L’ÉDITORIAL - La femme, l’avenir (épisode 1/2)

Courses / 05.12.2019

L’ÉDITORIAL - La femme, l’avenir (épisode 1/2)

Par Adeline Gombaud

Un des événements marquants de 2019 aura été la confirmation de l’avènement des femmes jockeys au plus au haut niveau. La France a été la première à leur accorder une décharge. La mesure n’a pas fait l’unanimité (nous y reviendrons demain, dans l’épisode 2). Mais, au-delà du sportif, elle a beaucoup apporté à notre filière en matière d’image de marque et de médiatisation. Deux éléments essentiels pour notre avenir…

Quand France Galop a décidé d’accorder une décharge de poids aux femmes jockeys, elle poursuivait deux objectifs : social et sportif.

Social parce que de plus en plus d’élèves, à l’Afasec, sont des femmes. Et que de plus en plus de cavaliers, le matin sur les pistes, sont des femmes. Faisant le constat que beaucoup de jeunes femmes quittaient (trop) rapidement le métier, France Galop a voulu les motiver à rester en leur donnant beaucoup plus souvent l’occasion de monter en course.

Il était aussi sportif, puisqu’il s’agissait de développer la mixité. Notre sport a toujours été mixte mais l’après-midi, il l’était moins que jamais. Alors…

Cela a fonctionné, malgré quelques dommages collatéraux (comme la frustration des apprentis garçons, qu’il faudra savoir gérer dans les années à venir, sans doute en faisant évoluer leur condition).

Plusieurs têtes d’affiche ont émergé. Et miracle ! Les grands médias sportifs et généralistes se sont penchés sur le sujet. Cet énorme "bénéfice collatéral", personne ne l’avait vu venir au moment de la mise en place de la réforme. Pas prémédité du tout, mais drôlement efficace ! Les courses ont pu faire leur promotion très naturellement, sous un autre angle bien dans l’air du temps et sacrément porteur, quand l’égalité des sexes revient sans cesse sur la table.

Coralie Pacaut, Mickaëlle Michel, Delphine Santiago pour ne citer qu’elles, ont constitué pour les journalistes des grands médias de formidables sujets de reportage. Des femmes qui se mesurent aux hommes ? Dans le cadre d’un sport à risques ? Pain béni ! Et si, en plus, les demoiselles ont le sens de la communication (et elles l’ont !), donnent de leur temps pour répondre aux sollicitations de la presse, et ne sont pas trop lisses, c’est jackpot pour toute notre filière, qui sort enfin de l’ombre positivement.

La France n’est pas le seul pays où la sauce a pris. En Angleterre, Bryony Frost, après être devenue la première femme à remporter un Gr1 à Cheltenham, fait partie des nominés pour les BT Sport Action Awards, un prix récompensant l’athlète féminine britannique préférée du public. Dans un autre genre, la victoire de Khadijah Mellah dans une course de charité à Goodwood a bénéficié d’une audience à la hauteur de l’exploit sportif de la jeune femme, de confession musulmane et qui, quatre mois avant sa tentative, n’avait encore jamais monté un cheval de course… Un film lui a été consacré, et lors de l’avant-première du film, Khadijah Mellah était assise à côté de la duchesse de Cornouailles (oui, Camilla, la femme du prince Charles) !

Le grand écran, c’est aussi là que l’on retrouve Michelle Payne, première femme à avoir remporté la Melbourne Cup. Le film qui retrace son exploit – Ride like a girl * – est même en tête du box-office en Australie, où il est diffusé depuis le 26 septembre.

Enfin, Nanako Fujita, la seule femme à détenir une licence de jockey à la J.R.A., a un fan club considérable et beaucoup de produits dérivés à son effigie…

* Cliquez ici pour . Si vous ne l’avez pas encore vu, il vaut vraiment le détour !