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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Richard Venn : « J’ai acheté ou géré la location de 80 ou 90 étalons à travers le monde. Et près de la moitié étaient à destination de la France »

Élevage / 28.11.2019

Richard Venn : « J’ai acheté ou géré la location de 80 ou 90 étalons à travers le monde. Et près de la moitié étaient à destination de la France »

Surnommé The Stallion Man, le courtier Richard Venn est un personnage central du commerce des étalons en Europe. Alors que la saison de monte approche à grands pas, il a répondu à nos questions.

Cette année, Richard Venn est à l’origine de l’arrivée dans l’Hexagone de Robin of Navan (haras de La Barbottière), Donjuan Triumphant (haras de La Barbottière), Roman Candle (haras de La Hêtraie), Palace Prince (Promo Sire/élevage Joël Denis), Diamond Green (haras des Étincelles) mais aussi du départ outre-Manche de Masterstroke (Yorton Stud), Feel like Dancing (Whytemount Stud,), Scalo (Yorton Sud)… une liste certainement appelée à s’allonger.

Jour de Galop. – Comment vous êtes-vous spécialisé dans le commerce des étalons?

Richard Venn. – Je travaille dans la filière hippique depuis plus de 30 ans. Après avoir œuvré pour le cheikh Mohammed Al Maktoum et Anthony Stroud, j’ai décidé de passer à mon compte il y a 14 ans. J'ai toujours été passionné par l'élevage et l’amélioration des races de galopeurs, pur-sang anglais comme AQPS. C’est dans ce contexte que j’ai commencé à fortement m’impliquer dans le commerce des étalons, il y a sept ou huit ans. Ce choix était pour moi une évidence. Surtout qu’au même moment, je commençais à acheter mes propres poulinières. On me demande parfois combien de contrat d’étalons sont passés par mon agence. Pour être tout à fait honnête, je n’ai pas tenu de comptes. Mais je pense pouvoir dire que j’ai acheté ou géré la location de 80 ou 90 étalons à travers le monde. Et près de la moitié étaient à destination de la France. Mais je travaille aussi au Royaume-Uni, en Irlande, en Allemagne, en Inde… je pense avoir acheté des sires et des prospects étalons pour environ 20 pays différents à travers le monde. Pour La Barbade, j'ai trouvé pour le compte d’un client un fils de Galileo (Sadler’s Wells) très intéressant !

Dans quel contexte avez-vous commencé à travailler dans notre pays ?

J'aime vraiment beaucoup la France et son système de courses. C’est un modèle fantastique qui offre aux éleveurs et aux propriétaires de remarquables encouragements pour élever et faire courir des chevaux. J'encourage régulièrement les propriétaires et les éleveurs anglais à investir dans les courses françaises. Y compris Sa Majesté la reine qui a décidé de placer son étalon Recorder (Galileo) en France, suite à mes conseils. J'admire le fait que les propriétaires et les éleveurs français sont moins obnubilés par les effets de mode. Ils sont capables de donner sa chance à un étalon, en essayant de déceler son potentiel au-delà de son pedigree ou de sa carrière de course. Un plus grand nombre d’étalons ont ainsi l’opportunité de briller en France. Alors qu’au Royaume-Uni et en Irlande, la filière est très concentrée sur l'aspect commercial de l’élevage. Au final, tout le monde veut produire un cheval de course, pas un cheval de vente ou de show. Les résultats et les pedigrees se bâtissent en piste, pas sur le ring!

Quelles particularités recherchez-vous pour les étalons que vous envoyez en France ?

J'essaie évidemment de trouver un lien avec la France, que ce soit dans le pedigree ou dans les performances en course. J'aime trouver des prospects qui ont un très bon mental. Je pense que c’est cette qualité qui fait vraiment un bon étalon. Une bonne attitude vous donnera toujours un avantage, Galileo en est l’exemple le plus frappant. Je recherche aussi un palmarès sportif de premier plan. Et j'aime les chevaux qui sont restés sains et nets tout au long de leur carrière.