Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

TRIBUNE LIBRE - Halte à la sinistrose !

Institution / Ventes / 01.11.2019

TRIBUNE LIBRE - Halte à la sinistrose !

Par Alain Regnier, candidat sur la liste de la Fédération des éleveurs du galop, au collège des éleveurs.

« Alors que la campagne bat son plein, il est saisissant de constater le nombre de discours déclinistes et extrêmement négatifs. Oui, la situation n’est pas évidente, et elle est parfois même difficile, mais cela ne justifie par une telle noirceur. Les réformes doivent continuer, mais sans perdre l’esprit positif et constructif qui a toujours animé les courses françaises.

ParisLongchamp. Il est de bon ton de tirer à boulets rouges sur la reconstruction de l’hippodrome de ParisLongchamp. Il fallait pourtant bien faire quelque chose avec ce champ de courses qui ne répondait plus aux normes de sécurité. Les autorités sont intransigeantes sur ce point et j’ai déjà connu des manifestations, en province, qui ont failli être annulées 24 heures avant l’évènement. Qu’aurions-nous dit à une commission de sécurité la veille du Prix de l’Arc de Triomphe dans l’ancien ParisLongchamp ? Investir dans un bâtiment, c’est bâtir son avenir.

Comme toute nouvelle structure, cet hippodrome a eu besoin d’une période de rodage, pour améliorer certains points que nous connaissons tous. Nos amis Irlandais ont connu exactement la même situation au Curragh cette année.

Le nouveau ParisLongchamp, c’est une chance, une vitrine pour la France des courses, un écrin qui attire déjà un nouveau public et même de nouvelles sources de revenus. Ce bâtiment et son environnement plaisent aux Parisiens, qui n’hésitent pas à l’investir pour de l’événementiel. Au total, la fréquentation a progressé de 25 %. Et le jeu a bénéficié de cet afflux de public.

La prime aux vieux chevaux. Lorsque le sujet est venu sur la table, il était urgent de réaliser des économie, et tout le monde a voté cette mesure, compte tenu du contexte. La Fédération des éleveurs s’est exprimée en faveur d’un retour de ces primes, quitte à baisser les taux, pour que tout le monde soit récompensé en cas de victoire. Tout en préservant la distinction entre conçus et non conçus. Nous n’empêchons personne d’aller à l’étranger, mais celui qui fait saillir en France doit avoir un avantage.

Faire preuve de pragmatisme. Il est faux de croire que l’État va accorder des concessions financières aux courses. Dans le contexte actuel, la puissance publique a d’autres feux à éteindre. Pour en revenir à notre univers, la critique est facile, alors que l’exercice du pouvoir ne l’est pas. Beaucoup reste à faire mais, en toute objectivité, nul ne peut nier le fait que beaucoup de choses ont changé ces quatre dernières années. Olivier Delloye a fait preuve d’efficacité. Il a prouvé qu’il était capable de réduire le train de vie de France Galop, de réduire le nombre d’employés, sans créer de mouvement social. Dans un contexte de syndicalisme puissant, c’est tout sauf facile. Il faut lui donner du temps, comme à la nouvelle équipe du PMU. Tout n’est pas noir dans notre filière, loin de là. Nous constatons une hausse du nombre de propriétaires et une progression du nombre de chevaux de plat à l’entraînement. En l’espace de quelques années, le parc étalon français a nettement progressé. Des jeunes ont créé des haras et ils ont la niaque. Dans le Centre-Est, la réussite de Cercy est remarquable. Les ventes françaises sont solides.

Ne pas vivre en vase clos. Il faut saluer et encourager les gens qui investissent, qui prennent des risques. Lorsqu’ils gagnent de l’argent, ils le réinvestissent dans la filière et font tourner l’économie des courses françaises. Les propriétaires étrangers font eux aussi partie intégrante de l’économie françaises des courses. Ils achètent des chevaux français, ils font des partants. Nos entraîneurs ont besoin d’eux. D’une manière plus générale, les professionnels français ne peuvent vivre sans commerce. Vendre des chevaux à l’entraînement n’est pas une option. C’est une nécessité. Nous ne pouvons pas vivre en vase clos.

Faire ses preuves sur le long terme. Je crois beaucoup au rapprochement trot-galop. Notre filière peut tout à fait fonctionner avec à sa tête deux véritables chefs d’entreprise. Mais, avant cela, nous devons changer le système électoral de France Galop. Nous avons besoin de sang neuf au conseil d’administration.

Certains disent que la Fédération des éleveurs, pour récupérer les acteurs majeurs, fonctionne au détriment des plus petits. C’est faux, et le fonctionnement de la fédération, au quotidien, prouve que cette allégation n’est pas fondée. Ceux qui ont le verbe haut en période électorale sont bien souvent absents sur les dossiers importants le reste du temps. La capacité à donner du temps, à faire preuve de constance dans leur engagement et le fait d’avoir une légitimité hippique, avec de vrais investissements dans la filière, devraient être un critère à part entière pour les électeurs. C’est en tout cas une discipline que nous nous sommes imposée à nous-mêmes à la Fédération des éleveurs. Notre grande force, c’est aussi notre présence sur l’ensemble du territoire, dans toutes les campagnes, bien plus que toutes les autres organisations hippiques françaises. C’est un atout considérable lorsqu’il s’agit d’aller chercher les élus locaux, ces derniers ayant du poids à l’échelle nationale. Nous l’avons déjà prouvé à plusieurs reprises. Nous avons déjà fait preuve de pédagogie en accompagnant de nombreux élus sur le terrain, dans nos élevages. »