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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Saint-Cloud - Une annulation sur fond de tensions

Courses / 15.11.2019

Saint-Cloud - Une annulation sur fond de tensions

Il est aux environs de 13 heures à Saint-Cloud, deux courses viennent de se courir, lorsqu’une annonce retentit sur l’hippodrome. Les commissaires convoquent les professionnels ayant des partants dans l’après-midi pour décider de la suite des courses, de leur régularité et de la sécurité des chevaux et des jockeys. Plus tôt dans la matinée, un entraîneur avait même appelé France Galop pour dire qu’il ne fallait pas courir, alors qu’il n’était pas à Saint-Cloud. Comme souvent dans pareil cas, s’en est suivi un joyeux désordre, chacun y allant de sa propre expérience, faisant allusion aux jockeys d’obstacle qui courent par tous les temps, sur la boue ou sous la neige, ou encore rappelant les kilomètres faits par tous, notamment par cette femme entraîneur venue de République tchèque, qui demande s’il y aura un remboursement des frais…

D’un autre côté, plusieurs des jockeys devant monter les courses suivantes sont déjà habillés en civil pour repartir de l’hippodrome… avant même que la décision des commissaires soit rendue ! Plusieurs entraîneurs entrent dans le bureau des commissaires, les discussions vont bon train, elles sont parfois houleuses. Finalement, l’annonce de l’annulation des six dernières courses tombe. Un propriétaire lance aux commissaires : « De toute façon, vous n’écoutez qu’un groupe de jockeys. S’ils ne sont pas contents, ils n’ont qu’à aller monter à l’étranger durant l’hiver… » Du côté des jockeys, il y avait unanimité pour ne pas courir… Enfin, selon la version de certains pilotes. Car des entraîneurs ont rétorqué : « Les miens étaient d’accord pour courir. » Des jockeys provinciaux ont reconnu que les conditions étaient pires à Nantes au même moment et que l’on courait. Un représentant des commissaires nous a expliqué : « Le problème, c’est que certains jockeys ne voulaient pas courir et ont dit aux commissaires que la piste était dangereuse. Ensuite, les commissaires ont la responsabilité de la santé des jockeys si un accident arrive… »

« Demain à Auteuil, ça sera sûrement plus pénible, mais ils vont courir quand même » Francis-Henri Graffard a dialogué avec les commissaires et, après l’annonce de l’annulation, il nous a déclaré : « Avec Didier Prod’homme, nous avons été consultés par les commissaires au nom de l’Association des entraîneurs. Le terrain était très pénible, mais il le sera aussi samedi à Auteuil et au Croisé-Laroche. Dans les deux courses de 2ans, les chevaux ont bien fini. Si un jockey ne veut pas monter, il a le droit, comme moi, si je ne veux pas courir mon cheval, je ne le cours pas. Mais de là à prendre tout le monde en otage… Je suis allé dans le vestiaire, il y a certains jockeys qui étaient d’accord pour monter. Moi, j’en suis malade pour tous mes collègues de province qui font beaucoup de kilomètres, qui ont des factures à payer tous les mois… C’est dur pour eux. Ils sont venus sûrement avec leurs jockeys, ils étaient d’accord pour courir et on ne court pas. C’est un peu triste. »

De la P.S.F. de septembre à mai ? De son côté, Yann Lerner nous a dit : « C’est vraiment regrettable ce qui arrive aujourd’hui. Il y a du pour et du contre. Il faut savoir que certains chevaux ont été sur la touche une bonne partie de l’année parce que nous avons eu de la sécheresse. Aujourd’hui, nous arrivons avec des chevaux de terrain lourd et nous n’allons pas pouvoir courir. Nous allons nous retrouver à courir sur la P.S.F. Si nous avions des aptitudes au lourd aujourd’hui, il fallait y aller pour les chevaux comme pour les jockeys. Si certains ne voulaient pas monter, ils auraient mieux fait de rester à la maison, sachant que nous allions avoir un terrain comme aujourd’hui. J’ai hâte de voir ce qu’il va se passer demain à Auteuil et au Croisé-Laroche. Car, si on annule aujourd’hui, je pense que l’on va annuler Auteuil et Le Croisé samedi et peut-être même la réunion du Mans la semaine prochaine. Donc maintenant, nous allons peut-être courir sur la P.S.F du mois de septembre au mois de mai. Et peut-être devrions-nous même commencer à aller acheter nos chevaux aux États-Unis… »