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Hippodrome de Borély - La défense doit s’organiser

Autres informations / 15.12.2019

Hippodrome de Borély - La défense doit s’organiser

Hippodrome de Borély : la défense doit s’organiser

Ce n’est pas la première fois que l’hippodrome de Marseille-Borély est menacé de fermeture… Mais, en 2020 et à l’approche des élections municipales, le danger s’annonce plus fort que jamais pour ce lieu historique de Marseille, créé en 1860.

Ce samedi, Robert Assante, 4e adjoint au maire de Marseille et candidat aux élections sur la liste de Bruno Gilles (sénateur des Bouches-du-Rhône) était présent sur l’hippodrome de Borély. Il a donné une conférence de presse destinée à mobiliser les forces pour défendre le champ de courses, en présence de Jacques Rossi, président de la Société des courses de Marseille, Rubens Crémieux, ancien président de la Société des courses de Marseille, de Joëlle Conti, présidente de la Fédération des courses du Sud-Est, ou encore de Serge Tardy, président du Syndicat des propriétaires. Étaient aussi présents Patrick Dreux, Frédéric Rossi, Keven Borgel, sachant que les socioprofessionnels du trot du Sud-Est étaient mobilisés ce samedi pour la première réunion du meeting d’hiver de Cagnes-sur-Mer.

Nous vous proposons de découvrir quelques extraits du discours de Robert Assante.

Un caprice politique… Et certainement pas une priorité. « Nous sommes ici dans un historique, dans des valeurs, des traditions. L’hippodrome existe depuis 1860. Aujourd’hui, le caprice politique est de sortie pour dire : on ne va pas renouveler [le bail, qui se termine en février 2022, ndlr] et on va faire autre chose. On va faire un espace vert ! Vous imaginez que cet endroit est, aujourd’hui, sur Marseille, une priorité… Il faut supprimer ce lieu qui est dans une situation épouvantable, avec un terrain totalement pollué, c’est la priorité des priorités [à lire avec ironie, évidemment, ndlr]. C’est en réalité un lieu magique, magnifique, entretenu ! C’est un environnement de grande qualité : pourquoi vouloir, du jour au lendemain, supprimer l’hippodrome ? Je ne comprends pas. »

Un projet qui prend déjà l’eau. « Supprimer l’hippodrome, cela coûterait 100 millions d’euros dans le budget de la ville de Marseille : c’est quelque chose et je vous laisse imaginer ce qu’on pourrait faire avec. On nous dit : on doit rentabiliser l’espace. Pourquoi ? Pour faire quoi ? Si on y crée un espace vert, on ne rentabilise pas l’espace. On veut construire ? Nous remplacer par je ne sais quoi ? Certains ont vu dans la presse le projet où l’espace vert allait jusqu’à la mer, il n’y avait même plus les voies. C’était des voies enterrées donc aucune amélioration de circulation, sauf que vous ne pouvez plus sortir, vous n’avez plus de parkings pour les plages. Et, en plus, c’est submersible ! Avec les pluies que nous avons eues récemment, cela aurait été inondé. Imaginez s’il y avait eu des voitures dedans… Donc maintenant on nous dit qu’il ne faut finalement pas réaliser ce projet ! Qu’il ne faut pas toucher les parkings… Alors, pourquoi vouloir supprimer la société hippique aux turfistes, aux propriétaires, aux entraîneurs, à tous les métiers qui sont présents ici ? »

Borély, avant d’attaquer Vivaux ? « Si on supprime l’hippodrome de Borély, est-ce que celui de Pont-de-Vivaux, dont vous êtes propriétaire, peut survivre tout seul ? Je ne pense pas que, sur Pont-de-Vivaux, on puisse avoir le même type de réunion qu’à Borély, avec des Quintés. En fermant ici, on peut tuer Pont-de-Vivaux. On veut supprimer quelque chose qui marche bien. C’est scandaleux et on remet en cause toute la filière. J’ai le sentiment que la boule de billard, qui est partie de l’hôtel de ville pour fermer Borély, c’est aussi pour fermer Pont-de-Vivaux et réaliser une OPA sur votre terrain. On vous asphyxie pour pouvoir récupérer le terrain de Vivaux. »

Les hippodromes de Marseille apportent un million par an à la ville. « Je trouve indécent que l’on veuille considérer comme étant une priorité de supprimer l’hippodrome de Borély, par rapport à toutes les priorités marseillaises que nous avons. L’habitat insalubre, les écoles qu’il faut toutes refaire… Je ne vous parle même pas de la patinoire près de Vivaux ! On vous reproche de n’ouvrir que 35 jours par an. Mais cette patinoire est utilisée entre 20 et 26 jours dans l’année. Et là, on nous dit : ça ne fonctionne pas mais il y a les petits qui viennent jouer… Et ici ? Personne n’occupe l’espace tous les jours ? Ici, on peut se garer, on peut organiser des manifestations. Là-bas, à cette patinoire, vous ne pouvez pas, car vous ne pouvez pas vous garer. (…) Avec Marseille Borély et Pont-de-Vivaux, c’est un million d’euros qui est donné à la ville de Marseille. Savez-vous combien la ville de Marseille donne pour faire fonctionner la patinoire ? Cinq cent mille euros par an ! Donc on supprime un endroit qui vous donne un million d’euros et on maintient un endroit qui coûte 500.000  ? De qui se moque-t-on ? »

Un parc au milieu d’autres parcs ? « On nous parle de la santé… C’est très important et nous sommes tous d’accord sur ce point. Il y a des endroits à Marseille où il y a des choses à faire pour lutter contre la pollution. Et on ne prévoit rien. (…) Mais ici, alors qu’il n’y a rien à faire, on veut créer un espace vert. Si vous regardez autour de vous, vous vous dites que ce lieu n’est pas vert, n’est pas beau ? Vous avez le parc Borély, qui fait 18 hectares, vous avez le parc du 26e Centenaire, le parc Bartoli… Vous avez celui de Bagatelle. À quel moment peut-on penser que, s’il y a un parc à faire sur Marseille, c’est ici, en remplacement de l’hippodrome ? Un hippodrome qui marche, qui tourne, qui fonctionne et derrière lequel, il y a des hommes et des femmes, une filière entière. On nous dit, selon les chiffres, qu’il y a entre 300 et 600 personnes qui travaillent sur l’hippodrome. On doit les considérer ! Et personne, absolument personne, n’est venu vous expliquer pourquoi on veut tuer la filière hippique à Marseille. Quelle est la concertation que l’on vous a demandée ? Vous a-t-on demandé votre avis ? Non, on vous a dit un jour qu’on allait supprimer l’hippodrome de Borély. Si vous voulez avoir un avenir ici, faire durer les courses ici, il faut que vous vous défendiez. Vous n’embêtez personne, vous n’apportez que du positif. Alors, ne vous laissez pas faire. »

Rappelons que la pétition pour sauver l’hippodrome de Marseille-Borély est toujours en ligne. Vous pouvez la signer en cliquant ici. (lien à insérer https://www.change.org/p/mairie-de-marseille-sauvons-l-hippodrome-de-marseille-borely)