Une Breeders’ Cup 2019 si particulière

International / 01.11.2019

Une Breeders’ Cup 2019 si particulière

Samedi, ce sera la grande fête des courses américaines, à Santa Anita. Les 3ans et plus seront à l’honneur lors de la seconde réunion de la Breeders’ Cup, 24 heures après que les juniors auront foulé la piste de Santa Anita. Sur beaucoup de points, cette Breeders’ Cup 2019 n’est pas ordinaire.

Allez les filles ! Magical (Galileo) n’a pas pu faire le déplacement à Santa Anita. Enable (Nathaniel) a été mise en vacances et ne défendra pas son titre dans la Breeders’ Cup Turf (Gr1). Les deux juments ont été les stars des courses européennes sur 2.000m et plus en 2019, plus encore que Waldgeist (Galileo) et Crystal Ocean (Sea the Stars). Et 2019 est l’année des filles : en Australie, c’était l’année de la fin de règne de Winx (Street Cry). Au Japon, c’est Almond Eye (Lord Kanaloa) la reine. Elle vient de le montrer en survolant le Tenno Sho (Gr1). Aux États-Unis, le dirt et le turf ont leurs leaders… Elles s’appellent Midnight Bisou (Midnight Lute) et Sistercharlie (Myboycharlie) : la première reste sur sept victoires consécutives, la deuxième sur six victoires consécutives.

Alors non, Midnight Bisou et Sistercharlie n’affrontent pas les mâles : Midnight Bisou sera au départ du Breeders’ Cup Distaff (Gr1, 1.800m), une course évidemment moins renommée que la Breeders’ Cup Classic (Gr1, 2.000m) mais dont le palmarès regorge de femelles capables de faire trembler ces messieurs : elles s’appellent Zenyatta, Beholder, Royal Delta… On peut regretter que cette Distaff sur 1.800m entre en conflit avec la Classic sur 2.000m.

Quant à Sistercharlie, la prunelle des yeux de Peter Brant, elle sera très difficile à battre dans la Breeders’ Cup Filly and Mare Turf (Gr1), même face à la vague européenne… Castle Lady (Shamardal) et Villa Marina (Le Havre) ont leur mot à dire mais la tâche n’est pas simple. Le parcours fera la différence.

Uni et Elate ont leur mot à dire face aux mâles. Il n’y a pas de stars chez les mâles aux États-Unis, du moins pas de stars sur le dirt. Le meilleur mâle américain est Bricks and Mortar (Giant’s Causeway), lequel sera au départ de la Breeders’ Cup Turf (Gr1), où la distance va être un point d’interrogation. Sur le dirt, c’est le désert du côté de ces messieurs : il y a de bons chevaux, mais pas de stars. Il faut dire que la génération de 3ans l’an passé était dominée par Justify (Scat Daddy), retraité… Et que la génération des 3ans cette année n’a franchement pas convaincu : c’était prévisible dès l’arrivée du Kentucky Derby.

Dans ces conditions, la seule femelle au départ du Classic, Elate (Medaglia d’Oro), peut damer le pion à ces messieurs. Dans la Breeders’ Cup Mile (Gr1), les demoiselles Uni (More than Ready) et Got Stormy (Get Stormy) sont, elles aussi, capables de battre les mâles. Allez les filles !

Un contexte plus tendu que jamais. Nous n’allons pas, a priori, assister à la plus grande réunion de la Breeders’ Cup de l’histoire, avec un Classic qui manque de profondeur. Mais la Breeders’ Cup sera plus que jamais l’objet de tous les regards : ceux des fans des courses et ceux des anticourses. Le comité de la Breeders’ Cup a fait le choix (très) risqué de maintenir le tournoi à Santa Anita en 2019, malgré un hiver catastrophique sur l’hippodrome, où trente chevaux se sont mortellement accidentés. Il faut ajouter six autres décès depuis le mois de septembre, soit 36 chevaux morts à Santa Anita en 2019.

Les médias et l’opinion publique ont tourné les yeux vers Santa Anita, et pas avec bienveillance… Les politiques ont suivi le mouvement et le moindre incident lors de cette Breeders’ Cup pourrait avoir de lourdes conséquences pour les courses californiennes. La sénatrice Dianne Feinstein a ainsi mis en garde le California Horse Racing Board : « Je crois que ce week-end est un test critique pour le futur des courses hippiques en Californie et aux États-Unis. Si les courses hippiques ne peuvent se dérouler dans des conditions sûres et humaines qui protègent la vie des chevaux et des hommes, il sera temps de réexaminer le futur de ce sport dans notre État et notre pays. »

Ce n’est pas qu’un problème américain. La Melbourne Cup, mardi prochain, sera aussi dans une situation très similaire.

14/14 pour Flavien Prat

Côté jockeys, la star de la Breeders’ Cup pourrait bien être Flavien Prat. Le pilote va être en selle dans les quatorze épreuves labellisées Breeders Cup, entre ce vendredi et ce samedi.