurs et des propriétaires…

Depuis que je suis à la présidence des éleveurs, j’ai toujours pensé que les éleveurs et les propriétaires devaient absolument travailler en commun. Pour une très grande majorité, les éleveurs sont aussi propriétaires et vice versa. Il est important que les propriétaires et les éleveurs aient un lien fort. Beaucoup de nos dossiers sont transversaux. Quand on parle de l’entité commune, de la gouvernance de France Galop, de la TVA, du programme et des hippodromes, ce sont des sujets qui touchent à la fois les propriétaires et les éleveurs ! Tout le monde doit être autour de la table, travailler ensemble. On ne peut pas aller tour à tour dans les ministères ou à Bruxelles pour défendre nos dossiers. Il faut parler d’une seule voix, d’où la création d’une Fédération du galop.

Est-ce pour cela que vous avez participé à la création d’une liste chez les propriétaires ?

Nous en parlions depuis cinq ou six ans. Nous avions hésité il y a quatre ans. J’ai toujours été favorable aux associations transversales. Nous devons travailler main dans la main. Regardez les différentes associations : elles sont toutes transversales ! Nous aurions été les seuls à ne parler que pour un collège. Cela aurait été une erreur, surtout que nous comptons en notre sein 1.500 propriétaires.

Il faut aussi dire que beaucoup de nos éleveurs propriétaires, qui sont des gens impliqués financièrement, ne se reconnaissaient pas dans les autres listes. Ils étaient très demandeurs de la création d’une Fédération du galop afin de peser plus concrètement sur les décisions prises à France Galop. Enfin, nous avons voulu une ouverture vers l’Europe. La France ne peut pas vivre repliée sur elle-même.

Où en est-on au niveau de la TVA ?

Nous, les éleveurs, avec Patrice Renaudin à l’époque, sommes montés au créneau à l’époque et c’est grâce à ce travail que les haras bénéficient du taux à 10 % à l’exception des foals sevrés. Si l’on avait pu travailler avec les propriétaires à l’époque, on aurait pu obtenir les mêmes conditions pour le débourrage, le pré-entraînement…

Suite aux élections européennes, le dossier est en suspens. Mais il va revenir sur la table. C’est à nous d’influer sur Bruxelles et notre gouvernement dans les semaines qui viennent. Bruxelles a constitué une liste négative. Charge ensuite aux États d’arbitrer et de décider quels produits mettre dans la liste positive. Ce sera sa responsabilité. Et je crois que cela ne les arrange pas beaucoup ! Ils préféraient se retrancher derrière les choix de Bruxelles.

Quelle est votre position sur le système des primes ?

Le nouveau comité de la Fédération des éleveurs, lors de ses dernières réunions, a procédé à un tour de table avec un vote. À une très forte majorité, la Fédération des éleveurs propose la prime à l’éleveur pour tous, sans distinction pour âge, le maintien des primes à l’étranger, et le maintien de la distinction conçus non conçus. Tout ça représentant 10 % de l’enveloppe des encouragements, c’est-à-dire 26 millions d’euros. Ce système à enveloppe constante nécessiterait un effort de tous. Mais tout le monde aurait droit à sa prime à l’éleveur.

L’obstacle a pris un vrai poids politique à l’approche de ces élections. Votre syndicat a une longue tradition de soutien de l’obstacle…

La Fédération des éleveurs a toujours défendu tous les territoires, toutes les races. Cela fait partie de notre culture. C’est dans notre ADN. La qualité du spectacle et de notre élevage d’obstacle sont des composantes essentielles du Galop. À titre personnel, étant moi-même originaire de l’Ouest, un des berceaux de la discipline, j’apprécie particulièrement l’obstacle. Sur les hippodromes, c’est une discipline qui attire les foules, il suffit de regarder les fréquentations le jour du Grand Cross à Pau, à Craon, au Lion d’Angers ou à Corlay. Nous continuerons encore et encore à défendre l’obstacle, pour garantir l’équilibre du galop français.

Vous proposez de faire évoluer la gouvernance de France Galop. Dans quel sens ?

La gouvernance et la communication de France Galop ne sont plus adaptées à notre siècle. Il faut être plus efficace et plus réactif, éviter les lourdeurs d’instances qui ralentissent les prises de décision. Lors de chaque comité — et il y en a quatre par an —, on convoque 70 à 80 personnes. Je pense que c’est déplacer beaucoup de monde de toute la France, alors que l’on pourrait procéder avec des moyens plus modernes. Pour le conseil d’administration comme le comité, il faut reconstruire le tour de table. Je ne suis pas opposé à la cooptation. Mais je pense que l’on n’a pas utilisé suffisamment ce système pour faire rentrer régulièrement de nouvelles personnes qui auraient pu nous apporter quelque chose de différent. Par exemple, le président du groupe cheval à l’Assemblée nationale, des chefs d’entreprise...

Comment vous situez-vous par rapport aux régions ?

Regardez notre liste : tout le monde est basé en région ! Nous sommes très attachés à nos hippodromes dans les différentes régions, petits et grands. Cela permet de faire découvrir les courses. C’est le lieu où naissent les vocations. C’est aussi un relais important pour rencontrer nos élus, maires, sénateurs et députés. C’est un lieu de rencontre. Depuis quatre ans, je préside la commission des régions, cette instance a un rôle important sur tous les dossiers qui touchent aux régions et donne ensuite un avis éclairé au conseil d’administration. À l’image des régions, la diversité des membres de la Fédération fait que nous défendons l’intérêt général, alors que d’autres ne défendent malheureusement que le plat ou l’obstacle ; que l’élite ou la base de la pyramide ; qu’une race ou une autre.

À nos lecteurs

Cette édition est la dernière où nous publierons des interviews ou tribunes libres liées aux élections du Galop. Le vote électronique débute ce lundi à 9 h.