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French Purebred Arabian

French Purebred Arabian

Edito - Province

02.12.2019

Edito - Province

Depuis deux décennies, la planète courses ne s’arrête jamais. À toute heure, toute l’année, on fait courir et on vend des galopeurs. Dans un passé pas si lointain, l’hiver était réservé aux courses d’obstacle et les écuries de plat entraient alors en hibernation. Ce temps est révolu. D’une part car les pistes en sable fibrées permettent de courir et d’entraîner par n’importe quel temps. D’autre part car les meetings internationaux se succèdent dès le mois de septembre hors d’Europe. On ne pouvait pas faire plus exotique que la Breeders’ Cup et la Japan Cup pour finir la saison dans les années 1980. Et puis le meeting international de Hongkong s’est imposé. Les Émirats Arabes Unis ont ensuite effectué une entrée fracassante avec Nad Al Sheba et Meydan. Aujourd’hui, la nouvelle frontière "hippique", ce sont d’autres pays du monde arabe. Si les meetings d’Abu Dhabi, Casablanca, Istanbul et Doha sont déjà bien établis, deux réunions tentent de s’imposer dans les dernières dates vacantes du calendrier hippique hivernal. Il y a la réunion de la Saudi Cup, dont la première édition aura lieu le 29 février 2020, et celle du Bahrain International Trophy, qui s’est déroulée le 22 novembre 2019. En Arabie Saoudite comme à Bahreïn, les pur-sang arabes ont toute leur place dans le programme des grandes réunions hippiques internationales. C’est une chance pour les courses françaises.  

Royal Julius, un pensionnaire du Marseillais Jérôme Reynier, a survolé la compétition à Manama (Bahreïn). La portée de cette victoire française va bien au-delà des 500.000 £ d’allocation et du charme d’un succès exotique. C’est un marché qui s’ouvre, dans un monde des courses dont les limites sont sans cesse plus lointaines. C’est aussi la marque d’une province décomplexée, celle de jeunes professionnels qui n’ont aucun problème pour présenter un cheval dans la septième épreuve organisée sur le plus petit hippodrome de campagne, avant de prendre l’avion pour courir les Grs1 internationaux. Les élections de France Galop, qui dessinent en partie l’avenir des courses de notre pays, ont d’ailleurs été marquées par la réussite des listes menées depuis la province. Mais cette dernière, dont les idées et méthodes veulent s’imposer à Paris, ne doit pas rimer avec autarcie. Non, la province doit être audacieuse. Elle doit être capable, comme elle le fait si bien avec les chevaux d’obstacle et les pur-sang arabes, de faire vivre en symbiose les ambitions commerciales et internationales avec la vitalité de son tissu hippique local. Car c’est l’ensemble qui garantira l’avenir du galop français.