VENTE D'AUTOMNE ARQANA - Une vacation qui surfe sur la mode du made in France

Institution / Ventes / 17.11.2019

VENTE D'AUTOMNE ARQANA - Une vacation qui surfe sur la mode du made in France

Lundi, Arqana lance sa vente d’automne. La première journée est consacrée aux chevaux à l’entraînement, axés plat et obstacle. La deuxième est réservée aux yearlings d’obstacle. La troisième et dernière journée est consacrée aux yearlings de plat. Éric Hoyeau, président-directeur général, Freddy Powell, directeur, et Ludovic Cornuel, directeur du pôle Bloodstock, nous ont livré leur analyse à quelques heures du lancement de l’édition 2019.

Jour de Galop. – Le marché amiable des sauteurs représente une vraie concurrence pour votre vente d’automne. Est-ce aussi le cas cette année ?

Éric Hoyeau, Freddy Powell et Ludovic Cornuel. – Plus qu’une concurrence, il faut dire que les exportations de nos meilleurs sauteurs, qui brillent lors des grands meetings anglo-irlandais – et de façon impressionnantes ces dernières années –, concourent à la popularité du cheval d’obstacle made in France. C’est notamment pour cela que les grands acheteurs internationaux viennent faire leur marché à Deauville en automne ! Pour le marché des chevaux à l’entraînement, tout est une question de timing. Nous avons mis en place notre système de wild-cards pour gommer l’inertie du catalogue, et gagner en réactivité. Le système fonctionne, nous avons même été copiés ! Il n’y a qu’à regarder la qualité des wild cards cette année pour voir que les professionnels nous font confiance pour valoriser au mieux leurs chevaux. Le catalogue, cette année, s’est enrichi de 20 wild cards. C’est un facteur d’attractivité conséquent !

Globalement, comment jugez-vous la qualité du catalogue ?

Pour les chevaux à l’entraînement, nous pensons que l’offre est plus consistante, aussi bien en volume qu’en qualité. Les yearlings d’obstacle, c’est une spécificité bien française. De l’autre côté de la Manche, on expose les foals et les stores de 3ans, mais il n’y a pas d’offre sur le segment des yearlings et des stores de 2ans. Présenter leur production en vente publique ne faisait pas vraiment partie de la culture des éleveurs d’obstacle il y a encore quelques années. Désormais, cette vente est devenue pour certains un vrai objectif. La qualité des yearlings, leur présentation, leurs pedigrees… ont beaucoup progressé à la faveur de la professionnalisation des vendeurs. Même chose chez les stores, et on a vu en juillet que le marché s’était bien tenu. Bien sûr toute comparaison avec le marché anglo-irlandais est impossible, tant les volumes sont différents.

Plus spécifiquement, chez les yearlings d’obstacle, la qualité des papiers saute aux yeux, avec des frères ou sœurs de grands performers…

Le catalogue propose en effet des produits des meilleurs étalons, avec des familles maternelles qui ont réussi. C’est, comme nous le disions auparavant, le signe que cette vente est devenue une vraie vitrine. C’est aussi le résultat d’un cercle vertueux, rendu possible par les excellents résultats des sauteurs français. Ces porte-drapeaux créent des débouchés pour les éleveurs, qui peuvent réinvestir dans de la génétique de qualité… Et au final, cela se retrouve dans les pages de catalogue. Comme en plat, le marché est particulièrement sélectif. L’appétit pour le haut du marché ne se dément pas, alors que c’est plus compliqué pour le marché intermédiaire. Enfin, nous proposons une proportion de deux tiers de mâles ou hongres et d’un tiers de femelles, qui est parfaitement en phase avec la demande.

Le marché de l’obstacle souffre-t-il des incertitudes de l’autre côté de la Manche ?

Quand on analyse leurs ventes, on se rend compte qu’elles se sont globalement tenues, avec une petite faiblesse pour la gamme intermédiaire. L’appétit demeure pour le haut de gamme, mais on ne peut pas nier certaines interrogations, sinon des inquiétudes…

La vente d’automne, ce n’est pas que l’obstacle. Vous proposez aussi des chevaux à l’entraînement à vocation plat…

La première journée est consacrée aux chevaux à l’entraînement, avec une offre vraiment très variée. Cela va du cheval pour les meetings, la province ou l’export, au top-prospect pour l’obstacle. Cela représente 237 lots : c’est cohérent avec le secteur économique et la culture française. Parmi cette offre, dans laquelle chacun peut trouver son bonheur, il y a de belles histoires, comme Subway Dancer, acheté 3.000 € et qui est devenu le cheval de Groupe que l’on connaît, ou Carzoff, qui avait été l’un des gros prix de la vacation 2016 et qui a gagné au niveau Groupe en Australie. Pour les acheteurs, c’est une vente qui se travaille, mais dans laquelle ils peuvent trouver de belles opportunités.

Vous proposez aussi, mercredi, une session réservée aux yearlings de plat. On sait que pour cette gamme moins commerciale, c’est plus difficile. Comment l’abordez-vous ?

On ne ménage pas nos efforts pour trouver des débouchés à ce type de produits, avec des actions de prospection constante dans les pays de l’Est, en Scandinavie, etc. Il est vrai que les coûts de production ont augmenté plus vite que les prix de vente. Ce n’est pas facile pour les éleveurs, mais cette vacation leur permet d’écouler cette production. Et là aussi, on trouve de belles histoires. Citons Tour to Paris, acheté 3.000 € yearling, en 2016, et qui, après avoir brillé en Hongrie, est revenu faire carrière sous notre sol… et sous casaque française !